Que sait-on

Que sait-on des gens que l’on croise,
Les pressés, les « hauts en couleur »,
Les malades, les maladroits,
Les mal élevés, les courtois,
Les indifférents, les rêveurs,

Ceux qui prient ou ceux qui vous toisent,
Sourient ou vous cherchent des noises,
Ceux qui pleurent ou chantent à tue-tête,
Ceux qui mendient ou font la tête,

Ceux qui ont des tics ou des tocs
Ceux qui friment ou ceux qui provoquent,
Les fatigués, les beaux parleurs,
Les serviables, les grands penseurs… ?

Sont-ils poètes ou musiciens,
Enseignants, informaticiens,
Mécaniciens ou commerçants,
Agents comptables ou étudiants ?

Sont-ils écrivains ou danseurs
Maçons, techniciens ou coiffeurs,
Peintres, fleuristes ou comédiens,
Stylistes, avocats, médecins ?

Sont-ils serruriers, éboueurs,
Caissiers, jardiniers ou masseurs,
Puéricultrices ou designers,
Journalistes ou restaurateurs,
Professionnels ou amateurs,
Retraités, sans papiers, chômeurs… ?

Sont-ils victimes ou harceleurs,
Honnêtes gens ou resquilleurs,
Bienveillants ou baratineurs,
Amoureux ou pleins de rancœur ?

Sont-ils joyeux ou déprimés,
Ou pleurent-ils un être aimé ?
Sont-ils heureux, tout simplement,
Ou courent-ils, désenchantés
Pris dans la folie de ce temps ?

Quelques indices tout au plus
Nous mettent à l’oreille la puce
Mais cependant l’on n’en sait rien ;
On les côtoie, c’est presque rien,

Le temps d’un trajet de métro
Ou de quelques stations de bus,
Dans un couloir, un magasin,
Sur un trottoir ou dans un train
Et l’on se sépare aussitôt,
Cela ne va guère plus loin.

Il semble que ces trajectoires
Se rejoignent bien rarement,
Mais parfois tous les ingrédients
Sont réunis pour que, magie,
S’accomplisse cette alchimie
Due aux aléas de la vie.

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