Bourrasques de pétales

– À ma mère


Bourrasques de pétales, roses flocons d’avril,

Envolée de fraîcheur dans le matin levant ;

Une Valse des fleurs sur les ailes du vent

Dont la dernière danse éblouit un instant,

Avant de retomber, légères et graciles,

Tirant leur révérence sous le nez des passants.

Tourbillons de pétales, blanches danses d’avril,

Rafales végétales de confettis dociles

Qui s’élancent en chœur pour venir s’échouer

Sur les rives humides des flaques dispersées,

Recouvrant leur surface par vagues successives ;

Délicats paysages enneigés de printemps.

Printemps

(rondel)

Grand soleil ou bourrasque grise,

Le temps change en cette saison ;

L’air vif, sans rime ni raison,

Se fait tempête ou devient brise.

Le ciel bleu du matin s’irise,

Semé de gouttes à foison.

Grand soleil ou bourrasque grise,

Le temps change en cette saison.

Bientôt murira la cerise,

Dans l’arbre auprès de la maison ;

Déjà, l’arbre est en floraison.

Mais pour l’instant, et sans surprise :

Grand soleil ou bourrasque grise…



Poème de Cyraknow
Lien direct du poème

Ronde des saisons

– À Hovhannès


Les feuilles d’automne sont mortes,
Détachées depuis bien longtemps,
Tapissant l’herbe sobrement.
L’hiver passe avec sa cohorte
De frimas, de neige et d’autan,
Portant la froidure en son flanc
 
Mais qui vient toquer à ma porte ?
Qui s’avance jusqu’à chez-moi ?
C’est le printemps qui nous exhorte
À savourer la grande joie
Accompagnant la renaissance
De la nature qui verdoie
 
Et bien que s’éveillent nos sens,
Le printemps qui chante déjà
N’efface pas les feuilles mortes
Que l’automne a semées chez-moi.

Le printemps frappe à notre porte

Le printemps frappe à notre porte,
Ouvrons-lui nos cœurs et nos bras ;
Humons le vent qui nous apporte
Le parfum tendre des lilas
 
N’oublions pas les feuilles mortes
Qui jonchent encor les sous-bois,
Offrant un moelleux matelas
Où se réfugient les cloportes
 
Le printemps frappe à notre porte,
Les fleurs alentour se déploient ;
Mais comment goûter cette joie
Quand la guerre gronde là-bas ?

Boire le printemps

– À mon frère


Boire le printemps à sa source

Humer les parfums de la terre

S’effacer devant la Grande Ourse

Sourire aux beautés éphémères

Goûter la douceur de la vie,

Intemporelle passagère,

La caresse de l’univers

Et tout ce qui n’a pas de prix

Prier pour que la paix revienne,

Pour que les êtres se réveillent

Et, décidant de leur destin,

Reprennent leurs rêves en main.