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Merci aux poètes et poétesses d’avoir accepté de partager quelques uns de leurs écrits sur cette page.

Mes phares

Toi, la grand-mère généreuse
Dans ta tendre simplicité
Qui à tout petits pas discrets
Cheminas vers la ravisseuse,
Emportant mon enfance heureuse,
 
Toi, précieux compagnon d’exil
Ami des jours clairs, des jours noirs
Dont j’ai cueilli le dernier rêve
Ultime cri, ultime espoir
Dont j’ai senti la vie, traîtresse,
Quitter subitement le cœur
Dont j’ai reçu le dernier souffle,
Dans un élan désespéré
Attisant une vaine ardeur…
 
Toi , l’animal fidèle
Dont le doux pelage vibrant
Fut tel le soleil roux d’été
Distillant sa chaleur calmante
Dont j’ai senti le cœur fourbu
S’éteindre sous ma main tremblante,
 
Toi, père aimant, sensible et doux
Qui sacrifias ton cœur à ma bonne fortune
Et qui partit, sur la pointe des pieds
Sans plainte, sans rancœur
sans reproche, ni amertume,
Tel que tu l’as toujours été.
 
L’ombre de vos âmes complices
Plane sur mon cœur amoindri.
Au fil des ans, les souvenirs s’enroulent
Et surgit, indomptable houle,
L’urgence impétueuse de vie.
 
Terrés dans d’étranges ténèbres,
Vous fécondez mes songes libres
De vos lueurs inépuisables
De vos rires, de vos larmes secrètes
De votre désir obstiné de vivre.
 
Mon âme amoureuse s’enivre
Au souvenir chéri de vos voix chaleureuses,
Comme un baume inspirant
Qui me livre au printemps…



Poème de Esterina
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Sous le limon des jours

Inspiré par la citation de Baudelaire:

« Tu m’as donné ta boue et j’en ai fait de l’or »


La fange tapissant les plus profonds fossés

Est le noble terreau des fleurs les plus jolies,

Et de laids vêtements sont souvent rehaussés

De ces pierres de luxe aux facettes polies.

Chez un être animé de vilains sentiments,

L’on trouve quelquefois un remords qui l’élève.

Sous les lourds manteaux gris de bétons et ciments

Poussent la tendre fleur, l’évasion, le rêve.

Dans la société, qui manque de douceur,

Une amitié sincère est belle et salvatrice ;

Dans les affres sans fond de souffrance et noirceur,

Souvent point la lueur d’une aide bienfaitrice.


De chaque instant maudit, mauvais ou douloureux,

L’on peut sortir grandi, l’âme un plus sereine.

Si l’on est abattu, dérouté, malheureux,

Le beau temps reviendra, chassant les jours de peine.

Par les détours boueux d’un chemin de tourments,

L’on trouvera, cachée, une petite flamme

Qui permet de survivre aux pires des moments

Et d’obtenir enfin le réconfort de l’âme.

L’existence s’enlise au gras limon des ans ;

Chaque pas que l’on fait, semble-t-il, nous embourbe

Mais, sous le sol poisseux de ces lieux déplaisants,

Existe le bonheur, enveloppé de tourbe.

De l’ombre au plein soleil, on passe et passe encor,

Cherchant le diamant dans sa gangue de pierre.

Distillat d’existence aux tons d’argent et d’or,

La noirceur alentour révèle la lumière.


Poème de Cyraknow
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Quand vient le soir

La pluie s’incline et tente des ricochets sur le lac endormi

Copiant les rainettes qui plus habiles jouent à saute-mouton

De nénuphars en nymphéas

C’est l’heure ou la terre exhale un à un ses arômes sur la pointe des pieds

Quand les ombrelles reconnaissantes hésitent à refermer leurs bras

Le pétrichor, le sang des dieux païens se répand à nouveau

Pourtant le tonnerre gronde qu’il faut rentrer à la maison

Alors les portes claquent comme les éclairs au loin qui annoncent des cascades à venir

Mais on voudrait danser la bouche ouverte sous cette averse impromptue

S’improviser chanteur ou crier je vous aime

A la vie, l’innocence

A l’Inconnu



Poème de Minofabbri
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L’enfant caché en moi

La mémoire, je l’ai dans la peau,
Comme un enfant subjugué par la mer,
les pieds balayés par les flots
sous un carré d’azur d’humeur légère,
A peine troublé par un léger clapot,
Je rêve à de grands atolls chamarrés,
A un lagon émeraude et translucide
qu’un grand peuple de crabes tapageurs
traverse, porté par la houle qui le guide,
Aux piaillements des enfants rieurs
dans les crépuscules sanguins qui fuient,
aux voiles perdues dans la nuit. 



Poème de Gilles Tardy
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