Marie la douce

Installée près de la vitrine

Luxueuse d’un quartier chic,

Marie la douce, tu éclabousses

De ton regard sans artifice

Le boulevard des Capucines.

Sous le soleil du mois de mai

Tu es plus belle que bien des femmes

Qui se promènent, très apprêtées,

Dans ces rues si bien fréquentées ;

Marie sans fard, tellement digne

Que l’on ne peut rivaliser.

Avec tes gestes mesurés,

Tes pommettes rondes plissées

Sur un visage souriant

Auréolé de cheveux blancs ;

Avec ta voix calme et docile,

L’isolement que l’on devine,

Ton chariot, ton petit chien,

Et ton sac à main qui recèle

Les seuls trésors que tu possèdes,

Médaille fine et chapelet ;

Marie fluette dont la retraite

Se réduit en peau de Chagrin,

Chaque fois qu’un nouveau décret

Allège ton porte-monnaie ;

Marie frugale tu te dépannes,

Du côté de la Trinité,

Aux repas offerts en partage

À tous les défavorisés.

Envolée de notes claires

Envolée de notes claires
S’échappant d’une fenêtre,
Chant cristallin d’une flûte
Qui soudainement diffuse
Sa pureté traversière…
Enchantement de l’oreille.
 
J’entends les pleurs d’un bébé.
Un piano, après l’ondée,
Remarquable privilège,
Égrène au loin ses arpèges
Et lance sa mélodie
Dans le silence endormi
Du début d’après-midi.
 
Un chien aboie dans la rue.
La musique a disparu,
Mais provenant du chantier
De l’immeuble d’à côté,
Suivant un autre tempo ;
Des bruits de scie, de perceuse,
Et les coups sourds d’un marteau
Nous tiennent lieu de berceuse,
Tant pis, pour notre repos.
 
Dans le centre de Paris,
La symphonie a repris ;
Des cris de mouettes se mêlent
Au concert improvisé
Des bruitages spontanés
De l’orchestre de la vie.

Pêche céleste

Au firmament brille la lune
Dans cette nuit bleue qui s’étend,
Mais s’il faut décrocher la lune
Cela n’est pas un jeu d’enfant.
« Mieux vaut pêcher un poisson lune ! »
Se dit Pierrot, en rêvassant,
Et voilà qu’il troque sa plume,
Son encre et son papier blanc,
Contre une ligne de fortune
Avec pour mouche,
un vers luisant.


Réponse à la fantaisie d’avril de Jérôme Nyctalo sur TLP…

[ Poème d’avril qui se découvre un fil ]
 
Luna Luna Mala Mala
 
Lune blonde lune rousse lune rouge lune rose
Pierrot n’étant plus très au clair préféra
Aller à la ligne
En un mot : Transformer sa plume
En canne : Lors ouvrant sa porte il pêcha
Un poisson lune

http://www.toutelapoesie.com/salons/topic/90495-alors-la-lune-rose/