Ephémères

Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept

Patientent les Éphémères

En semis sur les carreaux,

Frêles esquifs amarrés

Sur la paroi verticale,

Leurs ailes fines dressées

Comme autant de chars à voile

Se préparant au départ

D’une course programmée

Lentement ces éphémères

Que l’on croirait pétrifiés,

Ou peut-être hypnotisés

Par ce miroitant reflet ;

Se transforment, solitaires,

Et restent, troublant mystère,

Sans rien boire ni manger,

Les ailes jointes serrées

Dans une même prière

Au petit matin ils quittent

L’enveloppe de chitine,

Libérant leurs corps léger ;

Abandonnant leur mue grise

Restée fixée à la vitre

Pour terminer en beauté

Dans une ultime envolée,

Ballet d’amour éphémère,

Leur existence si brève

Quelle fée

– À Kévin –

Quelle fée a laissé

Son empreinte irisée

Sur la feuille ajourée ?

Est-ce un coléoptère

La frôlant de ses ailes

Aux teintes arc-en-ciel ?

Est-ce une libellule

Venue tremper sa plume

À l’encre de la lune ;

L’iridescente bulle

Aux reflets chatoyants

Se posant un instant ?

Serait-ce un scarabée

Au dos métallisé

Faisant du toboggan

Sur la feuille mouillée ;

Ou le sieur escargot,

Ne mâchant pas ses mots,

Venu se promener

Sur ce vert marchepied

Aux très gourmands attraits ?