Après la canicule

Multitude de tiges dans ces champs de passage
Qui doucement dessinent d’étranges personnages,
Quand les feuilles dessèchent et se recroquevillent
Pendant la canicule…
 
Certains dressent la tête, recherchant la lumière,
D’autres sont résignés et penchent vers la terre
Leurs sombres capitules
 
Mais bientôt viendra l’heure des dernières récoltes ;
Les passereaux pourront picorer à leur aise
Ces tentantes corolles.
 
L’Hélianthe couronnée, dont le garde-manger
De graines se quadrille en réseaux de résilles
Aux lignes spiralées
 
Après le miel et l’huile, offrira ses bienfaits
Aux oiseaux affamés.

En passant par le jardin

En passant par le jardin où j’avais humé les roses,
J’ai constaté leur déclin parmi tant de belles choses ;
Brûlées par les feux ardents d’un implacable soleil
Les fleurs s’étaient desséchées, figées en un long sommeil.
 
Une subtile élégance enveloppait ces bouquets
Suspendus dans leur croissance, et leur destin m’a touchée,
Car à travers ces pétales trop vite déshydratés
Flottait l’harmonieuse grâce de leur beauté surannée ;
 
Teintes douces, peau diaphane, violets tendres, blancs cassés,
Poésie de ce qui fane, où s’attardent nos pensées…
En passant par le jardin où j’avais humé les roses
Et caressant le vélin de ces fleurs à peine écloses,
Je me suis laissé gagner par leur charme désuet.

Bergère

– À Marie July –


L’aurore est déjà levée,
J’ouvre les yeux tu es là,
Là, juste au-dessus de moi,
Environnée de lumière
Dans un écrin bleu pastel
Où dansent des Martinets.
 
Ils virevoltent, légers,
Improvisent un ballet
Semblant dire qu’il est temps
Maintenant de se lever
Afin de faire le plein
De l’énergie du matin.
 
Mais voilà que tu te drapes
D’une écharpe de nuages
Dissimulant à ma vue
Ta présence délicate,
Avant que le vent se charge
De les entraîner plus loin.
 
Reste un ciel pommelé
Tel un champ de doux flocons
Garni de petits moutons
Semant leurs blanches toisons ;
Et tu veilles ma bergère
Sur ce paisible troupeau,
Avec un sourire aux lèvres
Sans prononcer un seul mot.