Chatons d’avril

Un rien japonisantes,
Délicates, les branches
Oscillent au gré du vent ;
Leurs chatons se déploient
En chenilles de soie
Tombant nonchalamment
En grappes indolentes.
 
Si certains sont dressés,
Figés dans leur corset,
Les autres, veloutés,
Piquetés de pollen,
Ont saupoudré de jaune
Leurs douces sommités
 
Et les feuilles nouvelles
D’un vert tendre se mêlent
À ces sobres bouquets
Aux souples retombées.
 
Dans la douceur d’avril,
Le pollen est lâché
Comme bulles soufflées,
S’envolant aussitôt,
Dispersé par la brise
Sur les courants d’air chaud
 
Cette poudre fertile
Libérée par bouffées
Se diffuse en nuées
De particules fines ;
 
Poussières volatiles
Qui dans les airs dessinent
Leurs panaches subtils
En fragiles tableaux ;
 
Merveilleuse alchimie
Du vivant qui invite
À regarder vraiment,
Quand fleurit le printemps,
 
Tous ces pollens légers
Qui dansent un instant
Avant de disperser
Leur or aux quatre vents.

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