Gent ailée des balcons

Le soleil s’est levé au-dessus de la ville

Grosse boule enflammée sur les toits blancs de givre

La jardinière d’eau réservée aux oiseaux

S’est changée dans la nuit en un bloc de granit

Le beurre éparpillé en tout petits morceaux

N’est pas resté longtemps sur les herbes gelées,

Les trois pies à l’affût ne s’y sont pas trompées,

Les picorant du bec avec avidité

Puis sont venues, discrètes, les belles à collier

Fidèles tourterelles, robe beige rosé,

Délicatesse même et douceur incarnée,

Craintives à l’excès mais assez affamées

Pour venir explorer les recoins oubliés,
Osant pour l’occasion tenir tête aux pigeons

Pour sauver quelques graines de tournesol doré

De leur gloutonnerie à peine rassasiée.

Le voleur d’œuf

Le voleur d’œuf a frappé

Et je n’ai rien remarqué ;

Je ne me suis absentée

Pourtant qu’un très court instant

Mais les deux jolis œufs blancs

De la pigeonne hébergée

Se sont volatilisés

Comme par enchantement

Qui les a subtilisés ?

Est-ce une pie affamée,

Où la corneille qui erre

Sur le toit de graviers,

Recherchant un aliment

À se mettre sous la dent

Pour le petit déjeuner ?

Rien ne peut les accuser.

Le voleur incriminé

Ne sera pas inquiété ;

Il a repris sans tarder

Le cours de sa destinée.

Tourbillonnez, les martinets

Tourbillonnez, les martinets,

Tourbillonnez au vent léger,

Zébrez le ciel pur de vos ailes

Vibrez dans l’azur aquarelle

Tourbillonnez, les martinets,

Enchantez nos yeux étonnés

De vos troublantes arabesques ;

Vivez votre vie romanesque

Sans jamais venir vous poser

Tourbillonnez, les martinets ;

Sifflez l’arrivée de l’été

De l’aurore à la nuit tombée,

Et surtout n’oubliez jamais

De revenir me saluer.