On court partout

On court partout, c’est illusoire,
Du petit matin jusqu’au soir,
On vaque à ses occupations
Sans trop se poser de questions.

On travaille et l’on se sent pris
Dans le tourbillon de la vie,
La folle spirale des jours,
Sans aucun espoir de retour
Jusqu’à ce qu’elle stoppe aussi.

De temps en temps certes l’on pense
Que ce n’est pas ça la vraie vie ;
Et quand reviennent les vacances
C’est une évidence, pardi !
On se dit que notre existence
Vaut bien mieux que cette routine
Où s’engluent nos vies citadines.

On profite et l’on est content
De respirer un peu d’air pur
De se plonger dans la nature,
D’oublier cette conjoncture
Si peu propice du moment…

Alors on se plaît à rêver
Devant une belle toile
À une pluie d’étoiles,
Au soleil qui se lève,
Nous réchauffe et caresse
De ses rayons de miel
Notre âme endolorie,
Privée de poésie.

Mais cela n’a qu’un temps,
Pester ne sert à rien ;
Le train-train quotidien
Nous rattrape bien vite.
À nouveau notre cœur
Se retrouve en transit
Et notre corps se plie
À ce que l’on attend
Tout bonnement de lui.

Attrape-rêves

Mes amis m’ont offert
Pour mon anniversaire,
En petit pendentif
Accroché à sa chaîne,
Un bel attrape-rêves…
Vais-je les attraper ?
Pourrai-je réussir
À les réaliser ?
Ce défi m’appartient.

J’ai pris la décision
De me reprendre en main,
Cesser de tout remettre
Toujours au lendemain,
Vivre mes convictions,
Trouver en quoi je puis
Être vraiment utile.

Et dès que c’est possible
Faire un tout petit pas
Pour savourer enfin
Les années qui arrivent.

Lune ma belle amie

Lune ma belle amie,

Brillante dans la nuit,

Donne-moi l’énergie

D’affronter cette vie,

Pour aller de l’avant

Et goûter pleinement

Chaque moment présent

Lune ma bonne amie,

Dans ton ciel étoilé,

Guide-moi sur les pas

De ceux qui ont trouvé

Les clefs de l’existence ;

Apprends-moi la patience

Et la persévérance ;

Apprends-moi l’indulgence,

Le pardon et l’oubli.

Trois heures

Trois heures du matin.
Je me lève et j’observe
Cette ville baignée
D’une étrange lumière
Tombée des lampadaires.

Le silence est de mise
Dans cette brume grise.
La pluie microscopique
Fait briller la chaussée
Et rafraîchit ma main,
Largement avancée
Par la fenêtre ouverte,
Pour profiter de l’air
Très doux pour un hiver.

J’entends dans le lointain
Un oiseau indistinct
Égrener son refrain,
Avant que le matin
Dévoile ses atouts,

Tandis que deux voitures
Surgies d’on ne sait où,
Blanches toutes les deux,
Roulant à vive allure,
Viennent croiser leurs feux ;
Poursuivant leur chemin
Vers quel lieu mystérieux,
Quel pressant rendez-vous   
Loin de mes yeux curieux ?

La nuit reprend ses droits,
À nouveau tout est calme.
L’obscurité déploie
Son manteau de brocart
Et je peux retourner
Dans les bras de Morphée,
Terminer cette nuit
Bien au chaud dans mon lit.

Viens, Soleil

Viens vers moi, Soleil,
Il fait froid dehors ;
Réchauffe mon corps,
Mon cœur s’ensommeille,
J’ai bu trop de larmes
Et je dépéris.

Je suis sur le fil,
En plein équilibre
Comme tant de femmes ;
Réveille mon âme,
Je sens la tristesse
Obscurcir ma vie.

Éclaire, soleil,
Le chemin qui mène
Loin de ces ténèbres,
Et balaie les ombres
Qui m’ont envahie ;
Dis-moi que demain
Tu brilleras aussi.

Chasse les corbeaux
Qui volent au-dessus
De mon univers ;
Souris aux enfants
Qui sont innocents,

Éclaire leur route,
Sauve-les du doute
Qui me broie souvent
Intérieurement.