– À Matilde Gennari –
Dans l’été qui s’étire
Filent les paysages
Jusqu’au champ de soleils
Qui capte ton regard ;
À perte d’horizon,
Des gris, des bruns, des noirs…
Et dans ces frondaisons,
L’or des derniers rayons
Se meurt dans les pétales.
– À Matilde Gennari –
Dans l’été qui s’étire
Filent les paysages
Jusqu’au champ de soleils
Qui capte ton regard ;
À perte d’horizon,
Des gris, des bruns, des noirs…
Et dans ces frondaisons,
L’or des derniers rayons
Se meurt dans les pétales.
– À mon père –
Qu’y a-t-il de plus divin
Qu’un fruit mûri au jardin,
Poussé dans la bonne terre,
Entretenu avec soin,
Prenant le temps nécessaire
Pour préparer ses pépins ?
Qu’y a-t-il de plus divin
Qu’un fruit choisi au jardin,
Que l’on détache avec soin
Par un radieux matin,
Brillant de fine rosée
Ou doucement réchauffé
Dans la langueur de l’été ?
Qu’y a-t-il de plus divin
Qu’un fruit cueilli au jardin,
Que l’on déguste sur pied
Dans un coin du potager ;
Savouré avec conscience
Dans un religieux silence
Ou grappillé en chemin
En fredonnant un refrain,
Rendant grâce au Créateur
Qui met à disposition
De tous les êtres vivants
Des trésors de créations,
Et ce qu’il fait de meilleur.
En passant par le jardin où j’avais humé les roses,
J’ai constaté leur déclin parmi tant de belles choses ;
Brûlées par les feux ardents d’un implacable soleil
Les fleurs s’étaient desséchées, figées en un long sommeil.
Une subtile élégance enveloppait ces bouquets
Suspendus dans leur croissance, et leur destin m’a touchée,
Car à travers ces pétales trop vite déshydratés
Flottait l’harmonieuse grâce de leur beauté surannée ;
Teintes douces, peau diaphane, violets tendres, blancs cassés,
Poésie de ce qui fane, où s’attardent nos pensées…
En passant par le jardin où j’avais humé les roses
Et caressant le vélin de ces fleurs à peine écloses,
Je me suis laissé gagner par leur charme désuet.
Reflets de saules dans l’eau du lac,
Des branches plongent là où se cachent
Quelques familles de poules d’eau.
Des poussins, de duvet couverts,
Petits corps noirs et grandes pattes,
Nagent ou suivent à la trace
Des adultes à découvert ;
L’un piaille en appelant sa mère,
L’autre court, alerte, sur l’herbe,
Mangeant quelques petits insectes
Qu’un parent diligent révèle
En soulevant des feuilles sèches.
De grosses carpes limoneuses
Nagent tout près de la surface
En ondulant dans l’eau grisâtre,
Dans une danse silencieuse.
Quelques canetons se promènent
Sans trop s’éloigner de leur mère,
Souriants de l’œil et du bec ;
Comme une heureuse parenthèse.
Je suis passée sous le figuier
Chauffé aux rayons de juillet,
Et son parfum m’a escortée ;
Prolongeant le long de l’allée
L’odorante félicité.