Nuit d’insomnie

Rendez-vous après minuit, par les plaines et les ondes,

Puisque les bras de Morphée ne veulent pas m’emporter

Dans le royaume des songes, puisque mes yeux grands ouverts,

Insensibles aux prières, refusent de se fermer.

Serait-ce la lune bleue la cause de ce mystère,

D’une nuit particulière où chaque heure est annoncée,

Où l’on voit se profiler dans un cadran de lumière

La spirale temporelle que l’on ne peut pas stopper ?

Peut-être qu’au fil du temps, lasse d’en vain espérer,

Je pourrai m’abandonner à un sommeil de velours,

Quand Séléné cèdera sa place à l’astre du jour,

Et que dans l’aube incertaine j’entendrai le coq chanter.

Livre d’or

– À Sophie Viguier –

J’avais découvert ce site, qui tombait à point nommé,

Conservé précieusement afin de le partager

En son temps à un ami, qui patiemment écrivait

Le récit qui l’inspirait, soigneusement peaufiné,

M’informant de temps en temps de sa nouvelle avancée.

Et finalement c’est moi qui la première ai franchi

La distance virtuelle qui me menait à Sophie,

Pour publier, l’an dernier, un recueil de poésie.

Dès lors elle a confirmé l’intérêt de l’entreprise

Face à mes questionnements, ma verve, ma fantaisie,

Par ses conseils avisés, par ses remarques précises

Formulées avec clarté, concision et courtoisie,

Par son esprit rationnel, par son professionnalisme,

Ses notes approfondies, sa rigueur dans l’analyse,

Toutes les règles complexes d’une langue-symphonie

Soutenant par sa charpente solide l’onde infinie

Des vers dont les mélodies chantent le cœur de la vie.

Place Kléber

– À ma fille –

Place Kléber, un magicien

Illumine le quotidien

Sous l’œil enchanté des bambins.

D’un geste adroit il accomplit

La virtuose féérie

Des couleurs du ciel réunies,

Créant des bulles irisées

Uniques ou en chapelet,

Naissant et venant s’envoler

Avec grâce et légèreté,

Exposant leur robe moirée

Devant les passants étonnés.

Elles s’étirent, prennent vie,

Se dispersent, restent groupées,

Font étinceler leur livrée,

Puis éclatent sans préavis

Ou se fondent dans les nuées.

Malgré le froid, cette magie

Fait s’arrêter quelques curieux

Plus rêveurs encor que frileux,

Et les enfants, toujours friands

De beauté et de fantaisie,

Se pressent, fougueux et ravis,

Afin de pouvoir admirer

Ces miroirs mouvants colorés,

Bulles rondes ou déformées

Qu’un simple souffle peut briser ;

Evanescente poésie

De ce spectacle improvisé

Chatoyant devant les façades

De la grande place carrée,

Dans une joyeuse parade

Créant l’inlassable prodige

De leur aérienne voltige.