Neige nocturne

Uniformément gris perle
Le ciel opaque s’étend,
Moelleux et enveloppant,
Éclairé des tons pastel
Des clartés artificielles
Que la ville a piquetées
Soigneusement autour d’elle.

Blanches, bleutées, jaune pâle
Ces différentes étoiles
Tombées de la Voie lactée
Scintillent sans se lasser
En éclaboussant d’opale
Ce qui est à leur portée.

En mouchetés concentrés
La neige descend du ciel
Et grignote sans répit
Ce qu’il reste de grisaille
Travaillant vaille que vaille
Sans chercher d’autre alibi
Que son minutieux ouvrage.

Dans la cité endormie,
Recouvrant les paysages
Modelés à son image
D’un étincelant tapis,
Elle règne, souveraine,
Nitescente demoiselle,
Sur cette troublante nuit
Où le noir même est banni.

Hiver

aurore d hiver

C’est l’hiver mon amour

Et la neige en paillettes

A recouvert la terre

De sa douce lumière,

De son brillant velours.

Le ciel n’est plus morose,

Il y a dans la danse

De ces petits flocons

Une sorte de joie

Contenue, maladroite,

Légère et tournoyante.

Dans la pâleur du jour

Ces cristaux doux et froids,

Moelleux pompons d’ouate

Sortis de l’oreiller

Rebondi des nuages,

Se trouvent éparpillés

Et jouent, irréguliers,

Sur le gris des façades.