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Merci aux poètes et poétesses d’avoir accepté de partager quelques uns de leurs écrits sur cette page.

Les flâneurs de la Côte-Nord

– À mon amie Laurence –


Le vent mélange les arômes d’herbes salées

Et de bouleau blanc, de Baie St-Paul à Tadoussac

La brise roule sur les nuages

Et la terre exhale encore l’aquilon

Qui raille sur les conifères de juin

La lumière enrobe la brume

Et le vent s’enfuit vers la Côte-Nord

Quand le ciel se penche sur le fleuve

Les vagues brodent sur le sable

Et tissent des nuages en dentelles

Les cétacés et les enfants cueillent

Les nénuphars de la vie

Pendant que les vieux cachalots s’échouent

De Tadousac aux Iles Mingan

Puis le vent s’en va à dos de baleine

Dans un éclat de rire impétueux

C’est l’histoire d’une lumière chaude

Descendue avec les bourrasques du nord

Et qui regarde stupéfaite

Le travail du temps

Qui change les cailloux géants

En sculptures colossales

Le cœur abattu mais heureux

Le St-Laurent verse son sang

Dans l’océan tout blanc

Et les Fous de Bassan sont contents

D’avaler le nord par son haleine

Sous le ciel des flâneurs

Qui lambinaient dur

Au sud, à l’Île Bonaventure

Là où le vent

Ne sera toujours

Que la caresse du temps

S’envolant vers la ‘trail à lièvres’

Des Éboulements à Natashquan



Poème de Julien Hoquet
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Pénélope

Insatiable et bleu dévoreur de bateaux,

L’océan porte, au soir, le plus beau des manteaux,

Dont les tons chatoyants disent aux équipages

La douceur des foyers laissés sur les rivages

Et des amours d’un soir semés au gré des plages.

Fébrile, j’attends ton retour…

Combien de grands périls affrontent, sur les mers,

Ces navires voguant sur les longs pleurs amers

Que versent dans les ports les femmes éplorées !

En mer, sous les embruns, les âmes apeurées

Repensent aux adieux des femmes adorées…

Fébrile, j’attends ton retour…

Les femmes, au pays, tremblent pour leurs époux,

Craignant Poséidon au terrible courroux !

Ô pénible labeur, effroyable existence,

Dont le marin connaît la terrible impotence,

Lui qui, du dieu des mers, subit l’âpre sentence.

Fébrile, j’attends ton retour…

Chacun d’entre eux veut croire en un retour au port –

Conjurer, par l’espoir, le naufrage et la mort !

Pourtant, chacun connaît une histoire indigeste

De marin mort noyé, victime au sort funeste,

Ou d’un vaisseau hanté, tel la Marie-Céleste…

Fébrile, j’attends ton retour…

Je t’espère le jour ; la nuit, en m’endormant…

Quand me reviendras-tu, mon amour, mon amant ?

De minutes en jours, le temps toujours s’allonge ;

De semaines en mois, l’absence se prolonge

Et, tandis que je vis, l’inquiétude me ronge.

Fébrile, j’attends ton retour…


18 août 2021

En rentrant de Bretagne,

Après avoir visité le manoir de Jacques Cartier,

où il fut beaucoup question des périls de la mer à son époque.



Poème de Cyraknow
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Un parfum venu de nulle part

dans l’air immobile du soir,

   un parfum venu de nulle part

ni du jasmin étoilé, là, tout proche,
drapé dans son feuillage sombre,
ni de l’olivier encore incertain,
prudent après les gelées tardives,
ni de l’insolent néflier du Japon
fier de ses fruits d’un jaune cuivré,
qui a fait son printemps en hiver,


    peut-être du chèvrefeuille qui,
au-delà du bassin aux eaux grises,
court en vagues d’or et de nacre
sur le haut des murs et les haies ?

              ne serait-ce pas plutôt,
venu du fond de la mémoire
le souvenir confus de ces effluves
chargés du parfum des acacias
qui, en un printemps lointain,
avaient suscité en lui, par surprise,


les premiers émois d’adolescent


Poème de Jped
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Saveurs nougatine

Écoute mon cœur le souffle des brises marines,
des rêves aux airs de camaïeu jasmin,
Les rythmes sucrés aux saveurs nougatine 
emportés aux hasards fruités des chemins

le long des grèves des presqu’îles serpentines,
Bercées par les mélopées des rites païens,
pars à la poursuite des voiles latines
Qui s’échappent dans l’horizon au lointain,

Mon cœur séduit, mon cœur langoureux
Oublie les affres d’un présent doucereux
pour oser vous toucher si douce colombine,

D’un regard effleurer votre peau précieuse ,
étreindre pour toujours votre âme capiteuse,
et céans me livrer à vos humeurs câlines.


Poème de M de ste Collombe
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