Solstice d’hiver

Le ciel est devenu un peu plus lumineux.
Les nuées anthracites se sont effilochées,
Balayées par le vent qui a tout dégagé ;
Restent quelques moutons un peu éparpillés.

Le mauve peu à peu a remplacé le gris.
Un rai rose et violet traverse l’horizon,
S’élargit à vue d’œil, transmet ses harmonies,
Ses ultimes couleurs avant leur reddition,

Aux cotonneux nuages dispersés dans l’espace
Strié de part en part par un avion qui passe
Et laisse derrière lui sa longue traînée blanche,
Voile de mariée dont le contraste tranche
Et met quelques minutes à se désagréger.

À mesure que le ciel s’éclaire, désormais
Les lignes s’accentuent, les teintes se réchauffent ;
Les orange s’estompent et se font saumonés,
Terre de sienne, safran, beiges ou orangés
Mélangés de gris-bleu, d’écru ou blanc cassé…

Trois nuages tango traversent l’air glacé
Et dansent, échevelés, repoussés par le vent,
Bien avant que le jaune arrive, triomphant
Effaçant tout le reste sous sa lumière intense
Qui s’organise et se concentre
En un noyau éblouissant.

L’astre solaire en majesté
Déploie ses rayons alentour ;
La vie peut reprendre son cours…
Le jour est à présent levé
Bien que la lune en son quartier,
Nacrée et transparente,
Soit toujours apparente.

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