Elagage

Des gouttes ont tacheté les trottoirs de la ville,
Décorant le bitume de mille confettis
De pois gris anthracite.

Des hommes, et des machines,
S’activent autour des arbres
Qu’ils entourent et élaguent
Un par un, sans répit.
On entend le moteur de la scie électrique
Vrombir de loin en loin.

Diffusant le parfum boisé de leur résine,
Les feuillages, encore verts, s’envolent dans les airs
Et retombent en pluie,
En tapissant le sol d’un réseau végétal
Trop vite balayé et placé dans des sacs.

Surtout ne rien laisser traîner sur la voirie,
Pour que la route perde ce côté campagnard
Qui pourrait faire désordre si l’on n’y prend pas garde,
Et nous donner l’envie soudaine de partir
Rejoindre la nature dont l’absence nous mine…
Novembre peu à peu s’installe et prend ses marques.

On court partout

On court partout, c’est illusoire,
Du petit matin jusqu’au soir,
On vaque à ses occupations
Sans trop se poser de questions.

On travaille et l’on se sent pris
Dans le tourbillon de la vie,
La folle spirale des jours,
Sans aucun espoir de retour
Jusqu’à ce qu’elle stoppe aussi.

De temps en temps certes l’on pense
Que ce n’est pas ça la vraie vie ;
Et quand reviennent les vacances
C’est une évidence, pardi !
On se dit que notre existence
Vaut bien mieux que cette routine
Où s’engluent nos vies citadines.

On profite et l’on est content
De respirer un peu d’air pur
De se plonger dans la nature,
D’oublier cette conjoncture
Si peu propice du moment…

Alors on se plaît à rêver
Devant une belle toile
À une pluie d’étoiles,
Au soleil qui se lève,
Nous réchauffe et caresse
De ses rayons de miel
Notre âme endolorie,
Privée de poésie.

Mais cela n’a qu’un temps,
Pester ne sert à rien ;
Le train-train quotidien
Nous rattrape bien vite.
À nouveau notre cœur
Se retrouve en transit
Et notre corps se plie
À ce que l’on attend
Tout bonnement de lui.

Attrape-rêves

Mes amis m’ont offert
Pour mon anniversaire,
En petit pendentif
Accroché à sa chaîne,
Un bel attrape-rêves…
Vais-je les attraper ?
Pourrai-je réussir
À les réaliser ?
Ce défi m’appartient.

J’ai pris la décision
De me reprendre en main,
Cesser de tout remettre
Toujours au lendemain,
Vivre mes convictions,
Trouver en quoi je puis
Être vraiment utile.

Et dès que c’est possible
Faire un tout petit pas
Pour savourer enfin
Les années qui arrivent.

Lune ma belle amie

Lune ma belle amie,

Brillante dans la nuit,

Donne-moi l’énergie

D’affronter cette vie,

Pour aller de l’avant

Et goûter pleinement

Chaque moment présent

Lune ma bonne amie,

Dans ton ciel étoilé,

Guide-moi sur les pas

De ceux qui ont trouvé

Les clefs de l’existence ;

Apprends-moi la patience

Et la persévérance ;

Apprends-moi l’indulgence,

Le pardon et l’oubli.