Dans le grand sablier du temps

Dans le grand sablier du temps
La vie s’écoule grain à grain
Avec nos joies et nos chagrins ;
Les saisons suivent les saisons
L’année chassant l’année d’avant
Dans un perpétuel mouvement.
 
Devant le sablier du temps
Je m’interroge par moments ;
Combien me reste-t-il de temps
Sur tout ce qui s’est écoulé,
Avant de devoir tout quitter ?
 
Aurai-je le temps de finir
Les projets que j’ai commencés,
Juste avant de devoir partir ?
Dois-je plutôt me ménager
Pour mener plus loin ma monture,
 
Ou me lancer, et tout donner
En me plongeant dans l’écriture
Pendant qu’il en est encor temps,
Puisque l’on ne sait pas vraiment
Quand s’arrêtera l’aventure ?
 
Près du grand sablier du temps
Nous ne sommes que des fourmis,
Chacune ayant sa destinée.
Mais il ne faut pas se leurrer,
Quelle qu’en soit la quantité,
Un jour le sable se tarit.

Cinquante ans

Pour ceux qui se sont égarés
Ou n’ont pas pu réaliser
Les rêves des jeunes années,
Cinquante ans c’est un très bel âge
Pour comprendre enfin qui l’on est.
 
Après ce rite de passage
Une seconde vie commence
Avec un peu plus d’expérience,
Un peu plus de maturité.
 
Souvent les enfants ont grandi,
Ils ont besoin d’autonomie ;
Nous laissant un peu de répit
Qu’il nous reste à bien employer.
 
Si le labeur est monotone
L’imagination est sans bornes.
Quand le travail ne répond plus
Aux attentes que l’on a eues,
Il faut prendre la clef des champs ;
 
Croquer la vie à belles dents,
Essayer de sauter le pas,
Saisir l’occasion qui est là
Car l’histoire ne nous dit pas
Si elle se représentera.
 
L’existence est faite de choix
Qui engagent notre avenir
Mais si nous nous trompons parfois,
Il est pertinent de se dire
Que les décisions que l’on prend
Ne sont pas toutes irréversibles…
 
Tant que notre tête tient bon
Et que notre corps peut la suivre
Tous les espoirs nous sont permis ;
Donnons-nous la chance d’écrire
Au gré de notre inspiration
La plus belle des partitions.

Sais-tu pourquoi

Sais-tu pourquoi je suis heureuse comme ça ?
C’est parce que je pense avoir trouvé ma voie.
 
Après tant de tracas, de découragements,
Tant de renoncements, de fuites en avant,
Tant de tâtonnements, d’erreurs et de faux-pas
En suivant les méandres d’une vie sans éclat ;
 
Voilà que tout s’éclaire car je vois la lumière
Qui brille doucement tout au bout du tunnel.
Fallait-il pour cela attendre patiemment
Que passent cinquante ans ? Oui, très probablement ;
 
Car la vie nous enseigne, l’épreuve nous apprend,
Par petits éléments de ce puzzle géant,
Comment bâtir des ponts pour franchir les rivières
Que nous traverserons quand viendra le moment.

Par la manche

C’est comme si la vie
Te prenait par la manche,
Te prenait par le cœur ,
Au gré de ses envies
Au gré de ses humeurs,

Te prenait par la main
Et te murmurait : « Viens,
Viens goûter les saveurs
Du printemps qui revient ;

Viens goûter le bonheur
De vivre au quotidien
Avant qu’il ne s’échappe,
S’envole et puis se fane.

C’est la dernière danse,
La dernière embellie ;
C’est ta dernière chance
De renaître à la vie
Avant le clap de fin…
Alors saisis-la bien ! »

Puisque tout passe

Profitons de chaque instant
Car tout passe
Les bons, les mauvais moments,
Tout s’efface

Mettons de côté ces peurs
Qui nous glacent
Ne laissons pas notre cœur
Dans l’impasse

Profitons de cette vie
Si fugace
Car les années qui s’enfuient
Nous dépassent

Il y a tant d’êtres chers
Qui trépassent
Et trop de corps en jachère
Qui se tassent

Profitons du temps présent
Sans qu’il lasse
Ne craignons pas d’y laisser
Notre trace

Ayons soif de liberté
Et d’audace
Réapprenons la beauté
Et la grâce

La Mort viendra assez tôt,
La tenace,
Draper de son calicot
Notre face.