Une personne a dit
« Il fait un froid de gueux ! »
Et je pense à tous ceux
Qui n’ont aucun abri
Une personne a dit
« Il fait un froid de gueux ! »
Et je pense à tous ceux
Qui n’ont aucun abri
Feuille à feuille se défeuille
Le figuier dans le jardin
Ses rameaux portent le deuil
De ce manteau de parfum
Ils ont si fière allure
Quand je les vois passer
Dans le doux clair-obscur
D’un jour bien avancé
La ceinture nouée
Sur leurs manteaux laineux
Dans le Paris frileux
De cette fin d’année
Jeune couple amoureux
Accélérant le pas
Pour regagner tous deux
Leur nid dessous les toits
Ils portent dans leurs bras,
Comme on porte un enfant,
Un bel épicéa
Pour préparer l’Avent.
– À ma sœur –
Un cerisier en majesté
Répand ses trésors à ses pieds,
Tapis de feuilles d’or
Qui réchauffe l’aurore ;
De sa belle livrée
Restent, pour tout décor,
Quelques feuilles cuivrées
Aux reflets mordorés.
Dans le ciel opalin,
Ses dignes rameaux bruns
Dressent leurs longues mains
En offrande au divin.
Jours qui raccourcissent, fraîcheur du matin,
Par petites touches l’automne revient
Averses éparses, brouillard matinal,
Par petites touches l’automne s’installe.