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Merci aux poètes et poétesses d’avoir accepté de partager quelques uns de leurs écrits sur cette page.

Des épaves, au fond des yeux

Comme elle était belle

Ma douleur

Elle avait des épaves

Au fond des yeux

Tant de chagrins

Tant de tristesses

Avec un ciel étoilé

Qu’elle portait

Sur ses épaules

Et des miracles

Dans ses mains

Qu’elle offrait

Aux vents capricieux

Comme elle était belle

    Ma douleur

Comme elle était belle

Avec ses cheveux blancs

Sa voix brisée

Sur des points virgules

Et son odeur

Qui a pris le large

À jamais

Un matin de septembre


Poème de Julien Hoquet
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Les flâneurs de la Côte-Nord

– À mon amie Laurence –


Le vent mélange les arômes d’herbes salées

Et de bouleau blanc, de Baie St-Paul à Tadoussac

La brise roule sur les nuages

Et la terre exhale encore l’aquilon

Qui raille sur les conifères de juin

La lumière enrobe la brume

Et le vent s’enfuit vers la Côte-Nord

Quand le ciel se penche sur le fleuve

Les vagues brodent sur le sable

Et tissent des nuages en dentelles

Les cétacés et les enfants cueillent

Les nénuphars de la vie

Pendant que les vieux cachalots s’échouent

De Tadousac aux Iles Mingan

Puis le vent s’en va à dos de baleine

Dans un éclat de rire impétueux

C’est l’histoire d’une lumière chaude

Descendue avec les bourrasques du nord

Et qui regarde stupéfaite

Le travail du temps

Qui change les cailloux géants

En sculptures colossales

Le cœur abattu mais heureux

Le St-Laurent verse son sang

Dans l’océan tout blanc

Et les Fous de Bassan sont contents

D’avaler le nord par son haleine

Sous le ciel des flâneurs

Qui lambinaient dur

Au sud, à l’Île Bonaventure

Là où le vent

Ne sera toujours

Que la caresse du temps

S’envolant vers la ‘trail à lièvres’

Des Éboulements à Natashquan



Poème de Julien Hoquet
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Les quatre saisons du corps

le frisson profond, près des berges,
sous l’écran des grands arbres,

remparts muets de l’épaisse forêt


                        comme autrefois
dans le courant  glacé du gave
ou, à ses abords broussailleux,
dans les eaux mortes de l’hiver


          les quatre saisons du corps,
dans le passage de l’ombre à la lumière,
de ces eaux froides aux eaux tièdes
plus au large, ou aux eaux chaudes
des plages alanguies, sur l’autre bord,

auprès des terres nues, sans mystère

et la brûlure du soleil sur la poitrine
et le visage, l’éblouissement brutal,
dans un dos crawlé lent, mesuré
qui déplace à peine les lignes du lac,


d’un lac comme tant d’autres lacs,


à l’orée de ces bois


                    dont les rêves sont faits *




* « Le bois dont les rêves sont faits », film de Claire Simon 



Poème de Jped
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Pénélope

Insatiable et bleu dévoreur de bateaux,

L’océan porte, au soir, le plus beau des manteaux,

Dont les tons chatoyants disent aux équipages

La douceur des foyers laissés sur les rivages

Et des amours d’un soir semés au gré des plages.

Fébrile, j’attends ton retour…

Combien de grands périls affrontent, sur les mers,

Ces navires voguant sur les longs pleurs amers

Que versent dans les ports les femmes éplorées !

En mer, sous les embruns, les âmes apeurées

Repensent aux adieux des femmes adorées…

Fébrile, j’attends ton retour…

Les femmes, au pays, tremblent pour leurs époux,

Craignant Poséidon au terrible courroux !

Ô pénible labeur, effroyable existence,

Dont le marin connaît la terrible impotence,

Lui qui, du dieu des mers, subit l’âpre sentence.

Fébrile, j’attends ton retour…

Chacun d’entre eux veut croire en un retour au port –

Conjurer, par l’espoir, le naufrage et la mort !

Pourtant, chacun connaît une histoire indigeste

De marin mort noyé, victime au sort funeste,

Ou d’un vaisseau hanté, tel la Marie-Céleste…

Fébrile, j’attends ton retour…

Je t’espère le jour ; la nuit, en m’endormant…

Quand me reviendras-tu, mon amour, mon amant ?

De minutes en jours, le temps toujours s’allonge ;

De semaines en mois, l’absence se prolonge

Et, tandis que je vis, l’inquiétude me ronge.

Fébrile, j’attends ton retour…


18 août 2021

En rentrant de Bretagne,

Après avoir visité le manoir de Jacques Cartier,

où il fut beaucoup question des périls de la mer à son époque.



Poème de Cyraknow
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