Palais du livre

Sous l’immense coupole de ce temple de verre

Où sont entreposés tant de livres divers,

L’on marche et l’on furète, toujours à la recherche

D’un trésor oublié, apparent ou caché,

Fait de rimes ou non mais joliment tissé

De mots venant à soi telle une pluie d’été,

Rafraîchissante ondée nous comblant du mystère

D’émotions éphémères, de sentiments mêlés,

Heureux de dénicher l’ouvrage qui nous plaît.

Arrivées et départs

Parce que la vie est faite d’arrivées et de départs,

Qu’il faut s’en accommoder, en s’y pliant tôt ou tard ;

Parce qu’ici ou là-bas, les distances se ressemblent,

Et bien qu’en le déplorant, nous ne serons pas ensemble ;

Puisque nous allons nous voir juste avant de nous quitter,

Que ce n’est qu’un au revoir teinté déjà de regrets,

Il ne faudra pas laisser planer sur nous la tristesse,

Chagriner ces quelques heures, les gâcher de maladresse,

Pour cultiver en nos cœurs le meilleur de ce qui est,

Et dans les mots qui demeurent, ne garder que la beauté.

Ravalement de façade

– À Julien Hoquet –

Vrombissements aigus, cri du métal,

Scie circulaire tranchant à vif

Le gris revêtement mural ;

Plaques arrachées, bruit de masse,

Tremblement des murs, bois qui craque ;

Et dans ce terrible vacarme,

À travers la fine poussière

Couvrant peu à peu les fenêtres,

À l’ombre des échafaudages,

Il neige du polystyrène.

Dans ce décor de cinéma,

Des panneaux blancs gisent, plus bas,

Telle une banquise brisée,

Après la débâcle échouée.