Le voleur d’œuf

Le voleur d’œuf a frappé

Et je n’ai rien remarqué ;

Je ne me suis absentée

Pourtant qu’un très court instant

Mais les deux jolis œufs blancs

De la pigeonne hébergée

Se sont volatilisés

Comme par enchantement

Qui les a subtilisés ?

Est-ce une pie affamée,

Où la corneille qui erre

Sur le toit de graviers,

Recherchant un aliment

À se mettre sous la dent

Pour le petit déjeuner ?

Rien ne peut les accuser.

Le voleur incriminé

Ne sera pas inquiété ;

Il a repris sans tarder

Le cours de sa destinée.

Tourbillonnez, les martinets

Tourbillonnez, les martinets,

Tourbillonnez au vent léger,

Zébrez le ciel pur de vos ailes

Vibrez dans l’azur aquarelle

Tourbillonnez, les martinets,

Enchantez nos yeux étonnés

De vos troublantes arabesques ;

Vivez votre vie romanesque

Sans jamais venir vous poser

Tourbillonnez, les martinets ;

Sifflez l’arrivée de l’été

De l’aurore à la nuit tombée,

Et surtout n’oubliez jamais

De revenir me saluer.

Électricité dans l’air

Éclairages spontanés,

Clignotement des nuages ;

Foyers d’électricité

Dont les lueurs se propagent

Lumière des grands contrastes,

Entre jaune et gris plombé,

Ocre laiteux des nuées,

Halos sourds qui se déplacent

Éblouissements célestes,

Pyrotechnie orchestrée

Par le maître des orages,

Prestidigitateur né

Donnant de la profondeur,

Un relief particulier,

À cette nuit traversée

Par tant d’éclairs de chaleur.

Fracas de pluie

Fracas de pluie tambourinée

Percussions de tambours frappés

Cavalerie d’eau martelée

Flots transparents, ciel éploré

Cataractes d’eau cumulée

Chevaux d’argent, vitre penchée,

Crépitements de tous côtés

Des hallebardes projetées

Crescendo de pas trépignés

Redoublant de vivacité ;

Le toit résonne au cadencé

Du bruit sourd de l’eau déversée.