Livre d’or

– À Sophie Viguier –

J’avais découvert ce site, qui tombait à point nommé,

Conservé précieusement afin de le partager

En son temps à un ami, qui patiemment écrivait

Le récit qui l’inspirait, soigneusement peaufiné,

M’informant de temps en temps de sa nouvelle avancée.

Et finalement c’est moi qui la première ai franchi

La distance virtuelle qui me menait à Sophie,

Pour publier, l’an dernier, un recueil de poésie.

Dès lors elle a confirmé l’intérêt de l’entreprise

Face à mes questionnements, ma verve, ma fantaisie,

Par ses conseils avisés, par ses remarques précises

Formulées avec clarté, concision et courtoisie,

Par son esprit rationnel, par son professionnalisme,

Ses notes approfondies, sa rigueur dans l’analyse,

Toutes les règles complexes d’une langue-symphonie

Soutenant par sa charpente solide l’onde infinie

Des vers dont les mélodies chantent le cœur de la vie.

Place Kléber

– À ma fille –

Place Kléber, un magicien

Illumine le quotidien

Sous l’œil enchanté des bambins.

D’un geste adroit il accomplit

La virtuose féérie

Des couleurs du ciel réunies,

Créant des bulles irisées

Uniques ou en chapelet,

Naissant et venant s’envoler

Avec grâce et légèreté,

Exposant leur robe moirée

Devant les passants étonnés.

Elles s’étirent, prennent vie,

Se dispersent, restent groupées,

Font étinceler leur livrée,

Puis éclatent sans préavis

Ou se fondent dans les nuées.

Malgré le froid, cette magie

Fait s’arrêter quelques curieux

Plus rêveurs encor que frileux,

Et les enfants, toujours friands

De beauté et de fantaisie,

Se pressent, fougueux et ravis,

Afin de pouvoir admirer

Ces miroirs mouvants colorés,

Bulles rondes ou déformées

Qu’un simple souffle peut briser.

Evanescente poésie

De ce spectacle improvisé

Chatoyant devant les façades

De la grande place carrée,

Dans une joyeuse parade

Créant l’inlassable prodige

De leur aérienne voltige.

D’or, de plumes et de pétales

– À T. L.-C. –

– À Fernanda V. –

De l’or et un plumage bleu,

Un bel oiseau majestueux,

Comment pourrions-nous parfaire

Ce magnifique anniversaire ?

Peut-être manque-t-il un peu

De magie et de merveilleux,

Comme on en trouve dans les contes ?

Lors, je vous écris que je compte

Sur vous pour mener jusqu’au bout

Cette odyssée qui, je l’avoue,

S’est plu à garder son mystère.

Voici, pour la nouvelle année,

En ce jour venant célébrer

Votre apparition sur la terre,

L’ambassadrice de beauté

Que vous avez tant désirée ;

Cette rose née de vos rêves

Et d’une artiste aux doigts de fée,

Dans l’idée qu’elle puisse mettre

Un point final auréolé

D’un remarquable savoir-faire

Au projet extraordinaire

Qu’hier vous m’aviez exposé…

La poésie est notre alliée.

Madeleine de Proust

À Jean-François Petit, maître pâtissier chocolatier

Trois petits tours et disparaît le plaisir gourmand savouré,

Régal des yeux et du palais religieusement dégusté ;

Goûts choisis et fleurs parfumées dont l’arôme va déposer

Dans la mémoire un doux sillage persistant avec les années,

Délice au vivace bouquet, madeleine de nos pensées.

La dernière bouchée est-elle la meilleure ?

Allume-t-elle un feu de joie au fond du cœur ?

Déployant ses atouts, l’attention décuplée,

Elle exprime un désir, une félicité,

L’énergie créatrice d’un faiseur de beauté,

Une alchimie des sens et le temps des regrets ;

Souvenir d’un ailleurs dans le présent ancré.

Elle cherche à capter par toutes les papilles

La conscience aiguisée d’étonnantes saveurs,

Chaque subtilité finement décelée

D’une œuvre originale qui nous laisse rêveur ;

Maîtrise artisanale dûment plébiscitée,

Pleine reconnaissance et gratitude innée

Qui sont sans se méprendre d’un talent l’estampille.