Soleil d’automne

– À ma fille –

Quand le soleil d’automne s’échappe des nuages,

Ses doux rayons ambrés réchauffent la saison,

Réconfortant le ciel, et chaque feuille d’arbre,

En éclaboussant d’or des cimes aux buissons.

Quand le soleil d’automne s’échappe des nuages,

Il vient illuminer d’un seul coup l’horizon,

Et nous entraîne alors dans ses vagabondages

À travers sa palette aux chaudes vibrations.

Tapis craquants de feuilles mortes

– À mon frère –

Tapis craquants de feuilles mortes

Raidies par le froid de la nuit ;

Feuilletés aux teintes d’automne

Étincelants de pruine fine,

Éveillés par ce rai qui luit

Nervures rehaussées de givre,

Blanche dentelle qui scintille

D’une poussière diamantine

Sous les feux de l’astre de vie

Dont la lumière nous enivre

Par sa douce chaleur amie,

Esquissant dans l’air attendri

Son aquarelle hélianthine

Air soufflé

– À Marie July –

Air soufflé dans les feuilles mortes,

De grises flaques délogées ;

Brassées aériennes d’automne,

Bruyants essaims qui tourbillonnent,

Dans un vrombissement de rhombe,

De mille ruches échappés.

Charme des rousses envolées

Qui se soulèvent et retombent

En végétales particules,

Qui joyeusement papillonnent,

Puis s’assemblent en monticules,

Plus loin chaque fois repoussés.

Lent cortège de feuilles mortes

Chahutées puis canalisées,

Que l’on rassemble et l’on escorte,

Guidées par d’étranges bergers

Menant ces troupeaux en errance

Pour d’automnales transhumances.