J’aime les jours riants

J’aime les jours riants, aux baisers d’hirondelles ;

L’air chaud et transparent parfumé de printemps,

La douceur de l’aurore aux fugues éphémères

Et celle du couchant aux teintes d’orient

J’aime les jours riants, embaumés de troène ;

La fleur de papillon s’éveillant prestement,

Le figuier odorant, l’ombre fleurant la terre,

La caresse des anges dans le souffle du vent

J’aime les jours riants de tendresses humaines ;

Les cadeaux de la vie partagés simplement,

Les bouffées de bonheur qui soudain nous traversent,

Les âmes habitées du feu des sentiments.

Elle veut un poème d’amour

– Pour ma fille –


Elle veut un poème d’amour,

Quelle requête surprenante ;

Je lis dans ses yeux l’espérance

De découvrir ces vers un jour

Elle veut un poème d’amour

Mais le sujet est délicat,

Intime et si vaste à la fois ;

Comment répondre à sa demande ?

Cela ne se commande pas

Elle veut un poème d’amour,

Comme mes écrits d’autrefois ;

Quand s’exaltaient les sentiments

D’une âme solitaire et tendre

Au cœur tremblant et maladroit

Elle veut un poème d’amour

Qui mette son cœur en émoi ;

Un poème de troubadour

Chantant une nouvelle fois

Ce bonheur et ces tourments-là

Elle veut un poème d’amour

Inspirant l’imagination,

De ceux qui donnent le frisson

Et vous transmettent pour toujours

La lueur d’un enchantement,

Dans l’absolu des sentiments

Elle veut un poème d’amour,

Dans la fougue de sa jeunesse

Brûlant d’un désir palpitant,

Portée par la douce allégresse

D’arriver dans la cour des grands

Elle veut un poème d’amour,

Et je n’ai pas ce qu’elle attend.

La tête étourdie

J’ai la tête étourdie de mille chants d’oiseau,

De vignes, de tonnelles, de vent dans les roseaux

J’ai les yeux éblouis d’un soleil clair et beau,

D’une danse d’abeilles, d’un lumineux plan d’eau

J’ai le cœur attendri de bouquets d’amitié,

De partages sincères, de gestes spontanés

J’ai l’esprit enhardi d’êtres sur qui compter,

De rêves motivants et d’exaltants projets.

Tout contre toi

Et là, tout contre toi, j’oublierai les blessures

De la vie qui rudoie, des déceptions qui durent ;

De là, où que l’on soit, je prendrai la mesure

De ton amour pour moi, dans tes bras qui rassurent

Et lors, dans cette ville, parmi tant d’inconnus

Qui se cherchent, se frôlent, se pressent dans la rue,

Je laisserai couler telle une douce pluie

L’énergie de l’amour, essence de la vie.

Ce rameau

Tu m’as offert ce rameau
Comme tu m’offris ton cœur,
Entièrement, sans partage,
Pour la vie, pour le bonheur
D’ainsi bénir ma demeure
Et nous garder du tangage
Généré par le chaos
Dont le douloureux écho
Si près de nous se propage.
 
Tu m’as offert ce rameau
De buis dont est fait la croix,
Et bien sûr que je te crois
Quand tu me dis : « N’oublie pas… »
Car l’espoir n’est pas de trop
Aux quatre points cardinaux.