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Merci aux poètes et poétesses d’avoir accepté de partager quelques uns de leurs écrits sur cette page.

L’été s’en va

Regarde là-bas

L’été s’en va

Dans un champ de maïs décoiffé

Toutes fleurs aux vents

Emportant avec lui

Son collier de chants d’oiseaux

Et ses ciels aux yeux de flore

Regarde ici

Les branches lourdes

Du pommier qui offrent

Ses fruits rouges

À l’automne qui vient

Avec sa tête de citrouille

Regarde-la

La belle naïve

L’été s’en va

Laissant au hasard

Des saisons

Les baisers sucrés

Que les enfants cueilleront

Sur le chemin des écoliers

L’été s’en va

Caressant le potager

D’une lumière paresseuse

Et je reste là au balcon

Avec le cœur soufflé

Vers l’horizon

Comme une bulle de savon


Poème de Julien Hoquet
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Nord Finistère

…et je garde de toi les Abers bleu-de-gris
sous les lumières d’octobre la métaphore des vents
le silence des nuits claires l’horizon menaçant
aux frontières qu’il veut libres…


il reste dans mes textes un peu de poussière ocre
au creux d’un vieux miroir le désordre baroque
les aspérités rauques d’un chant de cap-hornier
quand la voix se fait ivre

et gercés sur mes lèvres les glavioù du printemps
le goût froid des absences des kerreg et des vagues
que ma langue apprivoise inévitablement
au cœur des heures de givre

sur le dos de mes mains gravés les estuaires
qui se joignent à tes mers où mon sang coule encore
le craquement de mes os c’était celui des barques
perdues à la dérive

sous mes pieds danse encore le ballet des brisants
chorégraphie de sel orchestre du ressac
étincelant le ciel houleusement s’endort
et ploie de rêve en rive

et j’emporte avec moi les îles vigilantes
de rafales en toennoù-mor de lande en reverzhi
où la vie est voyage l’amour est Penn-ar-bed
les souvenirs aod vev…


Poème de Anwen

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Déjà

Les poings fermés dans le berceau
Tu offrais ton sourire aux anges
Et moi, penché, l’air un peu sot,
J’aurais voulu que rien ne change.

Ton arrivée ? Mon espérance.
Pour chanter la joie qui exulte,
J’avais écrit pour ta naissance
Mon premier poème d’adulte.

Je m’étais alors bien promis
Comme, je crois, tous les papas
De boire à chaque instant permis
De suivre chacun de tes pas.

Pourtant, à peine ai-je ravi
Quelques arpents mal assurés
Aux pentes ardues de la vie,
Que je te contemple effaré.

Au dernier jour de tes études.
Tu te tiens, courageuse et fière,
Prête à briser les certitudes
Et à repeindre l’univers.

Même si la vie a parfois
De bien étranges raccourcis
Et si tes rires d’autrefois
Manquent à mon cœur endurci

Sache ma fille, en cet instant,
Que ton père est béni de toi
Qu’il t’aime comme au premier temps
Aux premières larmes de joie.


Poème de Mr Strangeweather
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Le baiser de Klimt

De sa bouche

Il cherche ses lèvres

Elle s’évanouit

S’agenouille

Ses yeux sont fermés

Son cœur s’ouvre

De sa langue

Il cherche ses marécages de tendresse

Son ventre bourdonne

Comme une ruche d’abeilles

Il la soutient, la mordille

Les âmes sont salives

Enrobées de feuilles d’or

La beauté les effleure

Ils sont les exilés du Jardin

Ils sont au bord du gouffre

Seul leur baiser nous sauvera


Poème de Julien Hoquet
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Marée de printemps – Spring tide –

La vie nous offre un autre ciel,
Pommelé de bleu après l’averse,
La fraîcheur d’un printemps farouche.

Adieu les Golfes, adieu Lorient,
Adieu tarmac, adieu tonnerre.
Les digues haussent leurs épaules arrondies par le temps.

Discrétion des cales,
Humilité du sable. Et je prends la mer
Comme on vole un baiser, calme
Et serein.

Loin des moteurs vibrant, le vent
A le goût diffus du silence. Et sur ta joue
Collage de mèches sous les embruns,
Rebelles au béret, aux rubans.

Rebelles à mes mains ?


Poème de Anwen
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