Parc de l’Orangerie

– À Thierry L.-C. –


Par un bel après-midi,
Parc de l’Orangerie,
Près des roses j’ai croisé
Un amateur de beauté ;
Collectionneur des parfums
Qui embaument nos jardins.
 
Ainsi plongés dans les cœurs
De ces belles raffinées
Aux capiteuses senteurs,
Nous finîmes peu à peu
Par nous trouver nez à nez
Au-dessus de ces rosiers.
 
Lors de pétale en pétale
Et d’effluves en effluves,
Roses musquées, roses thé,
Unies, poudrées, panachées,
 
La langue enfin déliée
Par la troublante fragrance
Déposée sur le papier
D’une rose stylisée,
 
Nous avons pu échanger
Sur nos centres d’intérêt
Et, de métier en métier,
Sur la passion de créer…

Portrait d’une Pie

Familières et contrastées,
Notes de plumes sur un clavier
Qui se déploie dans l’azuré
D’un ciel aussi bleu que l’été,
 
Dans une élégante envolée,
Elle est passée si près de moi
La belle au plumage de jais,
Gantée de ses blanches rémiges,
 
Que je ne pouvais me priver
D’écrire sous son beau portrait
Ces vers qui scellent son prestige.
 
 
 

D’après le tableau de Hovhannès Haroutiounian
La Pie, 2020, huile sur isorel, 35 x 50 cm

S’il fait beau demain

– À Matilde Gennari
et Danila Massara, danseuses –


Deux âges pour deux visages,
En filigrane, le phare…
Coiffures sages en nattes,
Tresse brune, tresse blonde,
Éclairage tamisé
Robes sombres, robes longues,
Robes d’un siècle passé…
 
Sur la scène sont placés
Des cadres en fer forgé ;
Fenêtres grandes ouvertes
Sur la vie, et sur le temps,
Qui va et vient et s’écoule
Comme jaillie d’un torrent
Dans un tourbillon puissant.
 
Le vent, la mer et la voix
Vibrante de Virginia,
Dans la vivante mouvance
Des petits riens de la vie,
Quelques mots ou quelques phrases
Reprises, ici ou là,
Se répétant à l’envi
 
La fraîcheur et l’énergie,
L’expérience se rassemblent
Et se mêlent à la grâce
De cette émotion qui passe…
Dans le costume entravée,
Bruissant avec élégance
Se révèle la beauté
Onirique de la danse.

La douceur de la vie

La douceur de la vie,
C’est un rai de lumière
Caressant les paupières
Du bébé endormi
 
L’enfant pleine de vie,
Ou cette jouvencelle
Qui, déployant ses ailes,
Vole et s’épanouit
 
C’est la femme amoureuse,
L’éternelle rêveuse,
La mère qui allaite
Tendrement son petit
 
Celle qui nous inspire
Et balaie d’un sourire
L’étendue de sa vie,
Avec cette indulgence
Des gens qui ont compris
Ce qu’ils faisaient ici,
 
Puis, avec élégance,
Tire sa révérence
Avec le sentiment
Du devoir accompli.

D’après le tableau de Hovhannès Haroutiounian
La douceur de la vie, 2019
Huile sur toile, 130 x 162 cm