Ta rose

Tu l’avais laissée si belle
Dans sa carafe d’eau fraîche,
Ta rose d’anniversaire ;
Rouge bouton resserré
D’une fleur qui vient à naître,
Pendant que tu t’absentais
Quelques temps à l’étranger.
 
Mais quand tu revins chez-toi,
Six mois s’étaient écoulés
Et le printemps commençait
À reverdir les sous-bois.
Pouvais-tu imaginer
Ce qui se passait là-bas ?
 
Tandis que tu observais
Ce que tu avais quitté,
Dormant sous la couche fine
De cette poussière grise
Qui partout s’était glissée,
Ton regard fut attiré
Par ce tableau merveilleux
Déployé devant tes yeux ;
 
Elle trônait, irréelle,
Dans un angle de la pièce
Et s’était épanouie
D’une si belle manière
Que tu en fus ébloui…
Il te fallut un moment
Avant de bien reconnaître
Cette fleur encor fermée
Qu’une amie t’avait offerte.
 
Dans ce lieu qui abritait
Les œuvres que tu peignais,
Ses pétales veloutés
Lentement s’étaient ouverts,
Prenant doucement leur aise
Jusqu’à cette apothéose
Généreuse de la rose.
 
Ta rose d’anniversaire
Avait passé tout l’hiver
Seule dans ton atelier,
Et te donnait le meilleur
De ce qu’elle pouvait donner ;
Sa patience et sa beauté.


Ce poème est dédié à Monsieur Hovhannès Haroutiounian qui m’a confié ce souvenir.

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