Tendre violette

– À Hovhannès –

Des roses n’auraient pas réussi cet exploit,

Malgré tous leurs atouts,

Mais la tendre violette à la tige si frêle

S’est battue jusqu’au bout

Avec pour tout bagage volonté et courage,

S’est bien enracinée,

Rendant ce fier hommage à la flore sauvage

Jamais découragée

Triomphant des névés, elle a tout supporté

Des austères hauteurs

Pour inspirer le ciel et hisser ses couleurs

Plus près du Créateur.



Ce poème, inspiré par l’évocation d’un de ses souvenirs, est dédié à monsieur Hovhannès Haroutiounian.

Promenade au cimetière

Promenade au cimetière
Entre tombes et mausolées,
Pierres, marbres, bois sculptés
Et croix des soldats tombés
Lors des deux dernières guerres.
 
Arbres plus que centenaires
Aux troncs si développés
Que pour mieux les enlacer
On doit former une chaîne.
 
Lieu paisible et préservé
Dans lequel on voit jouer,
Avec une grâce extrême,
Les panaches empourprés
Des écureuils aux aguets.

Envol de passereaux

Palissades de bois, lierre qui s’y attache,
Envol de passereaux qui se posent en grappes
Sur les tiges flexibles des touffes de bambous ;
La forêt devant nous dresse ses hautes cimes
Et ses troncs élancés, non loin de la piscine.
 
Au sommet des grands pins veillent quelques corneilles.
Dans le ciel nuageux, le vol des hirondelles,
Léger et gracieux, semble nous envoyer
Son mystérieux message en alphabet codé,
Et leurs ailes clignotent un morse ciselé ;
Calligraphie des cieux sans encre ni papier.
 
Tout un pan de grisaille au lointain se soulève
Pour nous offrir le jaune du soleil se couchant ;
Son intense lumière dans les feuilles se perd,
Illuminant de roux les arbres adjacents,
Avant de s’assombrir définitivement
Dans les mauves lueurs et le rose poudré
Des dernières nuées.