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Merci aux poètes et poétesses d’avoir accepté de partager quelques uns de leurs écrits sur cette page.

Tu te souviens ma mie

Tu te souviens, ma mie?

L’odeur des fleurs

Et le goût délectable

Des fraises des champs

Tu te souviens?

Des pommiers fleuris

De l’île d’Orléans

Et ces dimanches

De brise légère

Qui s’emmitouflaient

Dans tes longs cheveux

Dis ma mie, tu te souviens?

La brunante caressante

À la fin du jour

Et les feux-follets

À l’orée du bois

Qui tant nous fascinaient

Et nous agrainaient

Vers ce sentier sombre

Avec ses diablotins espiègles

Ses puces d’étoiles ensorcelantes

Ses feux-follets envoûtants

Tu t’en souviens encore?

Dis-moi que tu te souviens

Et nos culbutes dans l’herbe

Et nos éclats de rire candides

Tu te souviens, dis- moi

Dis-moi, que tu te souviens?

Je t’en prie

Ce bouquet facétieux

À nos trousses

Affriolés, excités

Nous nous étions embrassés

Pour chasser la peur

Et nous faire accroire

Que nous étions seuls au monde

Dis-moi que tu n’as pas oublié?

Et nous fuirons ensemble

Par le chas d’une aiguille

Vers le paradis des vieux amants


Poème de Julien Hoquet
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Où s’en vont les nuages

Regardant

L’eau scintillante

Ruisseler

Entre les dentelles de glace

Assis sous l’arbre

Des mal-aimés

Le cœur noué

Et levant la tête

Pour suivre le vol

D’un moucherolle

Je pense à toi

Mon bel amour

Et je me demande

Où vont ces nuages

Ces flâneurs cérulés

Givrés de lumière?

Ces icebergs venus du nord

Flottants dans le ciel

Tels de vieux remords

Où vont-ils?

Ne revient-on jamais

Entre les mains du vent

Qui nous a aimés?

Et toi

Me reviendras-tu

Jamais

Mon bel amour?

Ce chapelet de cirrus

Qui jaillit du fond de tes yeux

Ces blancs pétales d’anges

Ces baisers dans tes cheveux

Et cette auréole saphirée

Qui te fait belle

Belle comme un grand voilier

Traversant le temps qui cabriole

Qu’il pleuve ou qu’il neige

Ma vive amour noyée

M’aimeras-tu encore?

Où qu’ils aillent ces nuages

Nébulosité des amours foudroyées

Qu’il pleuve ou qu’il neige

Les regardant

Penseras-tu à moi?

Qu’es-tu devenue

Ô mon si bel amour?

Ne vois-tu point venir

Un nouveau printemps?


Poème de Julien Hoquet
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L’arbouse, l’harmonie des contraires

la tradition le savait bien,
à peine dans la bouche,
la délicate saveur de l’arbouse
s’évanouit,
                          dans l’instant,


                               ta lèvre et ton souffle chaud
                               effleurant mon visage,
                               la caresse d’une main
                                                       sur ma hanche


ne laissant qu’une trace
furtive
qui s’anéantit en moi,

                                ride imperceptible sur l’étang,
                                éclair d’un oiseau sur le ciel gris,
                                coup de cloche esseulé au matin,
                                bref soupir,
                                écho d’un haïku perdu ou rêvé


à son tour, la pulpe du fruit
se défait sur ma langue
comme un sorbet, une bulle
ou la brume du matin,

                                                  comme parfois, d’un coup,
                                                              la vie ou le bonheur


aussi, on prend toujours
avec espoir et crainte
l’arbouse entre ses doigts,
assuré du plaisir
          et de la déception

fruit humble et dédaigné
de  l’arbre qui porte en hiver,
en même temps,
ses fleurs sans parfum
et ses baies écarlates,
    si étonnantes, si fragiles,

                   et dont, comme un dernier pied de nez,         
                   il sort un miel presque noir,
                   et, sans nul doute,
                                               le plus amer du monde


Poème de Jped
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Dans les sous-bois de l’automne

Sous les feuilles mortes

Dans les sous-bois de l’automne

Paupières fermées

Une fleur exhale

Comme un adieu à l’été

Son dernier parfum

Des larmes de sang

Et d’or brouillent son regard

Le ciel est triste

Désacralisés

Les oiseaux s’en vont au sud

Déjà le frimas

Couvre les matins

Dans les sous-bois de l’automne

La terre se terre



Poème de Julien Hoquet
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Deux mots d’octobre

Octobre exhale
L’esprit inaudible des pétales
A peine oubliés,
Déjà absents.

Octobre exile
L’horizon bleu de nos doigts joints
En équilibre
A l’accore des jours.

Et dans un fredonnement,
La lumière se dissout,
S’éteint,
Aux ouest majeurs.

Le vent sertira-t-il au front des lames
Une tiare d’aigues-marines et de fleurs d’oranger ?



Poème de Anwen
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