Tant de vœux

Tant de vœux à souhaiter
Et tant de malheureux
À la rue, rejetés,
Renfrognés ou hagards,
Réfugiés ou clochards,
Sans abri ni foyer

Tant d’êtres délaissés,
Errants et solitaires,
Toujours sur le départ ;
Sans amour ni regards,
Sans vêtements d’hiver
Ni plat chaud pour combler
Leurs ventres affamés
Ou leurs âmes glacées,

Couchés sur la chaussée
À même le bitume,
Protégés de cartons,
De tentes de fortune,
Échoués sur le quai
D’un métro parisien,
Avec pour compagnon
La présence d’un chien

Naufragés quelques temps,
Privilège indéniable,
Sur la grille de métal
D’où s’échappe en tremblant,
Trop vite évaporée
Dans l’air froid de janvier,
La chaleur qui émane
D’un chauffage central…

Stoppés dans leur élan,
Invisibles souvent,
Perdus parmi des gens
Qui courent après le temps,
Ils regardent passer
L’humanité pressée,
Endurant sans broncher
Et pendant des années
Privations et souffrances,
Dans une indifférence
Qui heurte la raison.

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