Empathie des cœurs

Empathie des cœurs

Murmures des voix

Des chansons, des pleurs

Sous le même toit

Hommage et douleur

Visages défaits

Silence, pudeur,

Et tant de regrets

L’être cher est là

Si proche de nous

Mais l’on ne peut pas

Embrasser sa joue

Il est un peu tard

Pour se reprocher

Ce que l’on n’a pas

Dit, écrit ou fait

Tant de souvenirs

Pour nous assaillir

Malgré le respect

De ses volontés

Après les discours

Le compte à rebours

Pour se recueillir

Sans trop défaillir

Un dernier regard

Vers ce lourd miroir

Avant l’au revoir

Pour le Grand Départ

Une âme qui passe

– À Jo


Un oiseau dans le ciel

Au-dessus de la ville,

Est-ce une âme qui passe

Voyageuse tranquille ?

Est-ce un dernier survol

Des lieux de son enfance

Le décisif envol

Après la délivrance ?

Est-ce un dernier regard

Pour embrasser le monde

Et ces êtres aimants

Que le chagrin inonde ?

Est-ce un dernier adieu

À cette vie terrestre

Avant de regagner

L’immensité céleste ?

Toutes nos blessures

– À Étienne et Jo, qui savent combien la douleur n’est pas un vain mot, et à tous ceux qui souffrent, partout dans le monde


Que sont donc toutes nos blessures

Face à ces actes de torture ?

Quand ça nous broie, quand ça nous brûle,

Quand ça nous entaille la peau

Quand cela fait jaillir nos larmes,

Qu’un cri de douleur nous échappe,

Quand la souffrance est si tenace

Qu’elle nous fait courber le dos

Quand ce mal nous anéantit,

Nous coupant le souffle et la voix,

Figé dans un repli sur soi

Pour un temps qui semble infini

Je pense à tous ceux qui endurent

Ainsi des actes de tortures,

Qu’ils soient faits par sadisme pur

Ou pour un renseignement sûr

Que l’on arrache sans merci

Ceux qui l’ont subi dans leur chair ;

Qu’ils soient revenus de l’enfer,

Où qu’ils y aient laissé leur vie,

Qu’ils soient parvenus à se taire

Ou qu’ils aient tellement souffert

Qu’ils aient avoué dans un cri

Même courageux et pugnace,

Qui voudrait échanger sa place

Pour être mis à la géhenne,

Quand il est inimaginable

De supporter l’insupportable

Et rester maître de soi-même ?

Je voudrais saluer ici

Le cran de ces gens ordinaires

Qui dans la tourmente sont pris,

Et rendre hommage à tous les êtres

Remarquables et exemplaires

Bravant sans hésiter l’enfer

Pour défendre quoi qu’il advienne

Ce qu’ils estiment de plus cher,

Prêts à le payer de leur vie.

Elle était

– À Lola, et à toutes celles et ceux dont l’innocence a été sacrifiée… –


Elle était le soleil

Quand ses cheveux de miel

Brillaient tout doucement

Elle était la rivière

Quand son regard bleu clair

Devenait transparent

Elle était l’hirondelle

Qui pouvait d’un coup d’aile

Apporter le printemps

Elle était l’étincelle

De joie dans les prunelles

Des yeux de ses parents

Elle était la jeunesse

Qui chante à la fenêtre

Du haut de ses douze ans

Elle avait tant de rêves,

Et la vie devant elle

Quand elle la croisa

Cette réalité

Sans limite et sans trêve

Qui ne pardonne pas.

J’ai repris le chemin

Le jour de la Saint Juste,

Le cœur empli de larmes,

J’ai repris le chemin

De l’autel des prières,

Après deux ans passés

À espérer la fin

De ces hostilités

Devenues quotidiennes

Le jour de la Saint Juste,

J’ai voulu ajouter

Ma pierre à l’édifice,

Pour que brûle la flamme

Qui réunit les âmes

Autour de nos prières,

Et que cette neuvaine

Nous redonne l’espoir

Le jour de la Saint Juste,

Après tant de sévices

Et de crimes barbares,

Dans ce lieu préservé

Où l’on s’adresse au ciel,

Me suis agenouillée

Pour toucher l’essentiel

Et que cessent ces drames.