Information

Merci aux poètes et poétesses d’avoir accepté de partager quelques uns de leurs écrits sur cette page.

J’aime l’hiver

J’aime l’hiver

Mon Amour

Et sa lumière noire

Qui descends du ciel

Au milieu du jour

J’aime ses chemins blancs

Qui marchent sur l’horizon

Et qui s’éclatent de rire sur les flocons

Je le sais

Car il neige encore

Sur la langue de mon enfance

J’aime l’hiver

Et ses vents féroces

Ses bourrasques

Qui me fascinent

Et me dévorent

Dans la poudrerie

Des amours en tempête

Je le sais

Car il danse toujours sur mon cœur

J’aime l’hiver

Au chaud

En passant

Près de toi

Sous une laine de tendresse

Qui laisse tomber

En ma bouche

Le frima

Des mots d’amour

Que j’apprends

Par le cœur

Sous une giboulée

Qui siffle sur des trottoirs enneigés

Je le sais

Car je les écoute encore

J’aime l’hiver et l’amour

Du blizzard

Quand au lendemain des colères célestes

Le ciel est bleu de glace

Et le soleil si froid

Que l’hiver a ses voluptés dans mon corps

Ça je le sais

Car je suis son passager

Et que je tremble encore de cet amour


Poème de Julien Hoquet
Lien direct du poème

J’attends impatiemment quelqu’un

J’ai cinq ans, un petit minois
Et toute la vie devant moi.
J’attends impatiemment quelqu’un,
Un vieux monsieur hors du commun.
Le disco envahit les ondes.
Les seventies changent le monde.
Mon pantalon est amusant ;
Il a des pattes d’éléphant.
C’est l’année de la sécheresse,
Un soir de paix et d’allégresse,
Une nuit pleine de grandeur,
L’anniversaire de Jésus.
Il est né le divin Sauveur !
Décembre est tout de blanc vêtu.
La neige est tombée en pagaille.
C’est le réveillon, la ripaille.
Je suis têtu comme une mule.
Je peste contre mon sous-pull.
Ce vêtement très indiscret
Me colle de beaucoup trop près.
J’ai envie de sortir de table.
J’ai hâte d’aller me coucher,
que maman vienne me border,
D’entendre le marchand de sable
Qui ensommeille les gamins.
Demain matin, au petit jour,
J’irai auprès du beau sapin.
Il trône au centre du séjour.
Aurai-je un cadeau magnifique ?
J’ai dans mon rêve le plus fou
Un merveilleux train électrique.
J’adore quand il fait tchou-tchou !
J’attends le vieil homme éternel,
Mon cher petit papa Noël.


Poème de lologentil
Lien direct du poème

Les flâneurs de la Côte-Nord

– À mon amie Laurence –


Le vent mélange les arômes d’herbes salées

Et de bouleau blanc, de Baie St-Paul à Tadoussac

La brise roule sur les nuages

Et la terre exhale encore l’aquilon

Qui raille sur les conifères de juin

La lumière enrobe la brume

Et le vent s’enfuit vers la Côte-Nord

Quand le ciel se penche sur le fleuve

Les vagues brodent sur le sable

Et tissent des nuages en dentelles

Les cétacés et les enfants cueillent

Les nénuphars de la vie

Pendant que les vieux cachalots s’échouent

De Tadousac aux Iles Mingan

Puis le vent s’en va à dos de baleine

Dans un éclat de rire impétueux

C’est l’histoire d’une lumière chaude

Descendue avec les bourrasques du nord

Et qui regarde stupéfaite

Le travail du temps

Qui change les cailloux géants

En sculptures colossales

Le cœur abattu mais heureux

Le St-Laurent verse son sang

Dans l’océan tout blanc

Et les Fous de Bassan sont contents

D’avaler le nord par son haleine

Sous le ciel des flâneurs

Qui lambinaient dur

Au sud, à l’Île Bonaventure

Là où le vent

Ne sera toujours

Que la caresse du temps

S’envolant vers la ‘trail à lièvres’

Des Éboulements à Natashquan



Poème de Julien Hoquet
Lien direct du poème

Pénélope

Insatiable et bleu dévoreur de bateaux,

L’océan porte, au soir, le plus beau des manteaux,

Dont les tons chatoyants disent aux équipages

La douceur des foyers laissés sur les rivages

Et des amours d’un soir semés au gré des plages.

Fébrile, j’attends ton retour…

Combien de grands périls affrontent, sur les mers,

Ces navires voguant sur les longs pleurs amers

Que versent dans les ports les femmes éplorées !

En mer, sous les embruns, les âmes apeurées

Repensent aux adieux des femmes adorées…

Fébrile, j’attends ton retour…

Les femmes, au pays, tremblent pour leurs époux,

Craignant Poséidon au terrible courroux !

Ô pénible labeur, effroyable existence,

Dont le marin connaît la terrible impotence,

Lui qui, du dieu des mers, subit l’âpre sentence.

Fébrile, j’attends ton retour…

Chacun d’entre eux veut croire en un retour au port –

Conjurer, par l’espoir, le naufrage et la mort !

Pourtant, chacun connaît une histoire indigeste

De marin mort noyé, victime au sort funeste,

Ou d’un vaisseau hanté, tel la Marie-Céleste…

Fébrile, j’attends ton retour…

Je t’espère le jour ; la nuit, en m’endormant…

Quand me reviendras-tu, mon amour, mon amant ?

De minutes en jours, le temps toujours s’allonge ;

De semaines en mois, l’absence se prolonge

Et, tandis que je vis, l’inquiétude me ronge.

Fébrile, j’attends ton retour…


18 août 2021

En rentrant de Bretagne,

Après avoir visité le manoir de Jacques Cartier,

où il fut beaucoup question des périls de la mer à son époque.



Poème de Cyraknow
Lien direct du poème