C’est le temps qui pleure

C’est le temps qui pleure,*
Vous avez raison,
Ce n’est pas un leurre
Et c’est de saison,
 
Laissez votre cœur,
Par cette oraison,
Chanter sa douleur
Et sa rédemption.



*Merci Julien pour cette émouvante expression.



Texte écrit en réponse à un commentaire de Julien Hoquet suite à son émouvant poème Le masque de la mort.
http://www.toutelapoesie.com/salons/topic/92038-le-masque-de-la-mort/ 

Dès que sonnera l’heure

Dès que sonnera l’heure de revenir vers Elle
Pour évoquer tout bas vos années de bonheur
Laissez-la vous guider vers son autre demeure,
Dans cet espace-là qui vibre encore d’Elle.
 
Quand minutieusement vous aurez rassemblé
Les mille et un éclats des brisures du cœur
Il sera encor temps de déployer vos ailes
Afin de retrouver de la vie les saveurs.
 
Dès que sonnera l’heure de revenir vers Elle,
Votre âme à nouveau libre d’arborer ses couleurs
Faites-lui la faveur d’accompagner vos vers
D’un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.*



* Gratitude éternelle à Victor Hugo à qui j’ai emprunté le dernier vers de son bouleversant poème, Demain dès l’aube

J’écouterai vos silences

J’écouterai vos silences
Et cueillerai s’il le faut
Vos discrètes confidences
Pour vous libérer des maux
Qui meurtrissent l’existence.
 
Durant la terrible épreuve
Je serai à vos côtés,
Quand un rideau de douleur
Tombera sur votre cœur,
Bouleversant vos pensées ;
 
Quand malgré votre chagrin
Il vous faudra renoncer
À l’accompagner plus loin ;
Quand le jour deviendra noir
Comme un cri de désespoir ;
 
Je serai votre soutien,
Une épaule secourable
Si vous en avez besoin
Pour épancher ce trop-plein
D’amour chaviré de larmes.

Que vous dire

Mon ami je ne sais pas
Que vous dire en pareil cas ;
Que conseiller, qui maudire,
Comment doit-on réagir
Face à l’ultime combat
Se livrant sous votre toit ?
 
Cette vie qui se termine
D’une façon si pénible
Pourrait vous anéantir
Si l’on ne s’en soucie pas.
Puis-je adoucir votre peine
Et partager votre croix
Pour en alléger le poids ?
 
Je ne saurais vous laisser,
Comme si de rien n’était,
Dans ce chagrin indicible…
Et si votre cœur se brise
Je serai à vos côtés
Jusqu’à ce qu’il cicatrise.

Vous vous frôlerez la main

Vous vous frôlerez la main
Avant de mêler vos doigts,
Cheminerez en silence
Ou murmurerez tout bas
Des phrases sans importance
Pour éviter que s’entende
Votre cœur qui bat déjà
Follement dans la poitrine.
 
Vous ne regarderez pas
Son visage pour ne pas
Que le trouble s’y devine,
Mais quand vous aurez franchi
Ce cap un peu délicat,
Vous ne pourrez détacher
Vos yeux pris dans ses pupilles.
 
Alors vous rechercherez
Un lieu pour aller danser
Votre premier pas de deux,
Aussi touchants qu’amoureux,
Si timides, maladroits,
Tendres comme on l’est parfois
À cet âge de la vie
Où la conscience de soi
Nous mène à celle d’autrui.
 
Les amours adolescentes
Ont la candeur des émois,
Et ce goût particulier
Des toutes premières fois ;
C’est cette grâce innocente
Que l’on garde et qui flamboie
Pour toujours au fond de soi.