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Merci aux poètes et poétesses d’avoir accepté de partager quelques uns de leurs écrits sur cette page.

Je suis


Je suis…
 
Le vieil arbre aux mille racines
L’oiseau qui tourbillonne au vent
Une large fenêtre ouverte
Sur ce fugace bout de temps
Sur ces terres proches ou lointaines
Bien au-delà des océans
Et sur les sphères étoilées
Par-delà les confins possibles.

Je suis…

La douce mésange fébrile

Dansant sa ronde généreuse

Cette oreille qui s’étourdit

Au son de ton chant obsédant

Ce regard brisant le silence

La larme de joie qui s’écoule

Les mots versant sur cette page

Leur éventail de sentiments.

Je suis…

Ce soleil levant sur les flots

L’enfant apeuré dans la nuit

La tempête au cœur, l’âme en peine

La brise qui porte les rêves

La sève insufflant son élan

Le cœur qui se languit de toi

Et toutes ces fleurs qui s’éploient

Sous les caresses du printemps.

Autant de perles éphémères

Façonnant le tissu du temps

L’étoffe d’une vie humaine

Qui se déploie pour un instant

Puis referme ses ailes frêles

Pour un envol universel…


10.04.22

Poème de Esterina
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Le temps des cerises…

Il va revenir…
Déjà, les senteurs
Sèment des désirs
Et ouvrent les cœurs,
 
Le temps de l’espoir,
Que nos rêves aiguisent
Déguisant les soirs
De rumeurs exquises.
 
Fidèle, il revient
Malgré la fraîcheur
Des fades matins
Fardés de blancheur.
 
De timides lueurs
Réchauffent la terre
Attisant les fleurs
Que chacun espère.
 
Il est de retour
Dans la tendre brise
Qui souffle l’amour,
Et nous euphorise.
 
Les oiseaux s’affairent,
Leur fièvre ensorcelle
Les esprits amers
De sa ritournelle.
 
Il est revenu,
Il nous paralyse,
De son charme cru
Il nous hypnotise,
 
Détourne la vue
D’étranges horreurs
D’alertes incongrues
Qui viennent d’ailleurs…
 
Les sirènes sonnent
Le monde s’enlise
Les hommes frissonnent
La peur se précise.
 
La haine fracasse
La trêve promise
Et de guerre lasse
La paix agonise.



Poème de Esterina
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J’aime l’hiver

J’aime l’hiver

Mon Amour

Et sa lumière noire

Qui descends du ciel

Au milieu du jour

J’aime ses chemins blancs

Qui marchent sur l’horizon

Et qui s’éclatent de rire sur les flocons

Je le sais

Car il neige encore

Sur la langue de mon enfance

J’aime l’hiver

Et ses vents féroces

Ses bourrasques

Qui me fascinent

Et me dévorent

Dans la poudrerie

Des amours en tempête

Je le sais

Car il danse toujours sur mon cœur

J’aime l’hiver

Au chaud

En passant

Près de toi

Sous une laine de tendresse

Qui laisse tomber

En ma bouche

Le frima

Des mots d’amour

Que j’apprends

Par le cœur

Sous une giboulée

Qui siffle sur des trottoirs enneigés

Je le sais

Car je les écoute encore

J’aime l’hiver et l’amour

Du blizzard

Quand au lendemain des colères célestes

Le ciel est bleu de glace

Et le soleil si froid

Que l’hiver a ses voluptés dans mon corps

Ça je le sais

Car je suis son passager

Et que je tremble encore de cet amour


Poème de Julien Hoquet
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J’attends impatiemment quelqu’un

J’ai cinq ans, un petit minois
Et toute la vie devant moi.
J’attends impatiemment quelqu’un,
Un vieux monsieur hors du commun.
Le disco envahit les ondes.
Les seventies changent le monde.
Mon pantalon est amusant ;
Il a des pattes d’éléphant.
C’est l’année de la sécheresse,
Un soir de paix et d’allégresse,
Une nuit pleine de grandeur,
L’anniversaire de Jésus.
Il est né le divin Sauveur !
Décembre est tout de blanc vêtu.
La neige est tombée en pagaille.
C’est le réveillon, la ripaille.
Je suis têtu comme une mule.
Je peste contre mon sous-pull.
Ce vêtement très indiscret
Me colle de beaucoup trop près.
J’ai envie de sortir de table.
J’ai hâte d’aller me coucher,
que maman vienne me border,
D’entendre le marchand de sable
Qui ensommeille les gamins.
Demain matin, au petit jour,
J’irai auprès du beau sapin.
Il trône au centre du séjour.
Aurai-je un cadeau magnifique ?
J’ai dans mon rêve le plus fou
Un merveilleux train électrique.
J’adore quand il fait tchou-tchou !
J’attends le vieil homme éternel,
Mon cher petit papa Noël.


Poème de lologentil
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D’une statue

L’heure s’effile
alors qu’un rayon de soleil touche à peine
l’épaule de la statue hellène
qui du fond des âges nous regarde

Un fin sourire ourle ses lèvres
où peuvent également se lire
la compassion pour qui doit retourner à la poussière
la dérision envers qui se veut moderne

A-t-elle un cœur de marbre
pensons-nous en approchant de celle dont on ignore
si elle s’affirme l’image d’une simple mortelle
ou de quelque déesse inconnue

Mais sa beauté suffit
qui désormais règne sans conteste
fascinant l’esprit en mal d’adoration
aimantant l’azur de tous les désirs

La frange un rien de hiératisme
qui loin d’oblitérer les sens
à rebours lui confère une vénusté plus haute
et nous enchaîne davantage à elle

Se mettrait-elle à marcher
un peuple d’amants la suivrait au désert
au royaume d’Hécate
Car l’amour qu’elle inspire se moque de la mort



Poème de M. de Saint-Michel
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