Lourde peine

Ta peine se diffuse

Et gagne peu à peu

Jusqu’au cœur de ton être.

Elle enfle doucement,

Infiltre le tréfonds

De tes cellules mêmes.

Tel un nuage lourd,

Elle gonfle et se traîne,

Embrume ton regard,

Se répand dans tes veines,

Et la gorge te serre

Sous l’invisible étau

De sa poigne de fer.

Alors toutes les larmes

Peuvent se déverser,

Couler sur le trottoir,

Être bues par le sable,

Au vent s’éparpiller,

La peine quant à elle

Est longue à consoler…

Là où ton cœur te mène

– À Hovhannès Haroutiounian

Va où ton cœur te mène,

Entends les battements

Du sang dans tes artères

Et choisis la lumière,

La mélodie du vent

Parcourant l’océan ;

Dans le gris des nuages,

Retiens le chant des vagues,

Le vol majestueux

D’augustes goélands

Qui traversent les cieux

Comme des voiliers blancs

Au-dessus de l’estran.

42e Marché de la Poésie

– À Esterina –


Soleil brûlant et poésie,

Tant d’ouvrages offerts ici,

Disposés à perte de vue ;

Que de choix pour un indécis !

De tous côtés ils nous font signe,

Par je ne sais quelle alchimie

Remontant à nos origines,

Nous plongeant dans cet inconnu

Où les phrases se font musique

Au détour de vers et de rimes

Que l’on se murmure au besoin,

Prenant notre cœur à témoin.

Mais au-delà des mots écrits

Vient parfois se poser le verbe,

Lors une autre magie opère,

Prélude aux projets de demain.

D’anciens échanges se poursuivent,

Dans des échappées éphémères,

Et de nouveaux liens se tissent,

Nos sensibilités humaines

Rejoignant les mêmes chemins.


Soleil brûlant et poésie,

La cloche sonne en plein Paris

Ses douze coups, à Saint-Sulpice ;

Un jour d’été dont le solstice

Accompagne admirablement

Ce poétique évènement.

Communion hospitalière

– À M. –

Si fragile sur l’oreiller,

Dans ce grand lit de la Pitié,

Si poignante dans l’impuissance

À communiquer ses pensées,

Mais l’intensité du regard

Vous saisit sans plus vous quitter,

Lourd de nuages amassés                  

Où étincelle sans conteste          

L’envie farouche de transmettre

Ce qui bouillonne dans sa tête,

Et quand sa main la vôtre serre,

Elle y met tant de volonté

Que par cette étreinte échangée

Tout son être vient s’exprimer

De la plus directe manière.