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Merci aux poètes et poétesses d’avoir accepté de partager quelques uns de leurs écrits sur cette page.

Intime plaie

Elle saigne en silence
Des confins de l’enfance,
Sa douleur oscillante,
Si sourde, si cinglante,
Jamais ne se tarit
Jamais ne se flétrit.

Mendiant une caresse,
je n’ai bu que tristesse
Aigreur et désespoir,
De tes mots, tes regards.

Je n’ai vu que défiance
Mépris, désespérance
Quand je cherchais confiance,
Humour et bienveillance.

Étrange maladie,
Indomptable conflit,
Cette haine de soi
Qui émane de toi.

Mélancolie maudite,
Le malheur à sa suite,
Qui ne laisse autour d’elle
Que paroles cruelles,
Que colères muettes,
Et la honte secrète.

J’ai fui le sel piquant
De ce gouffre béant,
Cette noire présence
Brisant les réjouissances,
Étouffant toute envie,
Assassinant la vie.

J’ai fui le sel piquant
De tes pleurs obsédants
Pour cesser de souffrir
Et pour ne pas mourir
Aspirée par l’abîme
De ton vertige intime,
Pour m’arracher aux griffes
De ce mal apocryphe.

Mais au soir de ton temps,
Je me souviens pourtant
De tendres éclaircies
Dans ton ciel obscurci,
Comme un soleil levant.
Je m’incline devant
Ta tremblante faiblesse,
Ta terrible détresse,
Criante solitude,
Fatale incomplétude…

Le temps a dévoré
Ma peur, évaporée,
Ma rancune s’effrite,
Sans haine, je médite.

La colère a fondu
Et cette main tendue,
Du fond de ta prison
Vers un autre horizon,
Saurais-tu la saisir ?
Tu tangues et tu soupires,
Abreuvée de regrets
Intriqués à jamais,
Au tissu de tes jours,
Asséchant tout amour…


31.10.2021


Poème de Esterina
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En attendant de cueillir ma vie

Ce matin

Sous les parfums

De l’oranger

Mes illusions

Sont mortes

À cet instant

Pour moi

Tout s’est immobilisé

Entre les quatre murs

De la haine

Et depuis

J’ai le cœur à rien

Le piano

joue une mélodie

Qui coule dans mes yeux

Que mes paupières

Feront taire

Avant minuit

Demain

Le monde

Sera plus beau

Je l’espère

Pour la dernière fois

Les ruisseaux auront avalé

Le chant des oiseaux

Ainsi ira la vie

La terre ayant

Dépossédé le ciel

Il ne nous restera

Que l’Amour

Pour tout recommencer

Sur terre

Comme au ciel

Je l’espère


Poème de Julien Hoquet
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Septembre


Ô comme tu lui ressembles !

À cet été finissant qui ne verra jamais octobre,

À ce rayon timide et sobre

Qui n’ose entrer dans l’ombre où ma lumière tremble,



Inquiète.



Je ne t’ai pas rêvée,

À peine imaginé

Qu’un jour tu serais prête

À faire ce long voyage,

À braver la tempête

Comme on tourne une page

Que l’on croit à jamais



Écrite.



Comme tu leur ressembles

À ces nuages étonnamment heureux

Qui dans ton ciel vont l’amble

Sous les regards vitreux

D’un soleil finissant.



Demain ton ciel vêtu


D’un manteau d’ambre nu


Aux couleurs d’héliodore


Aux parfums d’hellébore

Attendra le deuil blanc.



Poème de Emrys
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Ballade du non-amour

On espère, on prie à genoux,

c’est toujours la même dérive,

je me consume d’amour fou,

je n’atteindrai pas l’autre rive,

je ne suis pas aimé de vous,

de ces pays de solitude,

on ne sort jamais, voilà tout,

la tristesse est ma seule étude,

on rêve que tout se dénoue,

le malheur est mon habitude,

je ne suis pas aimé de vous,

j’attends une improbable aurore,

qui surgirait je ne sais d’où,

le chagrin est mon seul trésor,

lui, il m’accompagne partout,

c’est ma richesse et mon seul or :

je ne suis pas aimé de vous.


Poème de michelconrad
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