Convention

Elles disent que j’ai tort
De m’attacher si vite
De m’accrocher si fort,
Et que sans une invite
Ce sont de vains efforts…

Elles disent que c’est l’homme
Qui fait le premier pas
Et que c’est à la femme
De refuser ou pas ;
C’est dans l’ordre des choses
Si les hommes proposent
Et les femmes disposent…

La femme amoureuse
Laisse son amant
Décider du lieu,
Choisir le moment,
Et surtout ne prend
Pas de directives…
Mais l’initiative,
Au lit c’est charmant !

Une femme honnête
Ne sort pas du rang ;
Une femme fière
Ne joue pas le jeu
De son prétendant…

On dit volontiers
Qu’un homme est sincère
Quand il est capable
De laisser tomber
Ce qui lui est cher
Pour sa bien aimée…

Mais l’on se condamne
À brève échéance,
À vouloir tuer le peu de son âme
Dont l’indépendance semble déplacée…

Au lieu de refouler
Nos fougueuses pulsions,
Mieux vaut apprendre à vivre,
Conscients de nos désirs,
Afin d’éviter qu’ils ne fassent
Un jour surface,
Sans avoir été invités,
Et viennent alors tout gâcher…

Or les femmes, à ce qu’il paraît,
Ont dans la peau leur savoir-plaire,
Dans le cerveau leur savoir-faire
Que des décennies de pratique
Ont permis de perfectionner…

Celles qui manquent de technique
Devraient-elles mentir ou tricher,
Ne plus s’écouter elles-mêmes
Pour ne pas, leur vie tout entière,
Se consumer à sens unique,
Sans être payées de retour
Par un tout petit peu d’amour ?

Faut-il appâter de ses charmes
Tous les poissons des environs,
Et pour un seul qui nous désarme
Laisser les autres à l’hameçon ?

Si vivre avec son temps
C’est ne faire attention
Qu’à sa propre satisfaction,
Alors je suis résolument
D’un siècle différent…
Mais nager à contre courant,
Quand on est seul, c’est pas marrant.

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