Information

Merci aux poètes et poétesses d’avoir accepté de partager quelques uns de leurs écrits sur cette page.

La caresse de l’eau

Dos crawlé

                            face vers le ciel,

ses deux bras, l’un puis l’autre,

labourent la surface de l’eau

comme les aubes des bateaux

qui remontaient le Mississipi

                    ou comme les norias

dans les terres assoiffées du sud

chaque brasse soulevant une traînée

de perles nacrées, queue de comète

un instant suspendue dans l’air,

                          puis s’évanouissant

un étau froid enserrant sa poitrine,

l’instant d’avant chauffée à blanc

par le sable brûlant au soleil,

nappe liquide frémissante

             sur son torse, parcourue

par de courtes vaguelettes

comme sur la plage à marée basse

le visage à demi-immergé,

divisé au couteau par la ligne-frontière

entre l’air et l’eau, nuque glacée,

                                         face éblouie

tout le corps enveloppé

    comme par la longue caresse

                     d’une main de femme,

                                                  la nuit,

dans ces noces de l’homme

                                      et de l’océan

Poème de Jped
Lien direct du poème

Vagues vous êtes folles

Vagues, vous êtes folles !
À vous briser ainsi contre les rochers bruns,
À écumer de rage au milieu des embruns,
Aux pieds de Porquerolles.

Mais l’île est endormie.
Ni vos plaintes, inlassables gémissements,
Ni le vent fort d’avril aux tourbillons déments,
Ne réveillent ma mie.

Car la chanson d’hiver
Dans son soleil d’azur berce son sommeil blanc.
Elle a fermé les yeux, son sourire est troublant,
Jusqu’à la primevère.


Poème de Emrys
Lien direct du poème

Comme une plage à marée basse

Le passé est comme une plage à marée basse,
le temps comme la mer, s’est retiré.

Il laisse sur la grève des souvenirs épars,
vivants ou morts,
une succession d’états fragiles et fugaces,
un basculement entre vie et mort,
peuplé d’instants passés.

Vivre est rendre possible
cette concrétion de la mémoire

les fragrances du passé

les voix qui se sont tues.

.
Ce mouvement perpétuel du temps peuple l’Étant,
Fonde et trouble la constance de l’Être.


Poème de Emrys
Lien direct du poème