Mille et une gouttes d’eau
Viennent toquer au carreau.
Projetées avec puissance
Sur la vitre transparente
Par les rafales de vent,
Elles reflètent la lumière
Qui fuse des réverbères,
Et ces rondes gouttelettes
Font scintiller ma fenêtre.
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- Une plume danse au vent
- Verte
- Vous qui volez
Après la canicule
Multitude de tiges dans ces champs de passage
Qui doucement dessinent d’étranges personnages,
Quand les feuilles dessèchent et se recroquevillent
Pendant la canicule…
Certains dressent la tête, recherchant la lumière,
D’autres sont résignés et penchent vers la terre
Leurs sombres capitules
Mais bientôt viendra l’heure des dernières récoltes ;
Les passereaux pourront picorer à leur aise
Ces tentantes corolles.
L’Hélianthe couronnée, dont le garde-manger
De graines se quadrille en réseaux de résilles
Aux lignes spiralées
Après le miel et l’huile, offrira ses bienfaits
Aux oiseaux affamés.
Impressions rétiniennes
– À Matilde Gennari –
Dans l’été qui s’étire
Filent les paysages
Jusqu’au champ de soleils
Qui capte ton regard ;
À perte d’horizon,
Des gris, des bruns, des noirs…
Et dans ces frondaisons,
L’or des derniers rayons
Se meurt dans les pétales.
Qu’y a-t-il
– À mon père –
Qu’y a-t-il de plus divin
Qu’un fruit mûri au jardin,
Poussé dans la bonne terre,
Entretenu avec soin,
Prenant le temps nécessaire
Pour préparer ses pépins ?
Qu’y a-t-il de plus divin
Qu’un fruit choisi au jardin,
Que l’on détache avec soin
Par un radieux matin,
Brillant de fine rosée
Ou doucement réchauffé
Dans la langueur de l’été ?
Qu’y a-t-il de plus divin
Qu’un fruit cueilli au jardin,
Que l’on déguste sur pied
Dans un coin du potager ;
Savouré avec conscience
Dans un religieux silence
Ou grappillé en chemin
En fredonnant un refrain,
Rendant grâce au Créateur
Qui met à disposition
De tous les êtres vivants
Des trésors de créations,
Et ce qu’il fait de meilleur.
En passant par le jardin
En passant par le jardin où j’avais humé les roses,
J’ai constaté leur déclin parmi tant de belles choses ;
Brûlées par les feux ardents d’un implacable soleil
Les fleurs s’étaient desséchées, figées en un long sommeil.
Une subtile élégance enveloppait ces bouquets
Suspendus dans leur croissance, et leur destin m’a touchée,
Car à travers ces pétales trop vite déshydratés
Flottait l’harmonieuse grâce de leur beauté surannée ;
Teintes douces, peau diaphane, violets tendres, blancs cassés,
Poésie de ce qui fane, où s’attardent nos pensées…
En passant par le jardin où j’avais humé les roses
Et caressant le vélin de ces fleurs à peine écloses,
Je me suis laissé gagner par leur charme désuet.
