Merci aux poètes et poétesses d’avoir accepté de partager quelques uns de leurs écrits sur cette page.
Archives de la catégorie : Poèmes que j’aime
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- Déjà
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- J’attends impatiemment quelqu’un
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- Je m’ennuie tant de vous, qui riez dans la nuit…
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- Je ne regretterai jamais ces perspectives
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- Je suis
- Je voudrais être un arbre
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- L’arbouse, l’harmonie des contraires
- L’embâcle
- L’embouchure
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- L’été s’en va
- L’Étendoir aux Fées
- L’éternel printemps
- L’heure est à la beauté…
- L’homme et le renard
- L’intime secret
- L’or du temps
- L’enfant caché en moi
- L’or du temps-
- La boîte de Pandore
- La caresse de l’eau
- La douceur de l’instant
- La femme-océane
- La fin de la nuit
- La grande boucle
- La isla de Aves ou les eaux bleues de la mémoire
- La lumière de tes yeux
- La main de lumière
- La mort qui vient
- La tour d’astronomie
- La vague
- Larmes de lumière
- Le baiser de Klimt
- Le baiser du vent
- Le baiser-tempête
- Le bal des chrysanthèmes
- Le bal des papillons
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- Le gros cerveau humain est le berceau du mal
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- Septembre
- Septembre
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- Sur les remparts du temps
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- Ton intemporel été
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- Trois notes parfumées (shamisen)
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- Tu es l’amour
- Tu es…
- Tu te souviens ma mie
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- Un chemin
- Un jour d’été
- Un parfum venu de nulle part
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- Un rien d’éternel
- Un soleil levant
- Un souffle
- Une mémoire d’étoiles
- Une robe
- Une vague
- Vagues vous êtes folles
- Variations d’avril
- Vertige, que suis-je ?
- Via amatoria
- Vite fait
- We’ll gather lilacs in the spring again
Baromètre de l’humeur
(pantoum)
Frileux, désagréable, étrange,
Le jour s’est levé ce matin.
L’eau lourde se prend dans ma frange,
Noircissant mon reflet châtain.
Le jour s’est levé ce matin,
Emmitouflé dans une averse.
Noircissant mon reflet châtain,
La pluie épaisse me transperce.
Emmitouflé dans une averse,
Le baromètre baisse encor.
La pluie épaisse me transperce,
Me frigorifiant le corps.
Le baromètre baisse encor ;
Il se peut que ce soir il neige !
Me frigorifiant le corps,
Tout mon bonheur se désagrège.
Il se peut que ce soir il neige,
Pour laisser un sol blanc demain.
Tout mon bonheur se désagrège ;
Je couvre mes yeux de la main.
Pour laisser un sol blanc demain,
Les flocons déjà s’amoncellent.
Je couvre mes yeux de la main
Et les larmes salées ruissellent.
Les flocons déjà s’amoncellent,
Mais le plus froid reste à venir.
Et les larmes salées ruissellent ;
Qui m’ôtera mon souvenir ?
Mais le plus froid reste à venir :
Le baromètre baisse et change !
Qui m’ôtera mon souvenir,
Frileux, désagréable, étrange ?
Fin avril 2020
Ecrit en période de confinement
Poème de Cyraknow
Lien direct du poème
En ce temps-là… ou la rage de vivre
tu es à Paris et il pleut,
tu es à Bordeaux, dans le crachin
en Béarn, les sols détrempés
empêchent encore les labours de saison
et l’herbe fauchée pourrit sur les champs
un ami m’écrit des terres lointaines
« Ici, sur les bords de la Saguenay,
c’est gris, froid, pluvieux,
la neige sale fond doucement
… et l’espérance avec »
et moi, je suis comme le jeune mousse
de » El amor en los tiempos del cólera »
en quarantaine sur le Río Magdalena,
errant comme un zombie sur le pont,
désespéré, et qui brûle de débarquer
pour courir bien sûr embrasser sa mère
surtout, j’envie le capitaine du navire
qui a bourlingué sur toutes les mers
du monde, jusqu’en Inde et au Japon,
qui a appris la patience et qui imagine,
jour après jour, heure après heure.
tout au long de ces jours sombres,
dans un grand rêve éveillé, heureux,
ce qu’il pourra faire après l’épidémie
de ses mains, de ses yeux,
de son coeur,
et qui, à la fin,
confie au jeune garçon le secret de sa joie
malgré les affres du redoutable choléra,
qui répand partout la terreur et la mort :
» Même alors, j’étais en fleurs. «
Nietzche : Ainsi parlait Zarathustra
Poème de Jped
Lien direct du poème
Bulle d’or
Et pendant ce temps-là, tu te moques de moi,
Toi, le faucon qui plane au-dessus de ma tête,
Toi, l’écureuil curieux qui fouine dans les bois,
La guêpe qui tournoie sur les corolles en fête,
L’agneau fou qui s’ébroue pour son premier printemps
Et le chat vagabond qui hante le jardin…
Dans ma prison dorée, je remplis les instants
Du salut vaporeux du soleil du matin,
De la course éperdue du chevreuil qui s’enfuit,
De la musique bleue d’un piano voyageur,
De ton regard brumeux au sortir de la nuit
Et des rêves oubliés qui repeuplent mon cœur…
Contre le flot grondant du monde inquisiteur
Des humains englués dans des peurs viscérales,
Cernés par des fléaux en cascade d’horreurs,
Je cultive ces fleurs près des chutes fatales.
Laissez-moi donc rêver au rachat de ce monde
Aux ailleurs irréels aux beautés singulières
Aux âmes disparues dont la pensée m’inonde
A l’enfance perdue pourtant si familière…
Poème de Esterina
Lien direct du poème
Face à Face…
Tu regardes la spume
A ton bord d’océan
Qui salive le heurt
D’un rendez-vous manqué,
Tu ignores l’écume
Caressant ton arène
Sur la grève au clapot
De ses coïncidences.
Et ce trouble te parle,
Où silence et fracas
Y festonnent la mousse
D’un ruban échoué
Sur la ruine alanguie
De tes châteaux de sable.
Tu es seul…
Poème de baccala
Lien direct du poème
L’homme et le renard
Sur le bout des branches perlait un vert si tendre
Que Pâques promettait en cette fin d’hivers
D’achever en couleur, les frimas de décembre
Et de remettre au coeur, des goûts de primevères.
Tout respirait le calme, et les arbres vibraient
De longs rayons bleutés d’une ardente lumière
Qui dessinait au sol, d’une lueur de craie
La dentelle des branches sur le dos des fougères
J’allais en souverain, l’âme et le coeur en paix
Le nez dans les odeurs, un bâton à la main
Ignorant les douleurs du temps qui s’échappait
La forêt me rendait mes vingt ans en chemin.
C’est là que je le vis, la patte ensanglantée
Prise entre les feuilles, dans des mâchoires de fer,
C’était un renard gris, au pelage argenté
Qu’un féroce chemin conduisait en enfer.
Sa robe haletait imperceptiblement
Des frayeurs de la nuit et l’on voyait sans peine
Les tortures infligées impitoyablement
Par des mains sans tendresse et pourtant bien humaines.
Quand il leva les yeux, sur mon être improbable
Je vis dans son regard, toute l’humanité
Qu’on prête au grand nom d’homme* et qui n’est qu’une fable
Quand on voit de nos moeurs la triste vanité.
Un profond dilemme se partageait mon coeur,
Où fuir son agonie, où tarir ses souffrances ?
Par l’impossible choix, j’éprouvais la douleur
De la bête immobile et de mon impuissance.
Je restais là longtemps, à méditer en vain
Sur les tares humaines où résident nos peurs
A nos idées qui glissent comme l’eau sur les mains
Et dont on ne retient que les gouttes des pleurs.
Seigneur pourquoi faut-il tant de grands sentiments
Pour conduire les hommes aux pensées si fragiles
A mépriser la vie la nature et le sang
A se croire essentiels et n’être qu’inutiles.
Le soleil déclinait au souffle de la bête
Elle mourut d’un rayon doux et sanguinaire
Lasse de vains efforts, laissant tomber sa tête
Livrant le poids du monde à tous ses tortionnaires.
Cette délivrance, je la sentis si fort
Que des larmes de joie, de peines et d’amertume
Coulèrent sur mes joues, douces perles de mort
Quand la vie est un joug et les espoirs posthumes.
Dans le doux vent d’avril je repris mon sentier.
Au ciel, des funérailles brûlaient, éclatées,
Comme un dernier hommage au renard argenté,
Mort de l’humain partage entre haine et bonté.
Cannes 2008 Valderoure 2019
Poème de JMAP06
Lien direct du poème
