Autour d’un thé

À Jean-François et Marie-Odile

Une rencontre autour d’un thé,

Décor chaleureux, voix feutrée,

Douce atmosphère, liens qui se créent,

Tant de souvenirs à la clef

Qui s’écoulent au fil du temps

Telle une rivière apaisée

Se promenant à travers champs.

Plafond bas et poutres taillées

Couleur ivoire, lieu coquet,

Papier peint aux roses bouquets,

Meubles anciens au beau cachet,

Peints, sculptés, patine des ans ;

Menus objets, paniers tressés,

Zests d’agrumes desséchés

Qui se déroulent en rubans ;

Charme des objets familiers

Que l’on prend plaisir à chiner

Au gré de ses affinités ;

Marbre, fonte, faïence ou grès,

Jolies théières et pichets

Harmonieusement disposés.

Dans un bocal, quelques guppys

Se poursuivent sans aucun bruit,

Projetant les mille étincelles

De leur corps vif où se reflète

Une lumière mordorée.

Fenêtre sur cour, sol pavé,

Feuilles vertes et fer forgé ;

Derrière la porte vitrée

Un piano attend, désœuvré,

Que des mains viennent y jouer.

C’est l’âme d’un Paris secret 

Palpitant au rythme inspiré

D’une sonate d’amitié.

S’en aller tous les deux

S’en aller tous les deux

Jusqu’au bout de la terre

Pour aller voir la mer

Partir en amoureux

Pour caresser des yeux

Les rochers millénaires

S’émerveiller du jeu

Des vagues éternelles

S’échouant sur la grève

Voir planer dans les cieux

L’oiseau majestueux

Survolant l’océan

Méditer un instant

Et formuler un vœu

En écoutant le vent

Macaron framboise

S’asseoir à la terrasse d’un café tous les deux,

Pour deviser gaiement, les yeux au fond des yeux.

Déambuler ensuite dans les rues de Paris,

Ta main prenant la mienne pour savourer la vie.

Déguster un gâteau à la pâtisserie,

Délicat macaron d’un rose coloris        

Aux éclats de pistache, de framboises garni,

Parfumant nos baisers à la saveur du fruit.

Dans ton regard

Voir le désir dans ton regard,

S’ouvrir au langage sans fard

Des corps dansant leur symphonie ;

Goûter la saveur de tes lèvres,

Venir se mêler à ta fièvre,

Aimer, sous tes mains qui caressent,

Dans l’empressement de tes gestes,

La tendre douceur de ta peau

Lisse et soyeuse comme l’eau,

Et le chant vibrant de la vie

Qui se décline à l’infini.