Le soleil soudain nous inonde
D’une chaleur inespérée ;
Libérons la blanche colombe,
Qu’elle puisse enfin s’envoler,
Portant aux hommes de ce monde
Son vibrant message de paix.
– À ma fille –
Ombre souple familière, ronronnante compagnie,
Silhouette qui s’évade et se love au creux du lit,
Chatouilles de ses moustaches, doux pelage dans la nuit,
Poids d’un corps qui se déplace et pèse sur l’endormie,
Respiration ralentie et sommeil en dents de scie.
– À ma fille –
Sur le drap tendu de la nuit
La pleine lune resplendit
– À M. Hovhannès Haroutiounian –
La rose en ton jardin a fleuri ce matin,
Annonçant fièrement son printemps décalé
Par sa tendre candeur dans ce lieu désolé.
Couronnée sur sa tige, cette reine trônait
Au milieu des arbustes et buissons étiolés,
Que les intempéries toujours plus effeuillaient.
Dans sa robe rosée joliment constellée
Par l’automnale ondée, elle scintillait là,
Lumineuse beauté, fraîche et déterminée,
Offrant sa vérité à qui s’en approchait,
Et laissant son reflet dans ton regard charmé
Où brillait l’étincelle d’une indicible joie.
– À ma fille –
Un ragondin dans l’herbe grignote des bretzels ;
Même la vie sauvage vit à l’heure alsacienne !
Serait-ce un avant-goût du marché de Noël ?