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Merci aux poètes et poétesses d’avoir accepté de partager quelques uns de leurs écrits sur cette page.

Le bal des papillons

Chemin bruissant et desséché
Bordé de touffes odorantes,
Dans cette torpeur entêtée,
Volent des fleurs incandescentes.
 
Confettis bleus, jaunes et clairs,
En farandoles, ils déraisonnent,
Grisés de sucs et de lumière,
Sur la lavande qui frissonne,
Caressée par la tendre brise
De l’été qui vous hypnotise.
 
Soudain un duo se libère,
Loin de sa quête nourricière,
Il danse dans l’air embaumé
En un tourbillon effréné.
 
Saturés de soleil ardent,
Inconscients, ils oublient le temps,
Ailes jaune et blanche mêlées,
En un ballet échevelé,
Fureur désespérée de vivre
Dans l’éphémère des jours ivres.


Poème de Esterina
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La passion de l’eau

et j’ai, soudain, la révélation de ma propre peau,

– oubliée, niée, abolie depuis le dernier été –

sous la longue, douce, pressante caresse de l’eau

qui enveloppe, étreint tout mon corps immergé

et que je fends et pénètre comme l’étrave d’un navire

souvent, en position ventrale, aveugle et sourd

à tout ce qui n’est pas la sensation de l’instant,

faisant des pointes rapides comme une vraie danseuse

ou essayant d’imiter celui qui marchait sur l’eau,

les battements des pieds mesurant la résistance

de la masse liquide, je cherche de mes bras tendus

vers l’avant, maintenant au bord de l’asphyxie,

la paroi du bassin dont le contact marquera

ma résurrection, dans une bouffée d’air frais

qui emplit jusqu’au plus profond de mes entrailles

d’autres fois, en dorsale, aveuglé encore mais de lumière,

ébloui, avant d’atteindre le cône d’ombre du toit, et là,

yeux grands ouverts vers ce ciel si absent de nos villes,

j’ai l’espace entier en face de moi, le vol, circulaire et lent

d’un faucon crécerelle, ou tendu des martinets rageurs

zébrant les airs comme une escadrille de combat,

parfois même une mouette égarée aux ailes hésitantes,

et moi barque rentrant au port à grands coups de rame,

bras dressés dégoulinants d’une eau scintillante au soleil

enfin, à bout de forces, dans une brasse coulée, ralentie,

baleine échouée à la dérive, balancée par la houle du large,

ou plutôt raie Manta déployant ses lourdes ailes delta,

s’appuyant de toute sa surface lisse et compacte sur l’eau,

mon corps-oiseau marin entreprend sa dernière traversée

jusqu’à venir se poser, alangui et heureux, sur la berge,

attentif seulement aux pulsations sauvages de mon cœur

et aux stridulations tremblées des premières cigales de l’été


Poème de Jped
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Chaque poésie est une prière…

– À Laurence H., qui croit si fort en la poésie, et à tous les poètes de TLP…


Un acte de foi
En la beauté pure
Un rêve, une joie
Une déchirure
Par où l’on reçoit
De précieux murmures
 
Un ardent miroir
Un chemin d’espoir
Vers ce qui conjure
Les pires blessures
 
Une trêve, un miel
Un baume affleurant
Un appel vibrant
Aux secrets du ciel
 
Une communion
Un rachat du monde
Illumination
Quand la haine abonde
 
Un cinglant refus
Refuge de l’âme
Clairière impromptue
Au milieu des drames
 
Une plaidoirie,
Une incongruité
Une espièglerie,
Une liberté…


Poème de Esterina
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La caresse de l’eau

Dos crawlé

                            face vers le ciel,

ses deux bras, l’un puis l’autre,

labourent la surface de l’eau

comme les aubes des bateaux

qui remontaient le Mississipi

                    ou comme les norias

dans les terres assoiffées du sud

chaque brasse soulevant une traînée

de perles nacrées, queue de comète

un instant suspendue dans l’air,

                          puis s’évanouissant

un étau froid enserrant sa poitrine,

l’instant d’avant chauffée à blanc

par le sable brûlant au soleil,

nappe liquide frémissante

             sur son torse, parcourue

par de courtes vaguelettes

comme sur la plage à marée basse

le visage à demi-immergé,

divisé au couteau par la ligne-frontière

entre l’air et l’eau, nuque glacée,

                                         face éblouie

tout le corps enveloppé

    comme par la longue caresse

                     d’une main de femme,

                                                  la nuit,

dans ces noces de l’homme

                                      et de l’océan

Poème de Jped
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