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Merci aux poètes et poétesses d’avoir accepté de partager quelques uns de leurs écrits sur cette page.

Un parfum venu de nulle part

dans l’air immobile du soir,

   un parfum venu de nulle part

ni du jasmin étoilé, là, tout proche,
drapé dans son feuillage sombre,
ni de l’olivier encore incertain,
prudent après les gelées tardives,
ni de l’insolent néflier du Japon
fier de ses fruits d’un jaune cuivré,
qui a fait son printemps en hiver,


    peut-être du chèvrefeuille qui,
au-delà du bassin aux eaux grises,
court en vagues d’or et de nacre
sur le haut des murs et les haies ?

              ne serait-ce pas plutôt,
venu du fond de la mémoire
le souvenir confus de ces effluves
chargés du parfum des acacias
qui, en un printemps lointain,
avaient suscité en lui, par surprise,


les premiers émois d’adolescent


Poème de Jped
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Saveurs nougatine

Écoute mon cœur le souffle des brises marines,
des rêves aux airs de camaïeu jasmin,
Les rythmes sucrés aux saveurs nougatine 
emportés aux hasards fruités des chemins

le long des grèves des presqu’îles serpentines,
Bercées par les mélopées des rites païens,
pars à la poursuite des voiles latines
Qui s’échappent dans l’horizon au lointain,

Mon cœur séduit, mon cœur langoureux
Oublie les affres d’un présent doucereux
pour oser vous toucher si douce colombine,

D’un regard effleurer votre peau précieuse ,
étreindre pour toujours votre âme capiteuse,
et céans me livrer à vos humeurs câlines.


Poème de M de ste Collombe
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Courage

 Pour Anwen, qui me taquina au sujet de mes vers « irréguliers »…


Le courage n’est point l’étrange abstraction

Que nous en fait la gloire,

Ni d’aller au combat avec la notion

De rentrer dans l’histoire.

Cette qualité rare et sans prétention

Est bien plus méritoire.

Lorsque l’homme se lève et quitte son confort

Pour un labeur pénible ;

Lorsque petit David ose être le plus fort,

Prenant Goliath pour cible ;

Lorsque, débile et faible, en un vaillant effort

L’on vainc un mal terrible ;

Lorsque l’on fait la paix, sans animosité,

Sans rancune tenace ;

Lorsque l’on quitte tout, sans avoir hésité,

Rien qu’avec sa besace ;

Lorsque l’on se tient droit devant l’adversité

Que l’on regarde en face ;

Lorsque la femme perd l’enfant qu’elle portait

Et pourtant reprend vie ;

Lorsque, calomnié, l’être sage se tait

Mais jamais ne dévie ;

Lorsque notre âme, intacte, est telle qu’elle était,

Libre et non asservie ;

Lorsque l’on tient le cap et la direction

Au cœur noir de l’orage ;

Lorsque l’on sait défendre une conviction

Malgré son entourage ;

Lorsque, sans hésiter, l’on passe à l’action

Quand le conflit fait rage ;

Cette ténacité, cette obstination,

Se nomme le courage.

Début mars 2021



Poème de Cyraknow
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