Craquements dans la nuit

Craquements dans la nuit, grondement du tonnerre,

Zébrures de lumière, ruissellement de pluie,

La fraîcheur envahit peu à peu l’atmosphère

Trop lourde de la veille, surprenant l’endormie.

Roulements de tambour qui annoncent l’orage,

Fracas qui se répète dans un ciel indécis,

L’eau s’écoule à grand bruit et ce remue-ménage

Fait taire les oiseaux gazouillant dans leurs nids.

Après le vent, silence ; serait-ce une autre chance

De poursuivre ses rêves en retournant au lit ?

Herbe tendre et cocon douillet

– À mes parents –


Herbe tendre et vertes forêts,

Au camaïeu des canopées

Tapissant ce long paysage,

Filant au rythme régulier

Du train rapide qui s’avance

À travers les champs et les prés ;

Effilochures de nuages,

Géants suspendus et légers,

Blancs, cotonneux, qui se déplacent,

Poussés par un souffle indompté

Entraînant ces troupeaux fugaces

Vers de plus lointaines contrées.

Retour aux sources de l’enfance,

Là où l’eau heurte les rochers,

Auprès des proches qui m’attendent

Pour m’offrir un cocon douillet

Où réparer mon corps blessé.

Entre les arbres

– À ma fille –


Sente brillante vagabonde,

Ruisseau qui court entre les arbres,

Longue chevelure des algues

Coiffées par le courant de l’onde,

Berge sinueuse ombragée,

Piquetée de fleurs étoilées

Venant joliment consteller

Cette nouvelle voie lactée.

Canetons flottant sur l’eau sombre

Comme autant de bouchons légers ;

Une tache blanche apparaît,

C’est un cygne qui sort de l’ombre.