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Merci aux poètes et poétesses d’avoir accepté de partager quelques uns de leurs écrits sur cette page.

La femme-océane

Son corps, torche vivante

à l’horizon de la mer

port d’attache

où revient toujours le navire

baie endormie

avant le cap des tempêtes

plage dorée frangée d’écume

sous la houle des Tropiques

            .   .   .   .   .         

 

sauvé des naufrages de la nuit,

tu sens ce corps familier

                  flanc contre flanc

dans les lueurs de l’aube



tu peux à nouveau


                           lever l’ancre


vers les eaux libres


                    de la haute mer



Poème de Jped
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Aveuglément

Un appétit de confort vertigineux

Est l’unique motivation de l’époque

A reculons de nos émotions artistiques

Un rouleau compresseur très impatient

Nous dame le chemin

Incapables de trancher

Ce lien qui nous robotise

Nous confondons le bonheur et la routine

Chaque croisement est illusoire

Car toute direction nous ramène sur la voie royale

Des nobles privilèges

Qu’il est doux de vivre les yeux grands fermés !


Poème de Minofabbri
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Petit Diamant

Je semais quelques mots au hasard de mes jours
Sur les sentiers obscurs de mon rêve étiolé.
Je n’en espérais rien qu’un délicieux séjour
Au pays de mes plus intimes feux follets.
 
Dès lors, tu pris ma main quand je n’y pensais pas,
Me plongeas dans des mots que je n’espérais pas,
Puis tu m’ouvris la voie d’un monde méconnu
Où la lumière est pure et le souffle ténu.
 
Je te suivis, docile et toute émerveillée
Me laissant enchanter par la douce puissance
De ton verbe envoûtant, sans la moindre défiance
Et depuis, dans mon cœur, couve un profond brasier
 
Que même un océan entier ne peut éteindre
Et qui, soufflant son feu, m’invite à tout enfreindre :
Dévier de mon chemin, abandonner mon train
Pour partir à l’envers vers d’autres lendemains,
 
Poursuivre un horizon qui n’était pas le mien
M’accrocher à un songe étrange et incertain…
N’est-ce pas le bonheur qui déploie ses présages ?
N’est-ce pas paradis que ce fier paysage ?


Poème de Esterina
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J’avais une étoile

J’avais une étoile

Au bout des doigts

Comme d’autres ont

Un mot au bout de la langue

J’écoutais le vent

Qui faisait hurler

Les fantômes

Et chanter les arbres

Pourtant

J’étais moins que rien

Une ombre parmi les ombres

De la nuit et je fuyais

Je fuyais mon destin

Je tenais le ciel étoilé

Dans ma main

Et l’Univers me paraissait

Si fragile

Aussi fragile que ses lumières

Qui se brisaient innocemment

Sur mon cœur et mon cœur

N’en savait rien



Poème de Julien Hoquet