D’or, de plumes et de pétales

– À T. L.-C. –

– À Fernanda V. –

De l’or et un plumage bleu,

Un bel oiseau majestueux,

Comment pourrions-nous parfaire

Ce magnifique anniversaire ?

Peut-être manque-t-il un peu

De magie et de merveilleux,

Comme on en trouve dans les contes ?

Lors, je vous écris que je compte

Sur vous pour mener jusqu’au bout

Cette odyssée qui, je l’avoue,

S’est plu à garder son mystère.

Voici, pour la nouvelle année,

En ce jour venant célébrer

Votre apparition sur la terre,

L’ambassadrice de beauté

Que vous avez tant désirée ;

Cette rose née de vos rêves

Et d’une artiste aux doigts de fée,

Dans l’idée qu’elle puisse mettre

Un point final auréolé

D’un remarquable savoir-faire

Au projet extraordinaire

Qu’hier vous m’aviez exposé…

La poésie est notre alliée.

Madeleine de Proust

À Jean-François Petit, maître pâtissier chocolatier

Trois petits tours et disparaît le plaisir gourmand savouré,

Régal des yeux et du palais religieusement dégusté ;

Goûts choisis et fleurs parfumées dont l’arôme va déposer

Dans la mémoire un doux sillage persistant avec les années,

Délice au vivace bouquet, madeleine de nos pensées.

La dernière bouchée est-elle la meilleure ?

Allume-t-elle un feu de joie au fond du cœur ?

Déployant ses atouts, l’attention décuplée,

Elle exprime un désir, une félicité,

L’énergie créatrice d’un faiseur de beauté,

Une alchimie des sens et le temps des regrets ;

Souvenir d’un ailleurs dans le présent ancré.

Elle cherche à capter par toutes les papilles

La conscience aiguisée d’étonnantes saveurs,

Chaque subtilité finement décelée

D’une œuvre originale qui nous laisse rêveur ;

Maîtrise artisanale dûment plébiscitée,

Pleine reconnaissance et gratitude innée

Qui sont sans se méprendre d’un talent l’estampille.

Reconnaissance

– À Monsieur Edvard Militonyan, président de l’Union des écrivains d’Arménie


Quel émouvant voyage pour une récompense

Concrétisant soudain le chaleureux accueil

Entourant l’arrivée de ce premier recueil.

Un acte décisif, un envoi d’importance,

Arrivé ce matin sans l’avoir espéré,

D’un pays qui m’est proche, sans l’avoir visité.

Merci pour ce présent qui s’ancre dans mon cœur,

Merci pour cette écoute qui comble chaque auteur,

Pour ce geste précieux provenant d’Arménie,

Pour la reconnaissance que cela signifie.

Aurore Capucine

– À Jean-François Petit, maître pâtissier chocolatier –

– À Marie-Odile et Aurore –

Sur les feuilles mouillées, la Lune se reflète,

La petite boutique sera bientôt fermée ;

Une page de vie qu’on s’apprête à tourner.

Avec elle une époque entière disparaît,

Un Paris laborieux aux multiples facettes

Dont les fils invisibles durablement tissaient

Entre les personnages de cette galerie

Des liens qui lui donnaient un autre état d’esprit.

Cette pâtisserie où l’on se retrouvait

Avec tant de plaisir, et depuis tant d’années,

Avait le goût du bon, avait le goût du vrai.

Dans la rue Rochechouart, sa vitrine inspirait,

Avec ses chocolats, ses desserts meringués,

Ses cakes, ses ganaches, brioches et rochers,

Bûches et pithiviers, tendres marrons glacés,

Et ses boîtes de thé joliment alignées.

Sa devanture unique en bois peint rehaussé

De calligraphie d’or sur un beau bleu profond

Avait bien fière allure, et portait haut le nom

Qui la représentait. Temple du fait maison,

Quantité de merveilles aux saveurs atypiques,

Subtiles, variées, aux parfums authentiques,

Œuvres originales d’un artiste discret,

Régalaient les papilles des visiteurs gourmets.

Boiseries patinées au doux charme d’antan,

Lumières tamisées et décor à l’ancienne, 

Lustre orné de cristaux, vases de porcelaine,

Produits de qualité, artisan de talent ;

Une famille unie, dévouée à l’enseigne,

Se relayait suivant l’urgence du moment ;

Un trio étonnant, sincère et attachant,

Assurant le service et nouant volontiers

Des liens privilégiés avec la clientèle.

Dans ce lieu merveilleux, les gâteaux colorés

Trônaient, appétissants, sous nos yeux enchantés,

Offrant un univers différent pour chacun,

Rendant plus difficiles les choix qui nous guettaient

Malgré des étiquettes joliment dessinées,

Finement manuscrites, détaillant avec soin

L’arôme et l’origine des éléments cités

Pour mieux nous emporter dans cette traversée.

Sablés à la lavande, cannelle ou mimosa,

Pistache ou géranium, coco, raisin, cédrat,

Ou pétales de roses, jasmin, fleur d’oranger,

Muffins et macarons, tartes noisettes-noix,

Abricots et lavande ou soufflées aux groseilles,

Entremets délicats de mangue veloutée

Soulignée de framboise, pamplemousse léger,

Ou cassis et passion, chocolat-violette ;

Tant de spécialités, pour qui passait par là,

Mettant l’eau à la bouche et le cœur à la fête.

Pour le maître des lieux, l’heure a pourtant sonné

De prendre enfin le temps d’un repos mérité,

Après trente-huit années d’un travail remarquable

Dans ces murs habités, vibrant des mémorables

Souvenirs engrangés, rencontres de prestige

Et défis audacieux de très haute voltige,

D’un métier suscitant, à la croisée des mondes,

L’intérêt de ceux qui, de dix lieues à la ronde

Ou de juste à côté, venaient pour déguster

Ses délices rêvées, gourmandes à souhait,

Dont les notes florales aux fruits se mariaient

Dans des mélanges phares, d’épices relevés.

Mais pour nous qui l’aimions, et les habitués

Qui avaient trouvé là un îlot d’amitié

Au cœur de cette ville pleine de gens pressés,

Aurore Capucine laissera des regrets.



Pâtisserie Aurore Capucine,

3 rue Marguerite de Rochechouart, Paris 9e.


Avis aux amateurs de la région parisienne, ou de passage à Paris, 

il vous reste encore quelques semaines pour découvrir cette pâtisserie d’un autre temps.

La fermeture définitive d’Aurore Capucine est prévue, hélas, le 11 janvier 2026…