Graciles pâquerettes

– À ma mère –

Sous les coups redoublés du vent,

Vives bourrasques qui s’enchaînent,

Chahutées sans ménagement

Dans l’herbe au tapis verdoyant,

Oscillant sur leur tige frêle

Ploient les graciles pâquerettes,

Se couchant au gré des tempêtes,

Ondoyants petits soleils blancs

Qui toujours relèvent la tête

Pour inspirer nos vies terrestres,

Et charmer nos regards d’enfant

En illuminant le printemps.

Un seul coup d’aile

– À mon père –

Un seul coup d’aile et un seul cri

Qui me font relever la tête ;

Un seul regard un peu surpris

En apercevant l’arrondi

D’une faucille fendant l’air.

Silhouette dans le ciel gris

Habillée d’un plumage ébène

Qui met le printemps à la fête ;

Les beaux jours commencent à peine,

Les martinets sont de sortie

Et leur présence me ravit.