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Merci aux poètes et poétesses d’avoir accepté de partager quelques uns de leurs écrits sur cette page.

L’Étendoir aux Fées

Dans ce triangle de terre

que ne traverse aujourd’hui encore

                                          aucune route,

parcouru seulement par les chasseurs

et les randonneurs, sur le plateau

du Paredous, il y a un lieu secret,

énigmatique, entablement calcaire

à peine incliné et curieusement érodé

par endroits, grande étendue de roche à nue

contrastant avec le matorral épais

qui l’enserre et en interdisait autrefois

l’accès sauf à quelques rares initiés,

un peu sorciers selon la rumeur, clairière

sur laquelle, certaines nuits de pleine lune,

on apercevait, dit-on, des draps d’argent

éblouissants baignés par la lumière de l’astre

nocturne et dont il fallait, sous peine de mort,

détourner le regard : vous l’avez deviné,

c’est l’Etendoir aux Fées, comme

en attestent les cartes du très sérieux IGN

peu suspect de charlatanisme, ni de poésie,

moins encore d’idolâtrie, un de ces pays

où l’on n’arrive jamais, dont le charme

s’évanouirait sans doute si l’on tentait

de s’en approcher, dont l’irréalité même

est garante de son pouvoir et de sa pérennité.

N’écoutez pas les esprits forts qui vous diront

qu’il ne s’agissait là que du reflet des flaques

d’eau laissées dans le creux des rochers

par le dernier orage : ces faux prophètes

seront changés en statues de sel comme,

avant eux, ceux qui n’ont pas cru aux génies,

aux sylvains, aux elfes, et vous les reconnaîtrez,

non loin de là, dressés dans leur gangue de pierre,

immobiles et mornes parmi des chaos rocheux,

en dialogue muet avec le ciel, expiant à jamais

leur  incrédulité et leur prosaïsme impie.

Vous saurez désormais, sans les avoir jamais vues,

que les fées n’ont jamais déserté nos contrées,

qu’elles sont toujours là, sur le plateau du Paredous

                 où, certains soirs de pleine lune, ….


Poème de Jped
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Entre chiens et loups

Il est une heure au jour

Déclinant vers la nuit

Quand le soleil a fui

Une heure sans détour

Il est un instant court

Dans l’absence de bruit

Le temps tremble détruit

Et la vie sans recours

Quand le vent souffle sourd

Quand l’horizon s’enfuit

Au loin plus rien ne luit

Et les chants semblent lourds

J’entends des cris d’amour

Les mésanges s’ennuient

Sur les arbres sans fruits

Elles se font la cour


Poème de Emrys
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Un souffle

La clairière frémit sous la lueur éphémère
De l’aube au teint rosé brillant à l’horizon.
Les feuillages promis aux tendres floraisons
Discrètement secouent leurs perles de lumière.

De doux chuchotements, singulières prières,
Insufflent dans les cœurs un vent de déraison.
Dans leur gangue enfermés, passagère prison,
Les bourgeons impatients rêvent qu’on les libère.

Sous la terre assoupie, par-dessus les nuages,
Se dessine en secret un nouveau paysage.
Encore ce torrent qui gronde dans nos veines,

Ces fièvres, ces désirs, ces ivresses têtues…
La nature emportée par un souffle impromptu
Réinvente nos vies en reine souveraine.


Poème de Esterina
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Le verbe absent

Une mer d’émeraude

Loin accrochée au ciel

Une presqu’île une ode

Sur la route du sel

Et quelques flamands roses

Dans l’immobile instant

Les couleurs de la pause

Dans l’absence de vent

Et le repos des vagues

Dans l’ocre lumineuse

La lune comme bague

Sur la plage aréneuse

Et dans mon cœur

Le verbe absent


Poème de Emrys
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