Ne changeons rien

Ne changeons rien, ou changeons tout !

La vie est faite de contrastes ;

Mettons du gui dans notre houx

Et de la houle sur l’asphalte

Oxygénons bien nos cerveaux,

Faisons du tri dans nos programmes,

Mettons du beau dans nos propos,

De la bonté dans nos sillages

Mettons du sens dans notre vie,

De l’amour dans nos paysages,

Des idéaux, de l’empathie,

De l’amitié et du partage

Aimons, vibrons, réagissons,

Sortons des chemins tout tracés ;

Mettons du soleil dans nos jours

Et des étoiles dans nos nuits


Mettons nos talents, nos idées

Dans des projets de qualité ;

Soyons fiers d’aller de l’avant

Pour un avenir inspirant.

Tu leur diras

Tu leur diras, Rossignol,
Que l’on a plaidé pour eux,
Brandissant nos banderoles
Sur des sites prestigieux
 
Tu leur diras, l’Alouette,
Que l’on a prié pour eux,
Avec la ferveur muette
De qui s’en remet à Dieu
 
Tu leur diras, beau Faucon,
Que l’on a tremblé pour eux,
Quand on a su que l’enfer
Allait s’abattre sur eux
 
Vous leur direz, fiers oiseaux,
Que l’on a souffert pour eux,
Pendant que l’hydre entaillait
Jusqu’à la moelle leurs os,
 
Et dites-leur bien aussi
Que l’on a pleuré pour eux,
Quand nos prétendus amis
Sont restés silencieux.

Le regard de Karen

– Hommage à Karen P. et à toutes les victimes de la cruauté humaine
Qu’elles reposent en paix.


Le regard de Karen s’est agrippé à moi
Regard d’homme traqué
Regard chargé d’effroi
 
Le regard de Karen s’est infiltré en moi
Regard d’homme blessé
Qui ne me quitte pas
 
Le regard de Karen s’est fiché dans mon cœur
Regard d’un innocent
Face à ses agresseurs
 
Le regard de Karen est celui de l’agneau
Qui de même qu’Ilan
A croisé ses bourreaux
 
Le regard de Karen est l’accablante preuve
De l’inhumanité
De tous ces prédateurs
 
Le regard de Karen reflète cet enfer
Que des âmes damnées
Ont lâché sur la Terre
 
Hyènes chargées de haine étalant leur noirceur
Filmant leur lâcheté
Pour comble de l’horreur.

Ombres noires

Ombres noires et sinistres
Qui s’abattent sur la ville,
À coup de claquements d’ailes,
De cris lugubres qui percent
Nos oreilles trop sensibles
 
C’est le retour des Corneilles
Qui envahissent le ciel
Plombé comme avant l’orage,
Alourdi par la menace
De ce mal qui nous gangrène.
 
Avec leurs plumes d’ébène
Et leur regard obsidienne
Chargé d’ondes délétères ;
Changeant d’un coup l’atmosphère
Qui se voile des ténèbres
 
D’une oppressante présence
Qu’Hitchcock ne renierait pas,
Les oiseaux noirs se rassemblent
Dans une macabre danse
Comme sorcière en sabbat.

J’attendais

J’attendais, impatiente, que le monde s’éveille
De sa sourde torpeur et veuille se lever,
J’attendais quelque signe qui vienne confirmer
Que ma longue prière n’avait pas été vaine.
J’attendais que le fort protège le plus faible
Et que nos dirigeants soient des plus exemplaires…
 
Mais quelle longue attente pour tous ceux qui espèrent
Que des pays amis viennent les épauler
Et veuillent reconnaître en leur vibrant appel
Tous ces crimes commis contre l’humanité
 
Quel indécent calvaire pour ceux qui désespèrent,
Qui souffrent dans leur âme, qui souffrent dans leur chair,
Ceux qui sont suspendus à la moindre nouvelle,
Quelle vienne du front ou d’une autre nation,
Œuvrant avec courage et détermination
Pour défendre ce peuple qui n’a que trop souffert.
 
Il y a des silences que je ne comprends pas,
Des inhumanités que je n’accepte pas,
Des urgences qui passent toujours au second plan,
Des excuses indignes de nos « grandes nations »
Qui ne protègent pas leur civilisation,
Laissant l’hypocrisie et la passivité
Endormir les esprits et affaiblir ses rangs.
 
La désinformation envahit notre espace
La corruption sévit presqu’à tous les étages ;
Dans le Haut-Karabakh, la guerre encor fait rage
Et le monde regarde périr des innocents,
Tardant à réagir et se voilant la face…
 
J’ai les yeux pleins de larmes et mon cœur est en sang.