Aventures

Vingt-deux ans, quelques amis
Un cœur qui bat au ralenti,
J’ai tant voulu en quelques mois
Conjuguer l’amour au présent
Que je ne me reconnais pas
Dans mes réactions d’aujourd’hui…
Peut-on changer autant
En aussi peu de temps ?
Je ne sais plus trop qui je suis.

Ne pas se poser de questions
Renoncer aux échappatoires
Éviter de trop en savoir
Accepter de s’abandonner
Sans « je t’aime », sans promesses,
Sans regrets…

Donner à ses nuits
Pour tromper l’ennui
Le poids des caresses
Le goût des baisers
Et la couleur blanche
Des heures détournées.

Ne pas chercher à se revoir
S’écrire ni se téléphoner,
N’exister ni dans l’avenir
Ni dans le passé,
Vivre la seconde comme éternité…
Et cadenasser sa mémoire.

Je n’ai pas beaucoup d’expérience
Mais ceux que j’ai pu approcher
Se voulaient sans attache
Sans enfants, sans foyer…
J’ai mis mes rêves de côté.

Or dans ces étreintes d’un soir,
De l’amour ou de la faiblesse
Je ne sais plus ce que je mets
Ni ce que j’espère gagner.
Des sentiments exacerbés ?
Deux solitudes annulées ?
De la tendresse partagée…

Ce que je suis prête à céder
Ils s’en contentent volontiers,
Ils ne demandent rien.
Avoir à réclamer
C’est déjà s’engager,
Ils ne le veulent point.
Et quand la nuit s’est écoulée
Chacun reprend de son côté
Sa route, un peu plus fatigué.

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