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Merci aux poètes et poétesses d’avoir accepté de partager quelques uns de leurs écrits sur cette page.

Un souffle

La clairière frémit sous la lueur éphémère
De l’aube au teint rosé brillant à l’horizon.
Les feuillages promis aux tendres floraisons
Discrètement secouent leurs perles de lumière.

De doux chuchotements, singulières prières,
Insufflent dans les cœurs un vent de déraison.
Dans leur gangue enfermés, passagère prison,
Les bourgeons impatients rêvent qu’on les libère.

Sous la terre assoupie, par-dessus les nuages,
Se dessine en secret un nouveau paysage.
Encore ce torrent qui gronde dans nos veines,

Ces fièvres, ces désirs, ces ivresses têtues…
La nature emportée par un souffle impromptu
Réinvente nos vies en reine souveraine.


Poème de Esterina
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Le verbe absent

Une mer d’émeraude

Loin accrochée au ciel

Une presqu’île une ode

Sur la route du sel

Et quelques flamands roses

Dans l’immobile instant

Les couleurs de la pause

Dans l’absence de vent

Et le repos des vagues

Dans l’ocre lumineuse

La lune comme bague

Sur la plage aréneuse

Et dans mon cœur

Le verbe absent


Poème de Emrys
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Perles d’hiver

Mon pas lent craque sur la glace.
Sauvant le silence feutré,
La neige discrète l’efface
De sa pellicule sacrée.
 
Je longe la courbe incertaine
De méandres agrémentés
D’un liseré immaculé.
Un faucon trône sur le chêne.
 
Alors que le héron furtif
Surveille au loin tous les abords,
Je devine sous les bois morts
Un dormeur hérisson craintif.
 
L’aigrette émue déploie ses ailes
Sur le ciel rosé du couchant,
De mystérieux miroitements
Créent une ardeur spirituelle.
 
Quelque part sous les feuilles chues
Un fébrile écureuil furète
A la quête de ses noisettes.
Miracles d’un monde déchu…



Poème de Esterina
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Il n’est de vrai bonheur

Il n’est de vrai bonheur que sous les ciels rêveurs
Recouvrant ce rivage aux fertiles prières
Où j’allais si souvent essorer mes douleurs.
 
Il n’est de vrai bonheur que dans les matins d’or
Qui saupoudrent le lac de leur pluie de lumière,
Que sous les pins épris de ces reflets d’aurore…
 
C’est l’heure du retour vers mes vertes années,
Un chemin à l’envers où l’espoir m’a menée,
Celles d’avant la fuite, un envol à rebours,
Celles des premiers cris, des premières amours.
 
C’est l’heure du retour vers cette langue amère
Qui lèche de ses flots des terres familières,
Des plages embrasées de souvenirs ardents
Qui viennent rehausser le présent dérivant.
 
Il n’est de vrai bonheur que dans ce doux désir
Qui rajeunit mon cœur et terrasse mes peurs,
Cet élan indompté faisant tout refleurir,
 
Ce délire inspiré que m’insufflent le vent,
Ces sommets enneigés, ces coteaux éclatants,
Ma course hallucinée sur les sentiers du temps…



Poème de Esterina
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