La plage à marée basse

Sable à perte de vue jusqu’aux eaux céladon

Où scintille un soleil éblouissant les yeux,

Surface accidentée, champ de bosses et creux,

Monticules dressés arborant au sommet

Des spaghettis sculptés en tortillons de sable.

L’eau s’écoule sans fin vers le vaste horizon,

Longs serpents qui se fraient dans l’arène grisée

Des chemins ondoyants, laissant dans leur sillage,

Sur la grève ridée par le reflux des vagues,

Ces écailles fluides aux transparents reflets.

L’océan balayé, la plage à marée basse

Rejoint les parcs à huîtres sur l’estran déserté.

Les poches grillagées côte à côte alignées

S’étalent sur des cadres aux ferrures rouillées

Où viennent se mouvoir des chevelures d’algues.

Moustique dans la nuit

Il se présente à tout moment, mais le plus souvent dans la nuit,

Tournoyant avec insistance près de votre corps endormi,

Vous réveillant sans repentance, vibrant du refrain lancinant

Zonzonné contre votre oreille, qui très vite vous exaspère

Et vous empêche pour longtemps de replonger dans le sommeil.

Il s’installe sournoisement et guette sa proie démunie

Qu’il vient harceler sans répit, revenant toujours à la charge

Avec une énergie tenace et un insatiable appétit.

La victime qui se débat contre cette sangsue volante

Ne pourra pas lui échapper sans équipement adéquat,

Sauf en se terrant sous les draps malgré la chaleur étouffante.

Il est parfois de vains combats qui nous laissent désemparés

Face au regrettable constat de pieds ou de doigts boursoufflés

Par les piqûres répétées. Bien malin qui l’attrapera !

Allumez, il disparaîtra, invisible à nos yeux cernés,

Sur le mur où il s’est posé ou sur le meuble d’à côté.

Quand le jour aura diffusé sa lueur entre les volets,

Le brigand se sera sauvé, ou se sera dissimulé

Dans un endroit hors de portée, à moins qu’une main plus futée

Vienne d’un seul coup l’achever, scellant ainsi sa destinée.