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Merci aux poètes et poétesses d’avoir accepté de partager quelques uns de leurs écrits sur cette page.

Via amatoria

Chemin gorgé du sang de Dieu chemin de croix

où l’Agneau sans péché tous nos péchés expie

chemin de l’abandon où ricane l’impie

chemin où la douleur culmine dans l’effroi

Chemin qui n’a d’égal où la souffrance croît

quand la chair n’est qu’horreur et cruelle charpie

chemin noir où le moindre caillou estropie

chemin où la ténèbre aiguise son martroi

Chemin où les crachats et les cris et les rires

se mêlent aux jurons que les démons inspirent

chemin où les sanglots vont déchirant le ciel

Chemin au bout duquel se dresse le supplice

où attendent les clous le marteau et le fiel

où le Sauveur pour nous se livre en sacrifice


Poème de M. de Saint-Michel
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Dérisoires frontières

Des lignes se propagent
Sur notre mappemonde,
Des seuils, des quadrillages,
Portes vers d’autres mondes.
 
Barrières indifférentes
Qui cloisonnent ou protègent,
Sillons qui s’agrémentent
De hauts sommets de neige,
 
De fleuves indomptables
Enjambant vaillamment
Des limites inviolables,
D’océans véhéments,
 
De mers intérieures
Et multinationales,
De frondeurs lacs majeurs,
Fières eaux magistrales
 
Qui jamais ne s’en tiennent
Aux défenses humaines,
Aux bornes inflexibles,
Aux menaces terribles.
 
Au-delà des grillages,
Ou des fers barbelés
Par delà les usages,
Les peurs amoncelées,
 
Des milliers de langages
Se mêlent ou se côtoient
Et tant de paysages
Librement se déploient…
 
Oh ! Ces cœurs qui espèrent
Chantent un même refrain,
A travers leurs prières,
Cherchent un même chemin !
 
Puissent-ils se déprendre
De fureurs délétères,
A défaut de comprendre,
Accepter qu’ils diffèrent,
 
Se voyant oppresseurs,
Refuser d’asservir,
Au nom de dictateurs
Épris de leur empire…
 
Que les humbles se lèvent
Et prennent le pouvoir
Disent ce qu’est leur sève,
Brandissent leurs espoirs !
 
Qu’ils clament obstinément
Leurs aspirations claires,
Écartent fermement
Le spectre de la guerre.
 
Frontières éphémères
Jalonnant notre histoire,
Frontières nécessaires,
Frontières dérisoires…
 
Et pendant que sur Terre
Bataillent les humains,
Le fléau, lui, prospère
Laissant sans lendemain
 
Le fragile miracle
De notre réceptacle,
Au cœur de l’univers
Se prépare un enfer.


Poème de Esterina
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En deuil

Ce soir, mon corps est lourd, vieilli et harassé,
Vide, mon âme veut se draper de silence.
Mon esprit embrumé ne sait plus ce qu’il pense,
Fracassé, il ne peut même plus raisonner.
 
Et mon cœur, lui, mon cœur humilié, piétiné
Palpite encore un peu de ses dernières forces.
Bientôt il s’éteindra comme une vieille écorce
Essoré, déchiré, asséché par sa plaie.
 
Des taches rouge sang violent un ciel stérile,
Nul espoir nul secours dans cette épaisse nuit,
Le mal s’étend, la peur, la douleur et l’ennui.
La vie s’en va, se gâche en sursauts inutiles.
 
J’attends, dans ma langueur, le réconfort du noir,
Des tout derniers tisons fuyant à l’horizon.
De ma mélancolie s’élève une oraison.
Une douce agonie obscurcit mon miroir.


Poème de Esterina
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Un jour d’été

Je t’aime : cela m’arrive comme un arc-en-ciel après la pluie, comme un feu de grange, comme un rire inextinguible, je t’aime comme on aime la vie, comme on traverse un champ de fleurs de lin, comme on se récite à voix basse un poème oublié, comme on fait quelques pas de danse sans savoir danser, comme on oublie ses chagrins, comme on s’enivre d’un rien, je t’aime comme on se parle à voix basse sous la lumière des étoiles, comme on caresse en silence un corps aimé, comme on entre dans la mer, un jour d’été.



Poème de michelconrad
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