Merci aux poètes et poétesses d’avoir accepté de partager quelques uns de leurs écrits sur cette page.
Archives de la catégorie : Poèmes que j’aime
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- L’or du temps-
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- La isla de Aves ou les eaux bleues de la mémoire
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- Septembre
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- Via amatoria
- Vite fait
- We’ll gather lilacs in the spring again
L’Étendoir aux Fées
Dans ce triangle de terre
que ne traverse aujourd’hui encore
aucune route,
parcouru seulement par les chasseurs
et les randonneurs, sur le plateau
du Paredous, il y a un lieu secret,
énigmatique, entablement calcaire
à peine incliné et curieusement érodé
par endroits, grande étendue de roche à nue
contrastant avec le matorral épais
qui l’enserre et en interdisait autrefois
l’accès sauf à quelques rares initiés,
un peu sorciers selon la rumeur, clairière
sur laquelle, certaines nuits de pleine lune,
on apercevait, dit-on, des draps d’argent
éblouissants baignés par la lumière de l’astre
nocturne et dont il fallait, sous peine de mort,
détourner le regard : vous l’avez deviné,
c’est l’Etendoir aux Fées, comme
en attestent les cartes du très sérieux IGN
peu suspect de charlatanisme, ni de poésie,
moins encore d’idolâtrie, un de ces pays
où l’on n’arrive jamais, dont le charme
s’évanouirait sans doute si l’on tentait
de s’en approcher, dont l’irréalité même
est garante de son pouvoir et de sa pérennité.
N’écoutez pas les esprits forts qui vous diront
qu’il ne s’agissait là que du reflet des flaques
d’eau laissées dans le creux des rochers
par le dernier orage : ces faux prophètes
seront changés en statues de sel comme,
avant eux, ceux qui n’ont pas cru aux génies,
aux sylvains, aux elfes, et vous les reconnaîtrez,
non loin de là, dressés dans leur gangue de pierre,
immobiles et mornes parmi des chaos rocheux,
en dialogue muet avec le ciel, expiant à jamais
leur incrédulité et leur prosaïsme impie.
Vous saurez désormais, sans les avoir jamais vues,
que les fées n’ont jamais déserté nos contrées,
qu’elles sont toujours là, sur le plateau du Paredous
où, certains soirs de pleine lune, ….
Poème de Jped
Lien direct du poème
Entre chiens et loups
Il est une heure au jour
Déclinant vers la nuit
Quand le soleil a fui
Une heure sans détour
Il est un instant court
Dans l’absence de bruit
Le temps tremble détruit
Et la vie sans recours
Quand le vent souffle sourd
Quand l’horizon s’enfuit
Au loin plus rien ne luit
Et les chants semblent lourds
J’entends des cris d’amour
Les mésanges s’ennuient
Sur les arbres sans fruits
Elles se font la cour
Poème de Emrys
Lien direct du poème
Un bouquet
T’aimer est un bouquet qui ne se fane pas. Les fleurs d’aimer sont telles qu’elles renaissent toujours. Il n’est plus de détresse, en présence d’amour.
Poème de michelconrad
Lien direct du poème
Un souffle
La clairière frémit sous la lueur éphémère
De l’aube au teint rosé brillant à l’horizon.
Les feuillages promis aux tendres floraisons
Discrètement secouent leurs perles de lumière.
De doux chuchotements, singulières prières,
Insufflent dans les cœurs un vent de déraison.
Dans leur gangue enfermés, passagère prison,
Les bourgeons impatients rêvent qu’on les libère.
Sous la terre assoupie, par-dessus les nuages,
Se dessine en secret un nouveau paysage.
Encore ce torrent qui gronde dans nos veines,
Ces fièvres, ces désirs, ces ivresses têtues…
La nature emportée par un souffle impromptu
Réinvente nos vies en reine souveraine.
Poème de Esterina
Lien direct du poème
Le verbe absent
Une mer d’émeraude
Loin accrochée au ciel
Une presqu’île une ode
Sur la route du sel
Et quelques flamands roses
Dans l’immobile instant
Les couleurs de la pause
Dans l’absence de vent
Et le repos des vagues
Dans l’ocre lumineuse
La lune comme bague
Sur la plage aréneuse
Et dans mon cœur
Le verbe absent
Poème de Emrys
Lien direct du poème
