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Merci aux poètes et poétesses d’avoir accepté de partager quelques uns de leurs écrits sur cette page.

Première fois

Première fois comme un dernier instant
Où le printemps n’aurait plus rien à dire.
Première fois où je vis ton sourire
Comme une fleur, avouer, je t’aime tant.

Premier baiser où s’abrite le vent
De nos désirs ; rien n’ose contredire
Le doux élan que nous allons écrire
Sur notre page et rien auparavant.

Rose trémière et sans doute première,
Viens éclairer mon ciel de ta lumière !
Ne me dis pas, je n’aurai pas le temps

De vous ouvrir la route buissonnière
Où l’éternel amour est légendaire.
Dernière fois comme au premier moment.


Poème de Emrys
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Vertige, que suis-je ?

Déposée par hasard sur ce vaisseau prodige,
Qui tournoie, aspiré dans sa valse infinie,
Une vie égarée est prise de vertige,
Un rien, un ignorant qui tremble et qu’on oublie.
 
Humilié au milieu d’insondables espaces
Il questionne le ciel et ses lueurs lointaines :
Un fragment de pensée qu’un brin de temps efface,
Microbe de poussière à la flamme incertaine.
 
Quel sens pour tout ce bruit, ces rêves fracassés ?
Ces perles de beauté, insolubles cristaux
Qui parsèment d’éclats ce monde terrassé ?
Comment réassembler ces multiples morceaux ?
 
Réparer patiemment ce désastre absolu,
Recréer le chemin d’un eden corrompu
Et guérir l’amnésie de son esprit reclus ?


Poème de Esterina
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Les Bocages disparus

A l’abri des bocages disparus,
dans les odeurs incongrues de charmille et de fleurs,
de foin, de pain d’épices,
nous marchons à l’échappée,
en contretemps,
entre avenir et mémoire.

Chaque pousse plantée au pied de chaque stèle
s’enivre de lumière, s’enorgueillit déjà
d’une suave beauté dans le petit matin
malgré l’air froid et sec.

Elles ignorent tout de nous, comme les oiseaux là-bas
indifférents qui s’égosillent,
saluent un nouveau jour,
savourent la terre meuble, l’humidité du bois.

Carnac amer, ombre de juin.
Dans le silence nous quitterons
ces lieux qui nous observent,
peut-être
et figent notre souffle.

Eux ne s’en iront pas.

Nous garderons entre nos doigts glacés cette absence visqueuse
d’avoir un jour souri, d’avoir aimé la vie,
et sur nos lèvres le goût des roses.


Poème de Anwen
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Sous un ciel d’encre

les trois flambeaux des frênes

incendiés par les rayons rasants

du soleil au crépuscule,

dans un horizon encore clair

mais prêt à se refermer

sur une nuit inquiète

où éclateront bientôt

les fureurs de l’orage

attendu et redouté


qui sera, comme dans les fêtes

de mon enfance,

un fulgurant feu d’artifice

après l’innocent prélude

de la retraite aux flambeaux,

lampes vénitiennes

                   et lampions brandis

à travers les rues de la ville

                                 endormie,

dans une sarabande effrénée,


jusqu’à l’embrasement final


Poème de Jped
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Mais que veut dire aimer ?

Est-ce cette douleur insidieuse et têtue
Qui écorche sans bruit mille cœurs mis à nu 
Par un départ soudain vers des rives insues ?
 
Est-ce ce temps volé aux heures de loisirs
Pour aider cet ami qui tremble et qui soupire ?
 
Cet élan vivifiant que le printemps dessine
Jusqu’au souffle dernier soulevant nos poitrines ?
 
Est-ce cette émotion face à la beauté pure
Submergeant nos regards charmés par la nature,
Cette douce empathie, troublante communion,
Nous rendant si sensibles à ces palpitations ?
 
Le besoin viscéral d’échanger, de transmettre
Etreignant urgemment et torturant chaque être ?
 
La passion dévorant une âme toute entière
Qui s’exalte sans frein et s’oublie en prières ?
 
La subtile harmonie, de sons ou de lumières,
Faisant perler la larme au bord de nos paupières ?
 
Ce désir enivrant de gravir des sommets,
La frénésie de vie qui ne s’éteint jamais,
Tant qu’un flux mystérieux nous traverse, invisible,
Faisant s’épanouir l’éventail des possibles ?


Poème de Esterina
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