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Merci aux poètes et poétesses d’avoir accepté de partager quelques uns de leurs écrits sur cette page.

La fin de la nuit 

brûlante

             mon épaule

prisonnière de ses mains

                                      brûlantes


sous un pied qui s’étire,

le drap crisse dans un bruit rêche


comme en été quand, sur la plage,

dans l’étreinte du sable

                                  et de la mer,

on perçoit, à demi assoupi,

allongé l’oreille collée au sol,

ce même bruit ténu,

craquements imperceptibles

des grains entraînés par la vague

et roulant sur eux-mêmes

en un mouvement infini

au gré de la houle, du vent

                             et des marées


et que sur notre épaule,

au soleil de l’été,

nous sentons la même brûlure

que quand, à l’aube, ses mains

s’attardent sur nous

                         et nous étreignent


ressuscitant en nous, pour un jour,


le désir de vivre


               dans une vraie fête


                        du coeur et des sens


Poème de Jped
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Sextine contre l’oubli

Te souviens-tu des jours où tu n’étais pas loin ?
Ton regard sur la vie était comme un message.
Il disait : « Ami vois et sois en le témoin !
Car tout autour de moi, la mer comme un passage,
Fera qu’à l’horizon le ciel n’est plus qu’un point
Vers lequel tu oublies qu’il y a des nuages. »

Quand ton long manteau vert enrobait mes nuages
Et faisait qu’avec eux mon soleil semblait loin,
Les cormorans criaient mais tu n’entendais point
Le vent qui emportait au loin tous leurs messages.
Mais tu sais mon amour, petite fée pas sage,
Tu sais qu’il t’appartient et Dieu m’en est témoin

Alors pour notre union, point besoin de témoins.
Ils sont là bleus ou verts ces fabuleux nuages,
Ils célèbrent pour toi le rite du passage.
Je tends vers toi la main mais tu es déjà loin.
Ton regard n’est pas triste, il m’envoie son message :
« Regarde à l’horizon et si tu vois un point,

Ne rage pas, amour, ne lève pas le poing
De cette haine ouverte en guise de témoin !
Que ton âme en colère oublie tous ces messages,
Car le mensonge altère et noircit mes nuages.
Vois ton cœur et mon âme, elle n’est jamais loin.
Regarde l’horizon, c’est là notre passage ! »

Ô toi qui n’es plus là, je ne serai pas sage !
L’indifférent oubli, je ne pardonne point.
Qu’ils sortent de mon cœur et s’en aillent au loin,
Ces êtres consolés et tous ces faux témoins,
Là je maudis ce ciel. Que le leur s’ennuage !
Et maintenant pour eux, je n’ai plus de message.

Tu traçais sur le sable, un dessin, un message,
La dune autour de toi s’érigeait en passage
Et le ciel et la mer se fondaient en nuages.
Le coquillage rare était entre tes poings.
Tu les gardais fermés, c’est un précieux témoin.
Te souviens-tu ma mie, je n’étais pas très loin.

Quand aujourd’hier encor je relis ton message,
Tu souris; c’est l’invite à refaire le passage
Aux amours éternels entre tous les nuages.


Poème de Emrys
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La boîte de Pandore

Hors de son coffret, subrepticement
Le mal s’est glissé, à l’insu des gens.
La boîte était close, hermétiquement,
Du moins le crut-on, si ingénument…
 
Quelques bribes échappées
Sur les sombres hémisphères
De peuples obnubilés
Par leurs urgentes affaires…
 
Nul ne guette, ne s’inquiète,
Tourné vers son lendemain,
De ces infimes alertes,
Chacun se lave les mains.
 
Cette substance insidieuse
Tel un funeste breuvage
Répand ses mœurs pernicieuses
Corrompt, vicie, se propage.
 
Les esprits sont retournés,
Aveuglés par ce poison,
Les cœurs sont anesthésiés,
Fermés à la compassion.
 
Plus de place à la raison,
Emmuré de certitudes,
On chérit la trahison
Pour conserver sa quiétude !
 
« Vous, Humains inconséquents
Qu’avez-vous laissé paraître ?
A quoi songiez-vous donc quand
Le serpent semblait renaître ?
 
– Ce monstre aux mille visages
Sous ses travestissements,
Comment donc être assez sage
Pour décrypter son roman ?
 
– De toutes vos lâchetés,
Vous éteignez sans scrupule
L’éclair de lucidité,
Courant vers le crépuscule.
 
– Mais qui donc a délivré
La source de cette haine ?
Qui a laissé s’échapper
Autant de misère humaine ?
 
– Vos yeux fermés, je le crois,
Votre égoïsme immobile.
Tel l’Œdipe d’autrefois,
Vos destinées se profilent.
 
Vos idéaux dévoyés,
Reviennent en boomerang,
Vos beaux rêves dévastés,
S’écroulent fatalement,
 
Dévorés par la gangrène.
Le mal accroît son emprise,
S’insinue dans chaque veine,
L’horreur se généralise
En hécatombes prochaines. »
 
Restera-t-il seulement
L’Espérance qui anime
Depuis le fin fond des temps
Le cœur des hommes victimes ?


Poème de Esterina
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Mémoire de feu

au loin,

entre les branches noires

du grand arbre,

gerbes de feu argent et or

sur fond bleu-noir

du ciel au crépuscule

et en écho assourdi

au tréfonds de la mémoire,

les lambeaux de feu

les vomissures sublimes

et vénéneuses

du volcan inconnu

des montagnes du Salvador

qui flamboie dans la nuit

sous nos yeux effarés

d’innocents étrangers

errant dans des forêts

séduisantes et fourbes

à deux pas du monstre

amérindien

dont le réveil violent

fait fuir les singes hurleurs

et les oiseaux criards

dans un feu d’artifice

                de fin du monde


       . . . . . . . .


ici, très haut

au-dessus du grand arbre

aux branches noires

l’étoile du soir

luit

dans la paix retrouvée de la nuit


Poème de Jped
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