Une histoire douce

– À Cecile –


C’était une histoire douce
Comme nous en rêvons tous
Quand la vie nous a blessé
Et que l’on a supporté
Ses douloureuses secousses ;
 
La traversée du désert,
En longues années amères,
Avant de croiser la route
De l’Amour, sans aucun doute.
 
Le musicien a soufflé
Dans le bois d’abricotier
 
Le musicien a joué
Sa poignante mélopée
 
Le musicien a conquis
Les oreilles de sa belle
 
Mais le doudouk ensorcelle
L’âme bien mieux que l’ouïe.
 
Elle a trouvé l’âme sœur
Et lui, son ange gardien.
Par la force de ce lien,
Tendrement ils ont bâti
L’assise de leur demeure
Dans la paix et l’harmonie,
 
Partageant au fil des jours
La promesse du bonheur
Et la tendresse d’un cœur,
Qui s’habille de velours…
 
Mais la vie reprend toujours
Les cadeaux qu’elle nous fait,
Nous rappelant sans détour
L’impermanence des jours.
 
Le musicien a quitté
Son existence terrestre,
Pour gagner l’éternité
Dont il a rejoint l’orchestre.


En hommage à Arayik BAKHTIKYAN, maître du doudouk.

Un cœur dans le ciel

Si l’on veut se prêter
À cette fantaisie,
La vie est étonnante
Et nous envoie des signes
Empreints de poésie ;
 
Dans l’aurore naissante,
Je regardais le ciel
D’un bel azur limpide
Qui se teintait de rose,
Au-dessus de Paris,
 
Lorsque surgit soudain,
Devant mes yeux ravis,
Flottant au gré du vent,
Un gros ballon brillant
Libéré de son lien.
 
C’était un cœur géant
Envolé dans l’éther,
Rose métallisé,
Dérivant dans les airs
En pleine liberté…
 
Quelle main étourdie
A bien pu le lâcher ?
Quel amoureux transi,
Ou quel enfant distrait
L’a laissé s’échapper ?
 
Je le suis du regard,
Navigant au hasard,
Jusqu’à ce qu’il s’éloigne
De mon champ de vision,
 
Poursuivant sa mission
Pour peu que quelqu’un veuille
Observer son parcours,
Et garder dans le cœur
Ce flamboyant clin d’œil,
Symbole de l’amour.