Tant de petites lumières

– À Christine Cotton*

À tous les lanceurs et lanceuses d’alerte qui risquent leur vie pour nous éclairer –


Tant d’êtres qui se révèlent sur la mappemonde,

Luttant pour que la planète s’extirpe de l’ombre,

Tant de petites lumières, des lieues à la ronde ;

Combien pour les faire taire, jusque dans la tombe ?

Des milliers de flammes claires, psychés vagabondes,

Que l’on réduit en poussière, c’est une hécatombe !

Tant d’étincelles de grâce inspirant le monde,

Soyons de ceux qui font face, avant qu’on ne sombre.


*Née en 1970, Christine Cotton, après un magistère d’économiste statisticien à la Toulouse School of Economics, s’est forgé une expertise s’appuyant sur plus de vingt-cinq ans de travail dans l’industrie pharmaceutique.

Elle a collaboré avec de grands laboratoires (Roche, Sanofi, Aventis…) accumulant de l’expérience sur des centaines d’études en oncologie, cardiologie, immunologie, neurologie et bien d’autres domaines.


Jusqu’en 2018, Christine Cotton a exercé comme biostatisticienne et dirigé sa propre société de recherche, spécialisée dans la méthodologie, la gestion des données et l’analyse statistique des essais cliniques, avant de se consacrer à des analyses indépendantes.

Son livre, Tous vaccinés, tous protégés ? Vaccins covid-19 : chronique d’une catastrophe sanitaire annoncée, a été publié en juin 2023 aux éditions Guy Trédaniel.

En 2025, à la suite de la publication de son rapport d’expertise Rapport sur les essais cliniques de Pfizer, Christine Cotton a déposé une plainte pénale pour « tromperie aggravée et administration d’une substance sans consentement » contre les différentes autorités de santé.

Victime depuis d’un « mal inconnu », elle souffrait de douleurs atroces impossibles à soulager.

Christine nous a quittés début juin 2026.


Qu’elle repose en paix.


Au chevalier du TGV

– À l’inconnu du TGV Paris-Brest… Merci.

Au chevalier du TGV, ce jour de chute regrettable,

Brandissant d’un air amusé son blason d’humour et de charme,

Portant secours à son prochain, du non-voyant à l’éclopée,

Prêtant son bras sans hésiter, mû par une âme charitable,

Harnaché de pesants bagages le lestant de tous les côtés,

Gardien de belles traditions s’estompant au fil des années,

Qu’il me fut doux de rencontrer, quelques instants, sur ce trajet,

Je voudrais ici exprimer ma sincère reconnaissance,

Ainsi qu’aux trop rares humains venus proposer leur soutien,

Hommes bien nommés s’il en est, anonymes sur le chemin

Ayant offert leur assistance, armés de leur seule présence,

Compatissant à la souffrance d’une inconnue croisée soudain,

Dans un élan qui les honore, guidés par leur belle conscience

Ou la naturelle évidence entourant un louable instinct.

Se mettre en route

Un jour il faut se lever puis avancer pas à pas,

Car nul autre mieux que toi ne peut suivre cette route,

Toi seul en pressens la voie, les méandres et les doutes,

Et peux décider enfin de dénouer un à un

Les liens qui te retenaient dans une attente stérile

À ces regrets ou ces peurs d’une vie qui n’en est pas,

Et qui engourdit les membres, paralyse les pensées,

Rend cette marche hésitante, empêche de s’engager.

Un jour il faut se lancer, progressant pas après pas,

En rassemblant son courage pour affronter les obstacles,

Apprivoisant les tempêtes pour fortifier son âme,

Dépassant ce qui nous bride, les complexes, la douleur ;

Nul besoin d’être une flamme pour aimer avec ardeur,

Un feu follet voyageur pour danser dans le brouillard,

Une luciole, une étoile, pour briller dans la nuit noire

Et propager sa lueur dans son art et dans son cœur.

Forget me not / Ne m’oublie pas – Myosotis –

– À toutes les victimes de crimes contre l’humanité. –

– Aux descendants des survivants du génocide des Arméniens*,

commis il y a 111 ans, dont les répercussions sont toujours d’actualité. –



Quand reviennent les myosotis

Je pense à tous ces chers défunts

Que l’on n’a pu accompagner

Jusqu’à leur digne sépulture,

Tous ceux que des esprits malins,

Secondés de hordes complices, 

Ont achevés sous la torture,

Terrorisés jusqu’à la fin,

Peuples livrés comme des chiens

À leur bestiale cruauté,

Leur ignoble cupidité

Ne voyant chez eux qu’un butin.

Quand vient le temps des injustices

Que l’histoire encor perpétue,

Tragédie de ceux que l’on tue

Sans que l’on condamne ces crimes,

Je pense à tous ces chers défunts

Fauchés comme des myosotis,

Et se ravive mon chagrin

Tel un long sanglot qui m’étreint.


* mais aussi Assyro-Chaldéens, Yésidis, Grecs pontiques…

Des colibris

– À ma mère –

Il en faudrait des colibris pour éteindre un feu de forêt,

Pour dynamiser un pays qui perd pied depuis des années.

Il en faudrait des colibris pour réveiller les endormis,

Pour relever une nation qui depuis longtemps s’est couchée

Et se meurt, petit à petit, d’avoir été trop bafouée.

Il en faudrait des colibris, parmi la nuée qui se tait

En avançant les yeux fermés, sans conscience des artifices

Mis en place de tous côtés afin de nous manipuler,

Pour que chacun puisse apporter sa noble pierre à l’édifice,

Sa goutte d’eau et son esprit, pour étendre ce grand chantier ;

Que chaque être vienne chanter sa note d’espoir infini

Et partager avec autrui sa foi en notre humanité,

Œuvrant avec ténacité pour des lendemains qui sourient.

Il en faudrait des colibris, mais si nous sommes des milliers,

Si nous pouvons avec clarté redonner du sens à la vie,

Si nous sauvons ce qui nous lie et fait de nous un peuple fier,

Nous qui, faute d’être écoutés, avons perdu tant de repères, 

Si nous sommes déterminés, assez courageux, solidaires,

Pour que chacun durablement puisse faire un pas en avant

Et vienne ensemencer la terre où pourra germer le présent

Pour un futur plus florissant, porté par nos cœurs volontaires,

Nous regagnerons peu à peu ce que nous avions sacrifié

Sur l’autel des moindres soucis et des promesses à court terme,

Hypothéquant notre avenir et celui de nos enfants même,

Pour composer la mélodie qui fait reverdir les déserts.