Provence

– À Karin et Bernard –


Bienvenue en Provence,
Dans le sud de la France,
Non loin du littoral ;
Où les cyprès allongent
Leurs cimes élancées
Dans l’azur de l’été
 
Où les grands chênes verts
Ont des feuilles aux limbes
Vert bronze, presque ovales ;
Quand les chênes kermès
Ont les leurs plus épaisses,
Piquantes comme houx,
Pour griffer nos genoux
 
Où les pins parasols
Déploient leurs larges dômes
Majestueusement,
Et les pins maritimes,
Pins d’Alep ou pins blancs,
Pleurent, larmes collantes,
Leur résine odorante
Sur les aiguilles roussies
Qui tapissent le sol
Où courent les fourmis
Géantes du midi
 
Où les vieux oliviers
Aux feuilles allongées,
Gris vert et argentées,
Dont les troncs tourmentés
Sculptés par les années,
Les étés trop brûlants
Et le mistral glaçant,
Nous inspirent la paix
 
Où le figuier exhale
Son empreinte olfactive
Puissamment attractive,
Nous offrant la surprise
D’y trouver une figue
Absolument exquise
 
Où l’aloe vera
Dresse, si conquérante,
Sa longue inflorescence,
Et ses feuilles immenses
Gorgées d’une substance
Douceâtre et transparente
Dont le gel apaisant,
Appliqué sur la peau,
Soulage bien des maux
 
Où vit le romarin
Aux branches étoilées
De délicates fleurs
À la saveur subtile,
Bleu pâle ou violacées,
Finement ouvragées,
Que l’insecte visite
Au détour d’un chemin
 
Où la belle lavande,
Défleurie à présent,
Mais toujours réhaussée
De hampes parfumées
Aux senteurs entêtantes,
Côtoie dans les rochers
Et la terre ocre rouge
Argileuse et aride,
Quelques touffes de thym
Fleurant bon la garrigue
Pour le plus grand bonheur
Des nombreux amateurs
 
Où les criquets gris brun
Se confondent si bien ;
Jaillissant brusquement
Sous nos pas imprudents
Dans un feu d’artifice
D’ailes rouges ou bleues,
Puis se volatilisent
Dans le maquis complice,
Échappant à l’emprise
De nos yeux trop curieux
 
Où l’invisible orchestre
De milliers de cigales
Grisées par le soleil,
Emblème régional,
Accorde ses violons ;
Diffusant sa chanson
Qui envahit l’espace
À travers les grands arbres…
 
***
Elle est là ma Provence,
Bien qu’un peu moins sauvage
Qu’au temps de mon enfance…
Je l’emporte avec moi,
Glissée dans mes bagages,
Ainsi que les fragrances
Des plantes endémiques
Qui imprègnent mon âme
Et toute la cuisine
De ce goûteux terroir.
 
Je laisse les moustiques !

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