Des colibris

– À ma mère –

Il en faudrait des colibris pour éteindre un feu de forêt,

Pour dynamiser un pays qui perd pied depuis des années.

Il en faudrait des colibris pour réveiller les endormis,

Pour relever une nation qui depuis longtemps s’est couchée

Et se meurt, petit à petit, d’avoir été trop bafouée.

Il en faudrait des colibris, parmi la nuée qui se tait

En avançant les yeux fermés, sans conscience des artifices

Mis en place de tous côtés afin de nous manipuler,

Pour que chacun puisse apporter sa noble pierre à l’édifice,

Sa goutte d’eau et son esprit, pour étendre ce grand chantier ;

Que chaque être vienne chanter sa note d’espoir infini

Et partager avec autrui sa foi en notre humanité,

Œuvrant avec ténacité pour des lendemains qui sourient.

Il en faudrait des colibris, mais si nous sommes des milliers,

Si nous pouvons avec clarté redonner du sens à la vie,

Si nous sauvons ce qui nous lie et fait de nous un peuple fier,

Nous qui, faute d’être écoutés, avons perdu tant de repères, 

Si nous sommes déterminés, assez courageux, solidaires,

Pour que chacun durablement puisse faire un pas en avant

Et vienne ensemencer la terre où pourra germer le présent

Pour un futur plus florissant, porté par nos cœurs volontaires,

Nous regagnerons peu à peu ce que nous avions sacrifié

Sur l’autel des moindres soucis et des promesses à court terme,

Hypothéquant notre avenir et celui de nos enfants même,

Pour composer la mélodie qui fait reverdir les déserts.

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