Feuille à feuille se défeuille
Le figuier dans le jardin
Ses rameaux portent le deuil
De ce manteau de parfum
Feuille à feuille se défeuille
Le figuier dans le jardin
Ses rameaux portent le deuil
De ce manteau de parfum
Ils ont si fière allure
Quand je les vois passer
Dans le doux clair-obscur
D’un jour bien avancé
La ceinture nouée
Sur leurs manteaux laineux
Dans le Paris frileux
De cette fin d’année
Jeune couple amoureux
Accélérant le pas
Pour regagner tous deux
Leur nid dessous les toits
Ils portent dans leurs bras,
Comme on porte un enfant,
Un bel épicéa
Pour préparer l’Avent.
– À ma sœur –
Un cerisier en majesté
Répand ses trésors à ses pieds,
Tapis de feuilles d’or
Qui réchauffe l’aurore ;
De sa belle livrée
Restent, pour tout décor,
Quelques feuilles cuivrées
Aux reflets mordorés.
Dans le ciel opalin,
Ses dignes rameaux bruns
Dressent leurs longues mains
En offrande au divin.
Jours qui raccourcissent, fraîcheur du matin,
Par petites touches l’automne revient
Averses éparses, brouillard matinal,
Par petites touches l’automne s’installe.
– À mes enfants –
Fins voiles d’araignées, à l’effleurée du sol,
Champignons craquelés dans les feuilles tombées
Qui brunissent et sèchent, au souffle de l’été.
Confettis de lumière et fougères dorées,
Randonnée sous les arbres pour pouvoir échapper
Aux ardeurs du soleil, dessous la canopée.
Beauté du jour qui tombe à l’horizon des vignes ;
Les étoiles en nombre apparues sans un bruit,
Brillent tout doucement dans le ciel assombri.
Soulagement du soir qui apporte avec lui,
Après la chaleur lourde du plein après-midi,
Ce zeste de fraîcheur attendu dans la nuit.
Les petites lumières qui dessinent la ville
Étincellent au loin sous les feux du couchant ;
D’invisibles grillons font résonner leur chant,
Emplissant l’atmosphère d’une paix immobile.