Quel étrange printemps

Quel étrange printemps,
Eux dehors, nous dedans ;
Postés à la fenêtre,
Intrigués et l’œil rond,
La gorge iridescente
Et l’iris vermillon,
Les pigeons nous observent.
 
Un moineau se balance
Sur la tige ployée
Du fenouil desséché
Pour becquer les bouquets
De son inflorescence,
Brindilles étoilées
Qui viendront tapisser
Son nid entre les branches.
 
À son tour l’étourneau
Est venu récolter
Quelques herbes jaunies,
Gobant sans hésiter
De verts bourgeons floraux
Ronds comme des myrtilles.
 
Seul le chant des oiseaux
Transperce le silence
Et anime les toits ;
Les humains confinés
Restent, chacun chez-soi…
La nature brimée
Reprend enfin ses droits.


12ème jour de confinement pour lutter contre la propagation du Coronavirus – Covid 19 –

A notre porte

Le printemps est à notre porte ;
Les oiseaux célèbrent déjà
Ce renouveau qui nous emporte
Et nous inspire tant de joie.
 
Le printemps frappe à notre cœur
Avec ses sourires, ses pleurs ;
En fines larmes sur l’asphalte
Ou frais soleil dans les hauteurs.
 
À l’abri sous les feuilles mortes
Les plantes deviennent plus fortes
Et se lancent à la conquête
De l’espace et de la lumière.

Rue de la Liberté

Embaumée de glycine rue de la Liberté,
Nuances des lilas aux jardins d’à côté,
L’air fleure bon avril dont la douceur exquise
Rivalise avec mai, dans ses belles journées ;

Parmi cette oasis aux fragrances sucrées
J’hume sans me lasser les capiteux délices
Qui me sont accordés et mon cœur s’éternise,
Douce félicité, rue de la Liberté.

Chatons d’avril

Un rien japonisantes,
Délicates, les branches
Oscillent au gré du vent ;
Leurs chatons se déploient
En chenilles de soie
Tombant nonchalamment
En grappes indolentes.
 
Si certains sont dressés,
Figés dans leur corset,
Les autres, veloutés,
Piquetés de pollen,
Ont saupoudré de jaune
Leurs douces sommités
 
Et les feuilles nouvelles
D’un vert tendre se mêlent
À ces sobres bouquets
Aux souples retombées.
 
Dans la douceur d’avril,
Le pollen est lâché
Comme bulles soufflées,
S’envolant aussitôt,
Dispersé par la brise
Sur les courants d’air chaud
 
Cette poudre fertile
Libérée par bouffées
Se diffuse en nuées
De particules fines ;
 
Poussières volatiles
Qui dans les airs dessinent
Leurs panaches subtils
En fragiles tableaux ;
 
Merveilleuse alchimie
Du vivant qui invite
À regarder vraiment,
Quand fleurit le printemps,
 
Tous ces pollens légers
Qui dansent un instant
Avant de disperser
Leur or aux quatre vents.