La clairière frémit sous la lueur éphémère
De l’aube au teint rosé brillant à l’horizon.
Les feuillages promis aux tendres floraisons
Discrètement secouent leurs perles de lumière.
De doux chuchotements, singulières prières,
Insufflent dans les cœurs un vent de déraison.
Dans leur gangue enfermés, passagère prison,
Les bourgeons impatients rêvent qu’on les libère.
Sous la terre assoupie, par-dessus les nuages,
Se dessine en secret un nouveau paysage.
Encore ce torrent qui gronde dans nos veines,
Ces fièvres, ces désirs, ces ivresses têtues…
La nature emportée par un souffle impromptu
Réinvente nos vies en reine souveraine.
Poème de Esterina
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