Des cieux de graphite plombés

Des cieux de graphite plombés,

Des ramures enchevêtrées

Dans un décor de fin du monde

Et, dans ce ciel enténébré

Où les oiseaux volent en nombre,

Une lumière nous inonde,

Déchirant le voile des ombres,

Illuminant l’obscurité,

Éclaboussant de sa blancheur

Ces nuées métamorphosées,

Et faisant renaître en nos cœurs

L’espoir d’un avenir meilleur.

Deux mésanges charbonnières

Aux premiers rayons solaires,

Deux mésanges charbonnières

Volettent de-ci de-là

Autour de mes jardinières,

Picorant par-ci par-là

Le persil monté en graines

Ou l’insecte minuscule

Elles se perchent, légères,

Aussi vives que craintives,

Suspendues la tête en bas

Sur les branches oscillantes

Ou sur les tiges des plantes

Qui se cambrent sous le poids

De ces pelotes de plumes

Qui joliment zinzinulent

Puis, vite, se désaltèrent,

Et s’échappant d’un coup d’aile

Par où elles étaient venues,

Disparaissent dans les airs,

Se dérobant à ma vue.

Retour des Noctuelles

L’on peut convier qui l’on aime,

D’autres s’invitent d’elles-mêmes,

Telles ces rondes chenilles vertes

Qui colonisent les feuillages

Et festoient sans aucune gêne,

Dévorant tout sur leur passage.

C’est une question de dosage,

En témoigne le paysage

Désolé de mes jardinières ;

Dressant sa tige solitaire,

Le brocoli privé de tête

A perdu toute sa superbe

Et ce qu’il reste du rumex

Est la végétale dentelle

De ses nervures moins digestes…

C’est le retour des Noctuelles.

Lors, tu verras au loin

– À Thierry L.C. –


Ascension solitaire au cœur du Pays basque

D’un grimpeur amoureux de ses chères montagnes ;

Des ciels majestueux, jusqu’au papillon brun

Qui passe en voletant lui effleurer la main

Le silence absolu, l’apaisement total,

Troublé de temps en temps par la chanson du vent

Ou le tintement clair des cloches de métal

D’un groupe de pottoks qui broute librement

Ces vastes pâturages riches d’une herbe grasse

Qui s’étend alentour et verdit les sommets ;

Merveille des hauteurs à l’horizon bleuté

Où le soleil s’échappe de nuées argentées.

Une araignée dans les airs

Une araignée dans les airs
Se détache sur le ciel
D’un éther céruléen,
Suspendue à mi-chemin
Entre un platane encor vert
Et l’écran publicitaire
Affichant un mannequin
Dans des dessous de dentelle.
 
Une araignée acrobate,
Funambule sur un fil
Tendu de soie invisible
Flotte à hauteur de ma vue,
Indifférente à la rue
Où les voitures se pressent,
Un point perdu dans l’azur ;
Minuscule vie terrestre
Qui sait ce qu’elle doit faire.