Herbe tendre et cocon douillet

– À mes parents –


Herbe tendre et vertes forêts,

Au camaïeu des canopées

Tapissant ce long paysage,

Filant au rythme régulier

Du train rapide qui s’avance

À travers les champs et les prés ;

Effilochures de nuages,

Géants suspendus et légers,

Blancs, cotonneux, qui se déplacent,

Poussés par un souffle indompté

Entraînant ces troupeaux fugaces

Vers de plus lointaines contrées.

Retour aux sources de l’enfance,

Là où l’eau heurte les rochers,

Auprès des proches qui m’attendent

Pour m’offrir un cocon douillet

Où réparer mon corps blessé.

Fleurs d’orchidée

– À Marie July –

Après avoir orné la pièce,

Durant d’inspirantes semaines,

De leurs corolles déployées

Si généreusement offertes,

Inclinant peu à peu la tête,

Elles terminent leur mission,

Se fanant sur la hampe altière

De leur liliale floraison.

Reines figées en file indienne

Dans leur attitude dernière,

Avant de larguer les amarres,

Libres soudain de toute entrave,

Elles tombent, grâce furtive,

Entamant leur grande voltige

Dans un frémissement léger,

Derniers frissons de l’orchidée.