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Merci aux poètes et poétesses d’avoir accepté de partager quelques uns de leurs écrits sur cette page.

Hybris

Il était un miracle, une perle d’azur,
Errant en solitaire au cœur de l’univers.
Il était la lumière imprégnant la nature,
Imbibant le trésor de sa douce atmosphère.
 
Il était un miracle éclos sur cette Terre,
Cette vie à foison naissant et prospérant,
Répandant sa beauté le long des millénaires,
Explosions de couleurs, éventail fulgurant.
 
Il était un bonheur, tel un élan à vivre,
Le soleil irradiant un ciel plein de promesses,
La frénésie des sens, des rêves à poursuivre,
Autant de créations à inventer sans cesse…
 
Puis il est arrivé, fragile créature,
Investissant le monde et dominant ses frères.
Lui, pourtant si chétif, à la faible ossature,
En conquit peu à peu l’écorce tout entière.
 
Cet être tourmenté se révèle ambitieux,
Il œuvre à corps perdu à sa prospérité,
Se fait un paradis immodeste et luxueux
Au détriment de ceux qui ne peuvent lutter,
 
Se divise et se bat, sème la peur, la guerre,
Jouant avec le feu de ce fou Prométhée.
Il réduit des portions complètes de sa Terre
A l’empoisonnement, à la stérilité.
 
Maudit soit donc celui qui lui fit ce présent,
Cause de ses malheurs, cause de sa folie,
Cause des destructions qui font couler le sang
Et étouffent le flux souverain de la vie.
 
Saura-t-il retrouver de la lucidité,
Se souvenir à temps de son humilité,
De la sobriété reprendre le chemin,
Et renouer enfin avec un bonheur sain ?


Poème de Esterina
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Beauté furtive

«  il vous faudra suivre des yeux
les lignes et les traces sur le sol,
les traînées sur les murs,
lire dans les nuages , intensément »
ainsi parlait, il y a cinq siècles,
Maître Léonard aux jeunes peintres,

de là naîtrait l’œuvre d’art,
et non du pur spectacle du monde


              .  .  .  .  .  .  .

les hommes ont de tout temps
déchiffré le ciel
et, des amas d’étoiles indistincts
ont surgi des formes singulières,
les  constellations,
tout un bestiaire, du Bœuf
à la Grande Ourse, au Scorpion,
et à l’Aigle,
une mythologie, de Mars à Vénus,
d’Orion à Cassiopée

les Mésopotamiens caressaient du regard
les courbes du paysage
et, de lignes de crête en versants,
d’épaulements en vallées,
ils conduisaient leurs canaux d’irrigation
d’un œil sûr, à travers les terres,
                       faisant fleurir le désert

les philosophes grecs cherchaient,
un bâton à la main, dans le sable,
les formes parfaites
qu’ils avaient entrevues
dans leurs rêveries sur la nature
ou dans leurs songes :
carrés, triangles, trapèzes,
et le plus sublime de tous, le cercle,
qui n’a ni point d’origine ni de fin,
partout  égal à lui-même,
et qui, dans sa forme pure
n’existe pas sur terre,
seulement dans l’esprit le plus hardi,
et parmi les astres,
chez le dieu-soleil, source de vie,
maître absolu des cieux
ou, dans sa version nocturne
et transitoire, hésitante et furtive,
la lune, femme et passagère,
à la fois attirante et décevante,
mais inégalable dans sa plénitude

              .  .  .  .   .  .  .

   …. et nous, encore aujourd’hui ,
en quête d’émotion et de sens,                            
dans une ombre furtive, une silhouette
entr’aperçue,
dans l’empreinte des vagues sur le sable,
dans un reflet sur l’eau des étangs,
dans un bruit de voix étouffé,
un geste de la main, ou comme Léonard,
dans le capricieux dessin des nuages,

                   que cherchons-nous ?,

sinon un signe, une inspiration,
un éclair de vérité, un peu de beauté,
                        un élan, un frisson de vie,

                       un simple instant de poésie


Poème de Jped
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Silhouette

Ombre énigmatique et fugace,
Évanescente à douter d’être,
De son passage nulle trace,
Oubliée jusqu’à disparaître.
 
Interdit de sourire au monde,
D’en respirer les douces ondes.
 
Effacée, emmurée vivante,
Cernée, dans son tissu enclose,
Incarcérée, inexistante,
Son gardien veille et s’interpose
 
Entre elle et la vie qui s’élance.
Entravée, niée, opprimée
Par le carcan de l’ignorance,
Autant dès lors la supprimer.
 
Interdit de laisser entendre
Sa frêle voix pour se défendre.
 
Assassinée à petit feu,
Étouffée dans sa camisole,
Par un homme au regard sérieux
Qui sur elle a pris tout contrôle.
 
Interdit d’offrir son visage,
A qui pourrait lire un message.
 
Privée du vent qui déraisonne,
Des livres ouverts sur le monde,
De la fière joie qui claironne,
Et de la liberté féconde…
 
Interdit le chant de son âme,
Interdit de dire son drame.
 
Elle ne laisse aucune empreinte,
Discrète errante dans la nuit,
Nul ne relâche son étreinte
Sur cette femme anéantie.
 
Qui saura lui réinventer
L’itinéraire de lumière
Qui lui rendra sa dignité,
La conduira vers d’autres sphères ?
 
Interdite la poésie,
Qui distille ses hérésies.


Poème de Esterina
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Féerie

Il y eut un été aux grappes nonpareilles 

Un silence y régnait dont le siècle mourut

Tout le long du sentier peu à peu avait crû

un parfum évoquant d’impensables merveilles

Une brise baignait l’azur baisait la terre

Les ombres uniment luisaient d’un bleu ardent

jusqu’ à ce que midi trônât Lors quel chiendent

quel chardon n’émettait un rayon de mystère 

Au zénith par instants vibraient des ailes blanches

d’oiseau sans doute bien Ou d’ange On ne le sut

jamais en vérité Mais l’éclair aperçu 

révélait un bonheur aux millions de dimanches

Des taches d’or brûlant et de rouges zébrures 

fleurissaient l’herbe avec pour couronner l’éclat 

la danse d’une abeille Exultait çà et là 

quelque cigale au fond d’un monceau de diaprures

De poussière il n’était qu’une poudre dorée

quand l’air parfois nimbait dans les feuilles les nids

Vacances de juillet Poèmes infinis

Et soudain sous le ciel s’avança l’Adorée


Poème de M. de Saint-Michel
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