Il paraît que c’est l’Avent

Il paraît que c’est l’Avent ;
Des boutiques féériques
Rivalisent d’ornements,
Et d’élégantes toilettes
Se constellent de paillettes
Pour attirer le chaland.
Des gourmandises s’affichent
Sur les murs, les magazines…
Tous ces mets appétissants
Qui s’étalent en vitrine
Font saliver les passants.
 
 
Il paraît que c’est l’Avent ;
L’on se presse et l’on s’affaire,
Beaucoup de stress et des grèves,
C’est un peu dans l’air du temps,
Pour chercher ce qui va plaire
Aux enfants, petits ou grands…
Les guirlandes aux fenêtres
Clignotent obstinément
Et les pauvres conifères
S’entassent piteusement
Sur le trottoir des marchands.
 
 
Il paraît que c’est l’Avent.
Trop de gens assurément,
Sans emploi, sans domicile,
Vivent dans le dénuement ;
Et circulent les errants,
Main tendue et ventre vide,
Tandis que le froid s’infiltre
Sous leurs maigres vêtements…
Peut-on vraiment se réjouir
Quand nos appétits conduisent
À tant d’actes aberrants ?
 
 
Il paraît que c’est l’Avent.
Les magasins sont en fête ;
Tout se vend et tout s’achète
Sauf ce qui compte vraiment.
Prenons-nous encor le temps
De penser différemment,
Ou avons-nous renoncé
À notre discernement ?
 
Où est l’esprit de Noël
Qui le rendait si charmant ?

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1 commentaire

  1. Un poème très réussi, dont le format, tout en en différant sensiblement, rappelle beaucoup la ballade.
    J’aime énormément le vers en heptamètres, léger et sautillant.
    Cela contraste ici avec la teneur du texte, plus profonde et grave, en général écrite en alexandrins.
    Vraiment très réussi.

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