Astres

Tu veilles à mon coucher,
Au plein coeur de la nuit,
À mon réveil aussi
Lorsque le ciel rosit.
Au fil du temps qui passe
Peu à peu tu t’éloignes
Du côté opposé
À celui du lever.

Lorsque l’astre du jour
Déploit ses feux royaux,
Son intense lumière 
Jaillit de toute part ;
Inventant des contrastes,
Jetant sur les carreaux
Des immeubles d’en face 
Ses lueurs et ses fastes.

Tu n’as pas disparu.
Ta blancheur s’atténue, 
S’estompe dans l’azur, 
Laissant encore sa trace
Poursuivre en filigrane
Sa course sans étoile.

Puis ton sourire s’efface,
Se dissout dans l’espace,
Laissant toute la place 
À celui qui n’avait 
Pas encore tout à fait
Pris possession des lieux,
Et règne, souverain,
Désormais dans les cieux.

Miels sauvages

Des miels sauvages ;
Quels beaux voyages géographiques,
Ethnologiques et gustatifs cela fait !
Quels territoires préservés les ont portés,
Et quelle chance de les goûter !

On visualise la mangrove
Aux racines enchevêtrées,
La Montagne Pelée
Qui domine son île en toute majesté,
Ainsi que les chataîgneraies
De l’Ardèche de nos ancêtres,
Un peu plus à notre portée…

On imagine les essences végétales,
Arômes rares et goûts subtils,
Les ambres clairs, dorés, cuivrés,
Où l’on peut retrouver des parcelles de cire
Intimement mêlées.

Ce précieux or liquide provenant des abeilles,
Convoité en tous lieux depuis la nuit des temps,
Patiemment récolté par l’incessant manège
Des mille butineuses recueillant le nectar
Des floraisons locales,

Avant d’être transmis à d’autres ouvrières
Et que ne s’élabore à force de travail
Cette substance unique aux multiples vertus
Dont les propriétés ne se démontrent plus,

Faisant de chaque miel l’aliment bénéfique
D’une incroyable chaîne de notre écosystème
Que l’on doit protéger contre vents et marées
Des dangers qui le guettent et le mettent en péril.

Saint Cornély

Sur la place fleurie de la cité bretonne,
L’église de granit allonge fièrement
Sa flèche dans le ciel, pour toucher les nuages.
Dans sa niche de pierre veille Saint Cornély,
Protecteur du bétail et des bêtes à cornes.
 
La légende raconte qu’il y a bien longtemps,
Pape persécuté, il avait quitté Rome ;
Deux bœufs l’accompagnaient, pour porter ses bagages,
Pouvant être montés s’il était fatigué.
 
En ordre de bataille, tous les soldats romains
Qui poursuivaient le saint, en le serrant de près,
Jusqu’aux terres qui voient le soleil se coucher,
Arrivant à la mer en furent pour leurs frais ;
 
Cornély, acculé entre l’onde et l’armée,
Leva la main vers ceux qui toujours le traquaient
Et ils furent changés en ces pierres levées,
Remarquables menhirs sobrement alignés
Qui donnent leur cachet aux terres de Carnac.