Nuit haïtienne

– Hommage à Farah-Martine Lhérisson –


Nuit haïtienne, quartier privé,
Une agression à main armée.
Soirée d’effroi, vies sacrifiées,
Trois coups de feu auront suffi
Pour décimer une famille.
 
C’est un coup dur pour ce pays,
Un manque pour la poésie ;
Une Plume s’est envolée
Mais ses poèmes resteront
Pour parfaire son oraison
Et nous fredonner sa chanson.

Quand vous parlez d’Elle

Quand vous parlez d’Elle,
Mon ami lointain,
Quand vous parlez d’Elle
Je devine bien
Combien vous est chère,
Mon ami lointain,
Celle qui partage
Votre quotidien.
 
Quand vous parlez d’Elle,
Mon ami lointain,
Quand vous parlez d’Elle
Votre amour déteint
Dans votre voix même,
Mon ami lointain,
Et vos mots pour Elle
D’affection sont pleins.
 
Quand vous parlez d’Elle,
Mon ami lointain,
Quand vous parlez d’Elle
L’émoi vous étreint,
Car la vie vous presse,
Mon ami lointain,
De vivre l’instant
Selon votre instinct.
 
Quand vous parlez d’Elle,
Mon ami lointain,
Quand vous parlez d’Elle
La peine m’atteint,
Car la vie vous blesse,
Mon ami lointain,
Et rude vous laisse,
En proie au chagrin.

Envolée de notes claires

Envolée de notes claires
S’échappant d’une fenêtre,
Chant cristallin d’une flûte
Qui soudainement diffuse
Sa pureté traversière…
Enchantement de l’oreille.
 
J’entends les pleurs d’un bébé.
Un piano, après l’ondée,
Remarquable privilège,
Égrène au loin ses arpèges
Et lance sa mélodie
Dans le silence endormi
Du début d’après-midi.
 
Un chien aboie dans la rue.
La musique a disparu,
Mais provenant du chantier
De l’immeuble d’à côté,
Suivant un autre tempo ;
Des bruits de scie, de perceuse,
Et les coups sourds d’un marteau
Nous tiennent lieu de berceuse,
Tant pis, pour notre repos.
 
Dans le centre de Paris,
La symphonie a repris ;
Des cris de mouettes se mêlent
Au concert improvisé
Des bruitages spontanés
De l’orchestre de la vie.

Pêche céleste

Au firmament brille la lune
Dans cette nuit bleue qui s’étend,
Mais s’il faut décrocher la lune
Cela n’est pas un jeu d’enfant.
« Mieux vaut pêcher un poisson lune ! »
Se dit Pierrot, en rêvassant,
Et voilà qu’il troque sa plume,
Son encre et son papier blanc,
Contre une ligne de fortune
Avec pour mouche,
un vers luisant.


Réponse à la fantaisie d’avril de Jérôme Nyctalo sur TLP…

[ Poème d’avril qui se découvre un fil ]
 
Luna Luna Mala Mala
 
Lune blonde lune rousse lune rouge lune rose
Pierrot n’étant plus très au clair préféra
Aller à la ligne
En un mot : Transformer sa plume
En canne : Lors ouvrant sa porte il pêcha
Un poisson lune

http://www.toutelapoesie.com/salons/topic/90495-alors-la-lune-rose/