Hommage à Charles Aznavour

Il est mort le poète,
L’artiste infatigable
Qui parcourait le monde,
Au gré de ses concerts,
Et l’Arménie en deuil
Perd son ambassadeur.

L’habile chansonnier
Aux harmonies célèbres,
Aux textes ciselés
Qui restent dans la tête
Bien après que l’écho
De ses vers musicaux
Ne se soit dissipé,

Avait su composer
Les émouvants portraits
De tant de personnages
Dont on peut bien souvent
Reconnaître un visage
Ainsi que des épreuves
Que l’on a traversées,

Des paroles écrites
En dépit des critiques
Avec intelligence,
Talent et exigence,
Sobrement exprimées
Comme il savait le faire
Dans la langue si belle
Qui nous vient de Molière,

Dans un vocabulaire
Soigneusement choisi,
Riche de poésie,
Pour viser juste et bien
Et décocher sa flèche
Dans des cœurs peu enclins
Aux chants dits « populaires ».

Celui dont la carrière
A fait des étincelles
Au sein de l’Hexagone,
Des terres d’Outre-mer,
Aux pays francophones,
Et s’était distingué
À l’international
Comme étant une étoile
Vraiment incontournable,

Nous quitte mais il laisse
Des milliers de chansons
Chantées à l’unisson,
Des fans inconsolables
Un peuple bouleversé…
Et tous ceux qui l’aimaient,
De France et de Navarre
Ou dans le monde entier,
Pleurent un camarade,

Un compagnon fidèle
Dont le charme discret,
La voix particulière,
Les mélodies espiègles,
Tendres, mélancoliques,
Douloureuses ou amères
Aux couleurs de l’amour,
Captivant son public,

Ont fait sa renommée
Tout autour de la Terre
En plus d’accompagner
Nos plus belles années,
Et vont continuer
Leur course planétaire
Et poursuivre ce tour
De chant inachevé.

Chant de l’instant

S’échapper un instant,
Quitter le quotidien,
Marcher main dans la main
En longeant cette route,
Pour mieux improviser
Un petit casse-croûte.
 
Une étape hors du temps,
Curieuse, j’y consens,
Car ce n’est pas courant
De dîner sur un banc,
Dans la ville vibrant
De sa circulation ;
Et d’aimer simplement
Cette situation
Dont on capte l’instant.
 
Profiter encor un peu
D’une parenthèse bleue ;
Savourer intensément
Sa douce félicité
Et laisser se prolonger
Le charme de cet instant.

Massages

Il a fermé les yeux
Sous les légers massages
Donnés par vos mains nues.
Les tensions, les soucis,
Se sont évanouis ;

Oubliés les nuages
Qui planaient au-dessus
De lui, si douloureux,
Et lui gâchaient la vie.

Soulagé mais fourbu,
Son corps s’est détendu,
Avec en filigrane
La tendresse des gestes,
Indice manifeste
D’affection contenue.

Sa nuque s’est penchée
Sous le poids de son crâne.
L’épaule relâchée
Il s’est abandonné,
Confiant et apaisé ;

Tel un enfant qui sait
Que vous allez veiller,
Assise à son chevet,
Tout au long de la nuit.
Puis il s’est assoupi…

Poèmes

Je vous ai donné vie,
Transmis cette étincelle
D’amour universel
Dont je rêvais aussi,

Pendant des jours et des nuits
Des mois, des années entières,
Je vous ai pris sous mon aile,
Nourris de mes ressentis.

J’ai forgé mon caractère,
Sensible, tendre et pudique,
Loin d’éventuelles critiques
Ou d’acerbes commentaires.

À présent mes chers poèmes
Sortez de ces oubliettes,
Allez venez à votre aise
Sur les réseaux d’Internet,

Je vous avais encordés
À mon cœur et à mon âme,
Mais vous larguez les amarres
Et je n’ai pas de regret.

Vos voiles se sont gonflées
Au souffle du vent qui passe,
Je vous vois vous éloigner,
Quitter le port vers le large…

Il est temps d’aller voguer
Au-delà des humbles rives
De mes cahiers d’écolier
Où je vous cachais, craintive.

Allez porter ces vers libres
Aussi loin que vous pourrez
Et insufflez votre brise
À ceux qui souffrent, isolés.

Faites briller la lumière
Au bout de ces longs tunnels
Qu’il faut parfois traverser,
Sans aide et le cœur en berne.

Allez consoler les êtres,
Réveillez les âmes grises,
Diffusez quoiqu’on en dise
Le goût des mots et du verbe,

 Portez la pluie, le soleil,
 Les étoiles dans le ciel,
 La mer, la terre, l’horizon
 Le rythme de nos saisons.

 Portez les mots qui caressent
 Portez les mots qui apaisent,
 Ceux qui font battre les cœurs
 Et portent haut mes valeurs,

 Portez les mots qui élèvent,
 Ceux qui nous ouvrent les yeux
 Sur toutes les belles choses,
 Et qui nous métamorphosent ;

 Que ce flot de poésie
 Apporte sa fantaisie,
 Pour mieux s’adapter au monde
 Et se protéger aussi
 De l’obscurité qui monte.