A la jeunesse

À la jeunesse qui se perd

Parmi tant de contradictions,

Entre un avenir trop précaire

Et un présent peu inspirant,

Pris dans des menaces de guerre,

Le désarroi, la corruption,

Les nouvelles technologies

Bouleversant notre horizon ;

N’hypothéquez pas votre vie,

Vos projets ni vos ambitions.

Apprenez sans perdre un instant,

Si vite passe l’existence,

Formez sans cesse votre esprit,

Aiguisez votre intelligence,

N’attendez pas que l’on vous dicte

Votre manière de penser,

Gardez en tête la critique

Qui vous permet d’évoluer,

Pour que jamais l’obscurité

Ne vienne éteindre la lumière

Qu’en naissant l’on nous a donnée.

Chaque être a son rôle à jouer.

Tu t’en vas

– À T. L.-C. –

– À Bruno B.G. –

– À Tom –

Tu t’en vas loin devant, tu as pris de l’avance ;

La vie n’avait ici plus de goût ni de sens.

Tu changes de niveau et d’état de conscience ;

Tu nous laisses nos maux, le gouffre de l’absence…

Tu veilleras, là-haut, sur ceux qui t’aimaient tant,

Délesté de ce corps au terrestre fardeau

Qui te faisait défaut depuis déjà longtemps.

Tu t’en vas loin, là-bas, en longeant les étoiles ;

Tu pars vers l’au-delà, et ne t’arrêteras

Que pour te retourner une dernière fois,

Avant de t’éclipser dans la nuit sidérale.

Loin de nous tu seras, mais nous resterons là,

Au rappel de l’ami qui partageait nos joies,

À guetter quelque signe qui nous vienne de toi

Jusqu’au jour où, des cieux, la porte s’ouvrira.

D’après Et ton âme s’envola dans l’immensité lumineuse, de TLC, photographie sous licence.

Une plume offerte

Je t’ai offert une plume

Aux couleurs de l’espérance,

Pour qu’à travers nous s’allume

La mémoire de l’enfance.

Je t’ai offert une plume,

Ramassée dans l’herbe tendre,

Pour inspirer la fortune

Entre le saphir et l’ambre.

Je t’ai offert une plume

Pour écrire sur ta peau,

Sous un sourire de lune,

L’émotion d’un jour nouveau.

AIT

– À C. –

En un instant, tout peut changer,

Un pan d’esprit qui disparaît,

Ne plus savoir où l’on en est,

Entre le présent, le passé ;

Se retrouver tout hébété,

Dans un lieu soudain étranger,

Dans un contexte différent,

Entre la vie et le néant.

Redevenir petit enfant,

En proie à maints questionnements,

Soumis aux bonnes volontés

De ceux dont on est dépendant.

Une mémoire évanouie,

Un être humain désorienté

Face à des proches interdits

Que l’épreuve vient accabler.


Un AIT, accident ischémique transitoire,

est un accident neurologique réversible.

Nuit d’insomnie

Rendez-vous après minuit, par les plaines et les ondes,

Puisque les bras de Morphée ne veulent pas m’emporter

Dans le royaume des songes, puisque mes yeux grands ouverts,

Insensibles aux prières, refusent de se fermer.

Serait-ce la lune bleue la cause de ce mystère,

D’une nuit particulière où chaque heure est annoncée,

Où l’on voit se profiler dans un cadran de lumière

La spirale temporelle que l’on ne peut pas stopper ?

Peut-être qu’au fil du temps, lasse d’en vain espérer,

Je pourrai m’abandonner à un sommeil de velours,

Quand Séléné cèdera sa place à l’astre du jour,

Et que dans l’aube incertaine j’entendrai le coq chanter.