Le courage

Le courage, n’est-ce pas
La volonté d’un enfant,
Âgé d’à peine quatre ans,
Qui décida de braver
La peur que lui inspirait
Ce recoin sous l’escalier ?
 
Dominant sa peur du noir,
Il s’enhardit pour aller
Dans ce lieu qui recelait
Les plus terribles secrets
Que l’on puisse imaginer ;
 
Et pour mieux apprivoiser
Cette obscurité hostile
Il resta là, sans bouger,
Jusqu’à ce que son papa
Vienne pour l’en déloger.
 
C’est ainsi qu’il remporta
Cette partie décisive
Qui devait l’envelopper
D’un délicieux prestige,
Et l’accompagne depuis
Sur les chemins de sa vie.


Ce poème est dédié à Monsieur Hovhannès Haroutiounian qui m’a confié ce souvenir.

Un message

Un message qui surprend,
Quelques mots sur un papier
Griffonnés hâtivement,
Un numéro, une adresse ;
C’est une main qui se tend,
Un sourire qui s’adresse
À quelqu’un de différent
Des autres gens qui se pressent
Dans le marathon du temps
 
C’est un déclic, un sursaut
D’humanité qu’il nous reste,
Une bouteille à la mer
Dans l’océan des visages
De ces inconnus qui passent,
Permettant aux plus discrets
De sortir de leur réserve ;
 
Une petite folie,
Probablement passagère,
Qui n’engage que le geste,
Dans un élan spontané,
Pour dire sans l’exprimer :
 
Tu es peut-être celui,
Ou celle que je cherchais ;
Quelqu’un qui a ce mystère,
Ce petit je ne sais quoi
Qui nous attire soudain,
Sans trop comprendre pourquoi.
 
Les êtres que le destin
Place sur notre chemin
Ne sont pas là par hasard,
Et sans doute qu’il était
Prévu de les rencontrer
Ici ou là, tôt ou tard.

Un ouvrier

Assis dans le métro,
Le teint blanchi de plâtre
Et la joue mal rasée,
Dans ses gros godillots
Salis par les chantiers,
L’homme s’est assoupi.
 
Un sourire léger
Passe sur son visage,
Illuminant ses traits
À la peau burinée,
 
Offrant aux passagers
Daignant lever les yeux
De dessus leur portable,
Cet éclat remarquable
Qui donne leur beauté
Aux êtres que l’on croise.

Deux-mille-vingt sera

Deux-mille-vingt sera , ou ne sera pas,
Une bonne année… Qui pourrait le dire ?
Je ne le sais pas, mais quoi qu’il en soit,
Avons-nous le choix des mois à venir ?
 
Tout ce que l’on peut, c’est faire de son mieux
Pour bien l’accueillir, et se rendre utile ;
Se battre pour des causes qui en valent la peine,
Éclairer d’un sourire les jours qui vont et viennent,
 
Aimer comme il se doit la vie que l’on nous prête,
Chérir ceux qui sont là pour adoucir nos peines,
Écouter la nature et les choses subtiles,
Devenir plus humain, méditer et grandir !