Information

Merci aux poètes et poétesses d’avoir accepté de partager quelques uns de leurs écrits sur cette page.

Où s’en vont les nuages

Regardant

L’eau scintillante

Ruisseler

Entre les dentelles de glace

Assis sous l’arbre

Des mal-aimés

Le cœur noué

Et levant la tête

Pour suivre le vol

D’un moucherolle

Je pense à toi

Mon bel amour

Et je me demande

Où vont ces nuages

Ces flâneurs cérulés

Givrés de lumière?

Ces icebergs venus du nord

Flottants dans le ciel

Tels de vieux remords

Où vont-ils?

Ne revient-on jamais

Entre les mains du vent

Qui nous a aimés?

Et toi

Me reviendras-tu

Jamais

Mon bel amour?

Ce chapelet de cirrus

Qui jaillit du fond de tes yeux

Ces blancs pétales d’anges

Ces baisers dans tes cheveux

Et cette auréole saphirée

Qui te fait belle

Belle comme un grand voilier

Traversant le temps qui cabriole

Qu’il pleuve ou qu’il neige

Ma vive amour noyée

M’aimeras-tu encore?

Où qu’ils aillent ces nuages

Nébulosité des amours foudroyées

Qu’il pleuve ou qu’il neige

Les regardant

Penseras-tu à moi?

Qu’es-tu devenue

Ô mon si bel amour?

Ne vois-tu point venir

Un nouveau printemps?


Poème de Julien Hoquet
Lien direct du poème

L’arbouse, l’harmonie des contraires

la tradition le savait bien,
à peine dans la bouche,
la délicate saveur de l’arbouse
s’évanouit,
                          dans l’instant,


                               ta lèvre et ton souffle chaud
                               effleurant mon visage,
                               la caresse d’une main
                                                       sur ma hanche


ne laissant qu’une trace
furtive
qui s’anéantit en moi,

                                ride imperceptible sur l’étang,
                                éclair d’un oiseau sur le ciel gris,
                                coup de cloche esseulé au matin,
                                bref soupir,
                                écho d’un haïku perdu ou rêvé


à son tour, la pulpe du fruit
se défait sur ma langue
comme un sorbet, une bulle
ou la brume du matin,

                                                  comme parfois, d’un coup,
                                                              la vie ou le bonheur


aussi, on prend toujours
avec espoir et crainte
l’arbouse entre ses doigts,
assuré du plaisir
          et de la déception

fruit humble et dédaigné
de  l’arbre qui porte en hiver,
en même temps,
ses fleurs sans parfum
et ses baies écarlates,
    si étonnantes, si fragiles,

                   et dont, comme un dernier pied de nez,         
                   il sort un miel presque noir,
                   et, sans nul doute,
                                               le plus amer du monde


Poème de Jped
Lien direct du poème

Dans les sous-bois de l’automne

Sous les feuilles mortes

Dans les sous-bois de l’automne

Paupières fermées

Une fleur exhale

Comme un adieu à l’été

Son dernier parfum

Des larmes de sang

Et d’or brouillent son regard

Le ciel est triste

Désacralisés

Les oiseaux s’en vont au sud

Déjà le frimas

Couvre les matins

Dans les sous-bois de l’automne

La terre se terre



Poème de Julien Hoquet
Lien direct du poème

Deux mots d’octobre

Octobre exhale
L’esprit inaudible des pétales
A peine oubliés,
Déjà absents.

Octobre exile
L’horizon bleu de nos doigts joints
En équilibre
A l’accore des jours.

Et dans un fredonnement,
La lumière se dissout,
S’éteint,
Aux ouest majeurs.

Le vent sertira-t-il au front des lames
Une tiare d’aigues-marines et de fleurs d’oranger ?

Poème de Anwen
Lien direct du poème

Un rien d’éternel

Ce soir-là il soufflait un pur vent de légende
Dans nos coeurs résonnait le hurlement des loups
sur fond de brume bleue Et les bonheurs jaloux
tremblaient face à l’amour qui s’ouvrait en offrande

Or les premiers flocons tombèrent Comme étoiles
nous les vîmes briller virevolter danser
Sur le chemin là-bas déjà presque effacé
le destin s’éloigna transis jusques aux moelles

Par instants une lune arrachée aux abysses
apparaissait Lune obscure dont un miroir
ne fut témoin En nous la beauté vint asseoir
un royaume secret que tressent les délices

Le deuil de nos espoirs suivit la biche blanche
qui traverse le seuil des jours qui ne sont plus
Quelle flamme soudain Quel parfum d’absolu
Le siècle noir s’était pendu à quelque branche

Puis tendrement la nuit étendit son mystère
Nous fîmes halte Ici nulle angoisse mais l’or
d’un sourire promis à vaincre toute mort
Un baiser de son aile effleura notre Terre


Poème de M. de Saint-Michel
Lien direct du poème