Un jour ordinaire

Séismes dévastateurs
Et tempêtes déchaînées,
Inondations meurtrières,
Fonte de nos grands glaciers
 
La sylve part en fumée
Derrière un rempart de flammes ;
Combien d’âmes étouffées,
Combien de sinistres drames
Laissent nos cœurs ébranlés ?
 
Où sont passées les abeilles ?
L’homme empoisonne la terre,
Les océans, les rivières,
Polluant jusqu’à l’espace,
Projetant d’autres menaces
Sur cet avenir plombé
 
La corruption prend ses aises
Et gangrène le système,
La faim, la peur et la guerre
Laissent des lieux désolés,
Kaboul n’a pas résisté…
 
C’est un jour ordinaire
Sur la planète Terre.

Liberté Égalité Fraternité

Brève bouffée d’humanité
Libre arbitre à développer
Espoir qui peu à peu renaît ;
Unité d’un peuple éprouvée
 
Bon sens à reconsidérer
Liberté gagnée pied à pied
Aspirations plus élevées,
Nation prête à se relever ;
Conscience un peu plus éclairée
 
Reprise en main des destinées,
Objectivité recherchée
Ultime chance de changer
Grand élan de fraternité ;
Enfin le sursaut espéré.

Dans quel monde vivons-nous

Dans quel monde vivons-nous ?
De quel monde voulons-nous ?
La tyrannie des puissants
S’exerce sur bien des plans
Et resserre son licou,
Étranglant chacun de nous.
 
Peuple méprisé de France
Retrousse un peu plus tes manches
Et relève bien la tête
Car ton salut en dépend,
Nul ne peut mieux que toi-même
Défendre ce que tu aimes.
 
Si tu ne prends pas les rênes
Pour combattre ces serpents
Qui avancent en rampant,
C’est ton âme que tu perds.

Un jeune garçon veille

– À Arman Balasanyan –


Un jeune garçon veille, assis près d’une stèle,
Dans la marée mouvante de ce champ de drapeaux
Aux couleurs éclatantes, recolorant le ciel
Endeuillé par la perte des enfants du pays ;
Sur cette belle terre où dorment les héros
De la dernière guerre qui meurtrit l’Arménie.
 
Le jeune garçon veille, en gardien solitaire
D’une tombe encor fraîche, calme et déterminé,
En contenant sa peine autant qu’il est possible ;
Si touchant dans la force de sa tendre jeunesse
Et du doux caractère de son être sensible
Durement éprouvé par ce qu’il vient de vivre.
 
Le jeune garçon veille où l’âme se recueille,
Dans ce lieu de prière aux cinq mille cercueils ;
Quand les mots se libèrent de sa gorge nouée,
Dans l’extrême émotion de ce lien préservé,
Il récite un poème adressé à son père
Dont l’image chérie sourit à l’infini.