Sur le pont

– À ma mère –

Tu es là, debout sur le pont,

Sur tes proches toujours veillant ;

Famille, enfants, petits ou grands,

Sans ménager ta peine

Et sans compter ton temps

Tu es là, debout sur le pont,

Guettant l’horizon, vigilante,

Gardant le cap au fil des ans

Malgré les obstacles présents,

Les doutes et les défaillances

Tu es là, debout sur le pont,

Avec courage et bienveillance

Tenant la barre par tous les temps,

Pliant les voiles ou les hissant

Vers le cap de Bonne Espérance

Jour de neige

– À ma fille –

Aube nouvelle, blanche clarté,

Manteau de splendeur et de calme ;

Un enfant pressé de marcher

Furtivement pose le pied

Sur cette neige douce et froide

Ses empreintes de pas laissées

Sur le tapis immaculé

Qui croustille sous ses semelles,

Le voici donc, trotti-trottant

Dans l’épaisse couche moelleuse,

Traînant les pieds dans la poudreuse,

Heureux des sensations nouvelles

Qu’il découvre, le cœur allègre,

Façonnant des boules de neige

Entre ses gants floqués de blanc

Un enfant à soi

– À C. –

Des enfants chantant à tue-tête

D’autres jouant ici et là ;

Tout est espoir pour ceux qui peinent

À recevoir la vie en soi

Un enfant où l’on se projette,

Pour qui l’on chantonne à mi-voix,

À qui tendrement l’on s’adresse ;

Un bébé que l’on couve en soi

Des enfants criants, espiègles,

Courant essoufflés à deux pas ;

Tout est douleur pour ceux qui perdent

Ce fruit qui grandissait en soi

Des enfants qui rient aux éclats

Et tout en chahutant t’escortent ;

Tout est souffrance à ceux qui portent

Ce vide immense au fond de soi

Un enfant venant sur la Terre

Et s’incarnant pour quelques mois,

Guidant l’amour de l’univers ;

L’éternité lui tend les bras