Au jardin des Tuileries

Au jardin des Tuileries

Arbres roux, blondes allées,

Éclats d’or dans les ramilles

Feuilles mortes sous nos pieds

Marronniers d’Inde roussis,

Folioles dentelées

Nervures vertes gagnées

D’ambre et de jade rouillé

Dans ces teintes automnales,

Le carrousel plein de charme

Procure un moment de joie

À quelques rares bambins

Valse des chevaux de bois

Tournant au son des refrains

Des chansons de mon enfance

Qui se perdent au lointain

Douceur de l’air, banc de pierre,

Métal vert, chaises offertes ;

Ton regard posé sur moi

Comme une première fois

Tes yeux qui ne trichent pas,

Attentifs et amoureux,

Regardant à travers l’être ;

Pris par l’élan impérieux

D’immortaliser la scène

Chaleur douce d’un émoi

Poursuivant sa tendre quête

Que le temps n’altère pas ;

L’écho, en toile de fond,

D’un monde en ébullition

Nos échanges profonds

Et nos âmes sincères ;

La trace de nos pas

Laissée dans la poussière

Au jardin des Tuileries

Arbres roux, blondes allées,

Éclats d’or dans les ramilles

Feuilles mortes sous nos pieds

Ta joie de vivre

Qu’est devenue ta joie de vivre,

Où je venais me réchauffer ?

Elle brillait tel un soleil,

Illuminant ton atelier

Elle fusait de tous côtés ;

Crépitant 14 juillet

Elle éclatait comme un orage

Fracassant au cœur de l’été

Elle explosait en étincelles ;

Bois vert dans l’âtre rougeoyant

Elle éclairait le firmament

Tel un brasier de la Saint-Jean


Qu’est devenue ta joie de vivre,

Où je venais me ressourcer ?

Ne se serait-elle égarée

Dans les méandres d’une vie

Dont les épreuves infinies

Nous brisent le cœur à jamais ?