Entre mer et ciel

– À Hovhannès –


Entre mer et ciel il y a le vent

L’écume des vagues teintées du levant

Entre mer et ciel il y a les roses

Et les orangés dans la même osmose

Entre mer et ciel il y a l’intense

Lumière céleste couleur d’espérance

Entre mer et ciel il y a le vent

L’écume des vagues et le firmament



D’après le tableau de Hovhannès Haroutiounian,
Mer et ciel, 2023
Huile sur toile, 60 x 73 cm

La voix du poète

Une voix singulière qui monte de la terre

Pour chanter l’univers

Une voix millénaire, traversant les murailles

Jusques à nos oreilles

Une voix véritable dont le chant se dévoile

Sous des strates d’écrits

Une voix mémorable jaillissant des entrailles,

Qui murmure ou mugit

Une voix qui s’étonne, qui chuchote, frissonne,

Fait entendre son cri

Une voix qui se donne, durablement résonne

Et qui s’évanouit

Cette voix essentielle qui parfois se révèle

En nos âmes saisies

C’est la voix du poète s’adressant aux étoiles

Et inspirant nos vies


« Un peuple qui perd sa poésie perd son âme »

Jean-Pierre Siméon

Un pont

– À T. L-C. pour ses réflexions poétiques et ses partages inspirants –


C’est un pont qui relie nos deux pays voisins

Un pont emblématique aux ailes métalliques

Qui semblent rebondir en traversant le Rhin,

Solide éclaboussure d’un ricochet sur l’eau

C’est un pont unissant deux peuples frontaliers,

Un pont venant sceller des années d’amitié ;

L’arche patriotique qui éclaire la nuit

Aux couleurs de chacun, alternant nos drapeaux

Un pont entre deux terres, proches et familières,

Deux cultures liées, malgré des caractères

Bien souvent opposés, portant haut leur flambeau

Pour venir éclairer ces rives mélomanes

C’est un pont projetant dans le ciel étoilé,

Joliment orchestrés le long de ses filins,

Par les noires vesprées de lumineux faisceaux,

Des couchants alsaciens aux aurores rhénanes

Sur ce pont coloré, rythmé par les tramways,

Où l’on circule à pied aussi bien qu’à vélo,

Parmi ce bleu profond, au rouge et blanc lié,

Un petit LED changeant doucement oscillait

Vacillant feu follet paraissant hésiter,

Ne sachant pas vraiment quelle teinte arborer ;

Lumignon dissident qui tout à coup semblait

Être l’essence même de notre esprit français

Par son côté frondeur, assez contradictoire.

Ce petit LED que vous seul aviez remarqué,

La touche humoristique qui vous avait charmé,

Non sans quelque fierté clignotait sa victoire.


« Cet ouvrage d’art, qui enjambe le Rhin et traverse une frontière fort symbolique entre la France et l’Allemagne se doit de la franchir d’un pas léger, sautillant, comme un ricochet à la surface de l’eau. »

Marc Barani

Pont Beatus-Rhenanus, du nom de l’écrivain, philosophe et humaniste alsacien.

Architecte Marc Barani. Mis en lumière par Ingelux.

 

En l’église Saint-Eugène-Sainte-Cécile

Il règne en ce lieu saint, quand on passe la porte

Un parfum singulier qui soudain nous emporte ;

Fragrance de bougies et de fleurs en bouquets,

La bruyère et les lys embaumant la travée

Il règne une douceur en ce lieu préservé,

Par les senteurs mêlées des boiseries anciennes,

La patine cirée de son plancher de chêne,

La chaleur des essences habilement sculptées

Il règne une lumière en ce lieu de piété

Où l’orgue remarquable inspire le respect ;

Les vitraux élevant les esprits transcendées

Par la foi véritable jusqu’aux cieux étoilés


Il règne une atmosphère de ferveur et de paix

De grande quiétude et de solennité

Par chaque cierge blanc pieusement allumé,

La succession des âmes qui nous ont précédés

Et toutes les prières qui se sont envolées


https://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Paris/Paris-Saint-Eugene.htm#HP

Ce souffle

Ce souffle qui me traverse,

La douloureuse caresse

Du doudouk chantant sa peine ;

La mélodie contenue

D’une basse continue

Qui fredonne dans mon âme

La chanson de Komitas

Ce souffle qui m’accompagne,

Passant à travers les siècles

Et transmettant la tristesse

D’une complainte arménienne ;

Douceur et mélancolie,

Délicatesse infinie

Du chant de Narekatsi


Komitas : est un prêtre apostolique, ethnomusicologue, compositeur, chanteur, pédagogue, et conférencier arménien. Survivant du génocide de 1915, on lui doit la sauvegarde du patrimoine musical arménien.

Grigor Narekatsi : ou Grégoire de Narek, est un moine, poète mystique et compositeur, représentant de la poésie arménienne médiévale du Xème siècle.

Komitas – Krunk (La grue) – Varuzhan Margaryan

Grigor Narekatsi – Havoun Havoun (Oiseau Oiseau) –

Mélodie de la Résurrection – Sergey Khachatryan

« Mon cœur est comme une maison en ruines…

Les oiseaux sauvages construisent leur nid là où se trouvait autrefois ma maison…

Le cœur des sans-abri est sombre et s’est égaré.

Oh cœur, ne désespère pas ! »

Grigor Narekatsi Havun, havun (Oiseau, oiseau) – extrait de l’album « KOMITAS – Chœurs Sacrés »

Solo de Seyran Avagyan

Yerevan State Chamber Choir