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Merci aux poètes et poétesses d’avoir accepté de partager quelques uns de leurs écrits sur cette page.

Froidure

Malgré le froid mordant, le risque d’avalanche,

Que l’hiver est splendide avec sa robe blanche

Qui recouvre les toits, saupoudrant chaque branche.

La neige a recouvert mon cœur meurtri d’amour…

Sous son manteau glacé, la nature frissonne.

Dans la plaine alanguie où ne passe personne,

La poudre assourdit tout ; aucun chant ne résonne.

La neige a recouvert mon cœur meurtri d’amour…

Des flocons duveteux couvrent la moindre plante.

La rasante lumière, étrange, ensorcelante,

Transforme la nature en toile étincelante.

La neige a recouvert mon cœur meurtri d’amour…

Les oiseaux migrateurs, palombes, hirondelles,

Partis dès les frimas, bien vite, à tire d’ailes,

Reviendront au printemps, amicaux et fidèles.

La neige a recouvert mon cœur meurtri d’amour…

Je reste auprès du feu, perdue au creux d’un livre.

Peut-être le soleil, nous délivrant du givre,

Ramenant la chaleur, me fera-t-il revivre…

La neige a recouvert mon cœur meurtri d’amour…


Poème de Cyraknow
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Le livre de Kells

Il fut un temps où toute la sagesse
du monde due être retranscrite,
L’an mille se rapprochait bien vite,
Tous redoutaient de Satan le retour,
A Iona, les moines s’échinèrent sur l’Ile
Nuit après nuit, jour après jour,
A recopier les précieux évangiles
pour que le jour dit, le savoir survive,
des événements prodigieux survinrent,
Le soleil prit la couleur du saphir
Une blessure scindait toujours plus les cieux,
L’apocalypse de Jean semblait venir,
Déjà les Gaëls rejoignaient les anciens Dieux;


Poème de Gilles Tardy
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Tout est accompli.

Un vendredi marqué dans l’humaine mémoire
où l’azur tout à coup s’endeuille sans raison
où la ténèbre règne à perte d’horizon
où le soleil se perd dans une glace noire

Un vendredi criblant de pourpre notre histoire
où la chair se déchire à quelle trahison
où le coeur barbelé saigne dans sa prison
où l’âme sous les coups sanglote dérisoire

Un vendredi saisi d’un vertige de mort
où l’espérance tremble au néant qui la mord
où la déréliction installe son empire

Un vendredi cerné par l’enfer et l’effroi
où le blasphème s’ouvre à des éclats de rire
où le Christ pour nous tous est cloué sur la Croix


Poème de M. de Saint-Michel
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L’embâcle

La vie suivait son cours

Le fleuve était tranquille

Quand on est heureux

On croit que cela va durer

Toujours

Et c’est l’embâcle

Les saisons échevelées

Braisaient le grand fleuve

De mon Amour

Et ses glaces déraisonnables

Redevenaient fragiles

Sous les vents d’avril

La débâcle s’en venait

Lorsque les oiseaux

Auront leurs plus beaux chants

Quand le ciel versera

Ses plus douces pluies

Sur la Terre des abandonnés

Alors, ce sera la débâcle

Et j’irai me promener

La poésie dans l’âme

Pour écouter les bruits

Des glaciers qui fondent

À grands cris sur le fleuve

Et cette amitié à l’envers

Surviendra dans ma vie

En pleine débâcle

Quand les glaces s’éclateront

Et que l’eau enfin brisera l’hiver


Poème de Julien Hoquet
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